mardi 22 juin 2010

EXPOSITION CROWLEY

Peinture inédites d’Aleister Crowley au Palais de Tokyo, à Paris















Jusqu'au 29 Juin et en liaison avec l'exposition « Sur les Traces du Sacré », qui se tient en ce moment au Centre Pompidou, le Palais de Tokyo abrite un événement inusité : l'exposition de la Collection de Palerme, soit 16 toiles restées pendant des décennies enfermées dans une malle et peintes par l'occultiste anglais Aleisteir Crowley (1875-1947) lors de son séjour à Cefalu, en Sicile, entre 1920 et 1922.

Rassemblées par l'universitaire Marco Pasi (auteur en 2006 de l’ouvrage « Aleister Crowley und die Versuchung der Politik », paru chez l'éditeur nationaliste autrichien Ares Verlag) et Giuseppe Di Liberti, avec la collaboration de Alessandra Sandrolini, ces oeuvres sont remarquables non par leur qualité picturale assez moyenne, mais par ce qu'elles éclairent de la personnalité et de l’œuvre pluridisciplinaire de Crowley, fondateur du culte thélémite, dont le mot d'ordre était : « Fais ce que tu veux, sera le tout de la Loi ».
Les œuvres de Crowley sont présentées au public dans une pièce aux murs noirs et plongée dans l'obscurité, avec en fonds sonore, quelques invocations magiques prononcées dans la langue inventée par Crowley, l'énochien.

Quel rapport entre cette exposition et l'extrême-droite ? À priori, aucun. Sauf que cette rétrospective permet de faire le point sur l'intérêt que l’œuvre crowleyienne suscite dans une partie de l'extrême droite qui, parfois, prenant appui sur son antichristianisme et sur l'élitisme de sa phalange de disciples, a tenté de se l'annexer ; comme cela s'est notamment produit dans certains milieux néo-droitiers opposés à Alain de Benoist et au Grece ainsi que dans la mouvance nationaliste-révolutionnaire.
Des articles sur Crowley sont ainsi parus dans des revues comme « Vouloir » et « Orion ».
Au plan de la recherché intellectuelle, on notera que l'un des meilleurs spécialistes de Crowley et de son oeuvre est Christian Bouchet qui, sans être disciple du magicien de Cefalu, a publié sa thèse de doctorat en ethnologie sous le titre « Aleister Crowley et le mouvement thélémite » aux éditions du Chaos (1998), puis un « Crowley » aux éditions Pardès (1999).

Le catalogue de l'exposition, publié aux éditions Arche et vendu au Palais de Tokyo, permet justement de remettre en place un certain nombre d'idées fausses qui continuent à circuler sur le compte de Crowley : celui-ci était occultiste, mais non sataniste ; chassé d'Italie sous Mussolini en raison de ses mœurs, il n'était pas fasciste ; il n'était pas davantage raciste.

Ce catalogue reproduit en fac-similé les oeuvres exposées et surtout, il annonce la tenue à venir, sans doute à Paris, d'une exposition sur l'influence de l'occultisme et de la magie dans l'art contemporain et les sous-cultures musicales. Un projet à ne pas manquer lorsqu'il se concrétisera, car il pourra faire le point sur ce qui est en fait la véritable postérité du « maître Thérion », à savoir l'intérêt qu'a suscité sa spiritualité dans certains milieux de la contre-culture anglo-saxonne des années 60-70, en particulier dans les sous-cultures musicales rock, gothique, metal et dans la musique rituelle et industrielle.
De légendaires adeptes de Crowley, les musiciens de Throbbing Gristle, viennent d'ailleurs de se produire dans la capitale lors d’un concert culte, le 6 juin. Et le leader du groupe, Genesis P. Orridge, assistait le 5 Juin à l'inauguration de l'exposition Crowley en compagnie d'une autre icône de la contre-culture, Kenneth Anger…
La chambre des cauchemars, peintures inédites d'Aleisteir Crowley, au Palais de Tokyo 13 avenue du Président Wilson, Paris XVIe. Jusqu'au 29 juin.



















CROWLEY ET LA MUSIQUE...

Rappelons que Crowley a exercé une influence significative sur l'œuvre de musiciens de rock tels que David Bowie, Jimmy Page, Genesis P-Orridge, Jimi Hendrix, Ozzy Osbourne (il lui dédie un morceau hommage, Mr. Crowley), Jaz Coleman, chanteur de Killing Joke, et les groupes Tool, Iron Maiden, Coil, Throbbing Gristle, Psychic TV, Current 93, Cradle of Filth, yelworC (« Crowley » écrit à l'envers, groupe de dark wave), Christian Death, Fields of the Nephilim et les Beatles — son visage apparaissant sur la pochette de leur album "Sergeant Pepper’s Lonely Hearth Club Band".



















Sur un de ses albums solo, "Inside Of Emptiness" le guitariste des Red Hot Chili Peppers, John Frusciante, présente 3 chansons inspirées de sa vie, écrites durant la lecture de textes de Crowley : "Emptiness", "I’m Around" et "666". Crowley est aussi la principale source d'inspiration du groupe de Black/Death Metal Behemoth.

Le groupe Tiamat a mis en musique un de ses poèmes sur l'album "Prey"(2003), il s'agit du morceau final de l'album et il est intitulé d'après le nom du poème : "The Pentagram".
Jimmy Page, le guitariste du groupe Led Zeppelin, qui lui vouait une admiration considérable, a racheté son manoir de Boleskine qu'il a ensuite revendu.
Ministry, le groupe de metal industriel américain, a composé une chanson s'intitulant "Golden Dawn" sur leur album de 1988 "The Land of Rape and Honey", sur laquelle on peut entendre entre autres des samples d'Aleister Crowley chantant son "Call of The Second Aethyr".
Marilyn Manson, dans la chanson Misery Machine, fait référence à l'abbaye de Thélème : "We gonna ride to the abbay of Thelema". Dans l'ouvrage "Dissecting" de Gavin Baddeley (traduit en français sous le titre L'Antéchrist Superstar) il est plusieurs fois fait mention de la fascination du chanteur pour Crowley au chapitre "les anges des abysses".
Rockin'Squat fait référence à Aleister Crowley dans le morceau "Illuminazi 6.6.6."
Des enregistrements de la voix d'Aleister Crowley sont utilisés sur plusieurs morceaux de l'album "Zvezda Mix" de Gestalt Orchestra et sur le morceau "Being Alive" de Chromatic.
The Legendary Pink Dots et Symbol Of Subversion, font référence à Aleister Crowley en intitulant une de leur pièces : "Golden Dawn".
Le groupe français Jack The Ripper y fait deux fois référence, dans le titre de leur premier album "The Book of Lies", et dans la chanson "Aleister", de l'album "Ladies First".
Bruce Dickinson, le chanteur d'Iron Maiden, base entièrement sur les écrits d'Aleister Crowley son album solo "Chemical Wedding" et le scénario du film homonyme de Julian Doyle (sorti en 2008 en Angleterre et distribué par Warner Music) dans lequel un professeur d'université se trouve être la réincarnation de Crowley.

En 2007, le groupe de black metal français Blut Aus Nord fait paraître un album : "Odinist" sous-titré "The destruction of reason by illumination" qui est une citation extraite d'une des œuvres d'Aleister Crowley.
Le groupe de musique "Klaxons" y font référence dans leur chanson intitulée "Magick".
Le groupe de metal italien Death SS a consacré un album à Aleister Crowley "Do What Thou Wilt".
Et ce n'est, ici, que quelques uns des musiciens qui ont signer leur allégeance par le biais de l'oeuvre d'Aleister Crowley...

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