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jeudi 12 février 2015

DES HIÉROGLYPHES DÉCOUVERTS EN AUSTRALIE POURRAIENT RÉÉCRIRE L'HISTOIRE...


Des hiéroglyphes découverts en Australie pourraient réécrire l’histoire

L'histoire est un océan de mensonges. Tout ce qui est enseigné dans les manuels scolaires concernant l'histoire de l'humanité est faux d'un bout à l'autre. 

L'histoire de notre civilisation est bien plus complexe que l'on veut nous faire croire. 

Il y a quelques semaines des chercheurs ont découvert sur un site à Gosford, une ville située proche de Sydney, des glyphes égyptiens. Des hiéroglyphes en Australie, c'est intriguant...

Voici l'article qui fait mention de cette découverte. 
(Nous ne partageons pas la conclusion de l'auteur que nous trouvons un peu trop hâtive). 
Merci à Nicole V. Joseph pour la traduction de l'article :

Avant l’appel téléphonique de Nina Angelo (OAM), je ne savais rien des luttes impliquant la protection du territoire de Kariong (à côté de Gosford) ni que cette partie de la terre avait été mise sur le marché. Une fois arrivé sur le site, j’avais remarqué beaucoup d’arbres marqués et une pancarte "à vendre", quelque part sur une route principale, mais ne connaissant pas toute la région, rien ne m’était resté.

Le territoire à vendre abritait les Glyphes de Gosford, situées près de Kariong, à peu près à 60 km au nord de Sydney. Ce site comporte des hiéroglyphes sculptés à la façon « Egypte Antique » peu connus, mis en lumière par plusieurs chercheurs depuis les dernières décennies. 

Nous sommes convaincus que tout près de ce site, et jamais vus auparavant par des non-Aborigènes depuis leur très récente découverte, se trouve une plateforme rocheuse avec une série de gravures sacrées d’importance considérable. Sur cette grande plateforme, nous avons vu un poisson, un serpent, un dauphin ou une baleine énorme, des cercles ainsi qu’une variété de formes et de symboles.


Il s’agit sans aucun doute d’une impressionnante galerie d’art rupestre ancien Aborigène qui mérite d’être protégé. Il y a une gravure grandeur nature de Durramullan (fils de l’Esprit de la création Biamie) qui est tellement singulière, totalement inattendue et manifestement sacrée, que des décisions ont dû être prises sur la manière de la qualifier publiquement.

Rien ne se rapproche de cela ailleurs en Australie, et c’est tout. C’est tout ce que nous avons convenu de révéler. Les photographies prises tard dans l’après-midi sur ce site, et en particulier celles de Durramullan, ne devraient pas être reproduites ou publiées par quelque média que ce soit mais…

En raison de la réelle possibilité que ce territoire puisse être vendu (bradé) et ensuite acquis, indépendamment des identifiants pour ou contre les Glyphes de Gosford, une approche différente est indispensable.

Nous avons convenu d’adopter une position de catégorisation en nous répartissant tous les sites/reliques « trouvés dans un rayon de 2 km de Sydney » mais cette approche générale ne s’applique pas à cet endroit. Ces gravures et les autres plateformes connexes (l’une est en fait située à l’intérieur de cette zone) sont désormais directement menacées.

La distance entre ce site unique et celui des Glyphes de Gosford est bien trop proche pour être expliquée par coïncidence ou par commodité. Pour ce qui est de déterminer l’authenticité de ce supposé site Egyptien, nous disposons d’un avantage. D’après le Dr. Hans-Dieter von Senff, qui a rédigé une ébauche de document sur le site : 

Ces hiéroglyphes sont réels et existent en Australie depuis au moins 4500 ans. De manière à prouver que ces glyphes proto-Egyptiens ne sont pas des graffiti, comme l’ont soutenu divers "Experts" et "Egyptologues" mais sont les traces écrites laissées par l’homme préhistorique, rédigé dans un langage cohérent et compréhensible qui a toujours du sens, même 4500 ans plus tard. Ce terrain n’est pas un canular, mais une découverte archéologique véritable, comme le prouvera la seconde série de glyphes récemment découverte.

Les critiques qui contestent l’origine de ces gravures dénombrées à plus de 300 ne sont tout simplement pas sensibles à l’ensemble de la situation. Et si elles s’avèrent, en effet, avoir été gravées par les Egyptiens, ces glyphes constitueraient un rôle-clé historique présumés par bien peu dans l’épitaphe de l’histoire australienne.


Les gravures ont été correctement traduites par Ray Johnson qui se veut proto-Egyptien, et accepté comme correctes par le Directeur général du Musée du Caire, le Dr. Dia’ Abou-Ghazi. [1]

Cependant, en dépit de l’approbation de l’expert en résidence du Caire, les universitaires Australiens avec des titres de compétences moins impressionnants sont catégoriques sur le fait qu’il s’agit d’une supercherie.

Le site comprend un Ankh gravé (voir l’image ci-dessus – crédits Steve Strong), un ornement essentiel de Thot, placé le long d’une empreinte de pied d’Ibis (la contrepartie animale de Thot) et de ce que nous croyons être le « Fleuve de la Vie » (River of Life). Deux hommes-Ibis gravés dans le roc, tous les deux de profil avec la tête d’un ibis et le corps d’un être humain, semblent résonner avec le même thème antique Egyptien.

Ce qui nous a vraiment surpris était que, non seulement le rapport synonyme entre les ibis et Thot, mais qu’à l’origine, Thot fut dépeint sous la forme d’un singe. Et c’est cette plus ancienne représentation qui a été trouvée deux fois en Australie, qui élargit les horizons considérablement.

Une statue trouvée à Gympie, considérée comme agissant comme l’une des cinq sentinelles gardant la pyramide aux sept marches de Gympie, est la représentation de Toth dans sa forme plus primaire simiesque et a été vivement débattue et souvent ridiculisée.


La récente découverte d’une gravure de Durramullan, aussi de profil, est moins sujet à la controverse. Le front long et prononcé ainsi que les lèvres saillantes sont évocateurs du babouin ou des grands singes, apparaissant totalement hors de contexte dès lors que la gravure se trouve sur un continent dénué de singe, petit ou grand.

La gravure est ancienne, gravée par un artiste connaisseur de l’animal africain et de la déité égyptienne, censés être inconnus avant l’invasion britannique. Et pour ajouter à la qualité et la quantité de ce partenariat transculturel, il existe deux séries de gravures Aborigènes, l’une contenant 31 personnages humains séparés et distincts et l’autre, 5 silhouettes dont 3 possèdent un corps humain avec ce qui semble être des têtes de crocodile.

C’est pour cette raison et beaucoup d’autres que nous sommes entièrement d’accord avec Robert Lawlor, auteur du très apprécié « Voices of the first day » lorsqu’il fait état de la même séquence et origine.


« Les pratiques religieuses égyptiennes, le panthéon de dieux zoomorphiques, les concepts de mort et de renaissance, la sorcellerie, la magie et la médecine trouvent tous leur origine dans la culture originale du Premier Jour (First Day) » [2]

Nous voyons la présence d’Egyptiens en Australie débuter autour des 5000 ans. En conformité totale avec une histoire du monde qui a vu, pour diverses raisons trop complexes à discuter ici, les marins et les explorateurs Aborigènes, revenir finalement en Australie à peu près à la même période.

Nous pensons que les glyphes et autres vestiges Egyptiens trouvés "dans les 2 heures à Sydney" témoignent d’une spiritualité sabbatique à l’endroit ou la religion et la culture égyptienne a commencé.

Que les Glyphes de Gosford soient si proches du site sacré Durramullan suggère un accord entre les premiers Australiens et un peuple d’un continent distant. La plateforme de Durramullan est indéniablement spéciale et les Glyphes font partie intégrante de cet arrangement unique, non seulement en Australie mais aussi dans le monde entier.

Les gravures ainsi que la crypte égyptienne, dédiées à la mémoire d’un fils de Pharaon, fut construite tout près de la plateforme rocheuse Durramullan et n’a pu être réalisée qu’avec le consentement des Aborigènes locaux.

Bien sûr, si les Aborigènes Australiens ont parcouru le globe à voile dans les temps anciens, ce voyage est soumis à la construction en Australie d’embarcation de haute mer. Tout en haut du sommet sont gravés beaucoup de peintures d’embarcations, dont on prétend à tort qu’ils sont inspirés des bateaux de pêche munis de trépan de Macassan.

De telles déclarations ne peuvent être émises concernant les embarcations pour la haute mer gravées découvertes dans la section Nord du site de Gosford. Le dessin du bateau, avec une proue et une poupe saillante a une fonction première : naviguer à travers de hautes vagues.

Construire un bateau de la forme et des proportions gravé dans le roc serait une perte de temps, d’effort et de ressources, si le vaisseau naviguait en eaux calmes. Plus important encore, cette gravure contribue pour beaucoup à établir les affirmations des Ramindjeri Elders.

Si réellement, comme ils insistent sur le fait que leurs ancêtres ont fait le tour du globe, alors dans la fig.8 cette conception si perfectionnée pourrait servir cet objectif.

Cette gravure ainsi que le compte-rendu de Ramindjeri fournit des réponses à une série de questions non résolues que le milieu universitaire est incapable d’apprécier. Le numéro 35 du très respecté magazine scientifique Cosmos a porté principalement sur la présence du peuple Aborigène Australien en Amérique.

La page de couverture comportait la légende suivante :

« Les Aborigènes ont-ils découvert l’Amérique ? De nouvelles découvertes surprenantes suggèrent que le premier peuple d’Australie est parvenu en Amérique du Sud il y a plus de 11 000 ans » [3]
Bien sûr l’Amérique n’était qu’une escale lorsque les premiers Australiens prirent la mer.

« Le Dr. Raghavendra et les chercheurs du gouvernement Indien appuyés par le projet d’inspection anthropologique de l’Inde ont trouvé que des mutations génétiques uniques étaient partagées entre les Indiens des temps modernes avec les Aborigènes.» [4]

Ils ont « identifié 7 peuples, des tribus de Dravidiens du Centre de l’Indre aux Austro-Asiatiques partageant les traits génétiques qui ne se trouvent que chez les Aborigènes. » [5]

Ces faits, de même que les nouvelles découvertes de liens génétiques Australiens avec un hominidé en Sibérie communément appelé le Denosovan, requièrent le même moyen de transport : le bateau.

Toutefois, le projet du bateau n’est pas tout. Sont également nécessaires les outils à la fois les outils pour la construction d’un tel navire ainsi que les techniques de navigation avant de naviguer vers l’Inde, l’Amérique, l’Asie, l’Egypte ou tout autre destination. La hache est une condition préalable essentielle si l’on veut construire un vaisseau capable de naviguer à travers les océans.

Compte tenu de ces tous ces précédents, cela ne devrait étonner personne que les plus vieilles haches ayant été découvertes se situent à Sahul (le plus large continent Australien qui comprend le PNG, la Tasmanie, etc…)

La hache la plus ancienne fut trouvée à Huon Terrace (PNG) et est datée à 40 000 ans. Lui succède une hache trouvée à Jawoyn land (N.T.), déclarée être âgée de 35 000 ans. Demeurant en Australie, une autre hache fut trouvée à Sandy Creek (QLD, âge : 32 000 ans) et une autre à Malangangerr (N.T. 23,000 ans).

En ce qui confirme l’ancienneté de la technologie des haches, et par association, celle des bateaux, Angel John Gallard a en sa possession un hachoir à main (le précurseur de la hache), qu’il croit être daté de pas moins de 60'000 ans, avec une possibilité réelle de plus de 100'000 ans). La plus vieille hache découverte hors d’Australie fut trouvée à Niah Cave (Sarawak) et sa datation est évaluée à 15 ‘500 ans.

Pour qu’un voyage aussi épique puisse s’accomplir, particulièrement en parcourant le globe dans un aller-retour en huit, les marins Aborigènes devaient s’orienter avec les étoiles. Une fois encore, tout commence ici. Comme annoncé par une équipe scientifique du CSIRO, la plus ancienne construction astronomique a été trouvée à Wurdi Youang (Victoria). « L’étrange disposition de pierres » a « deux points qui s’alignent parfaitement avec le soleil couchant au milieu de l’été ». [6], [7]

Les experts du CSIRO sont d’avis que « le cadran solaire antique Aborigène pourrait bien dépasser l’âge de 10'000 ans » [8]

Ces rocs ne se tiennent debout isolément – deux ensembles de murs trouvés récemment dans les montagnes (the Snowy Mountains), le premier étant aligné Est-Ouest balise la conjonction de planètes et renferme pas moins de 10'000 rocs. Le second mur est au moins quatre fois plus grand et descend le long d’une pente extrêmement raide.

D’ici à "2 heures de Sydney" se trouve un cercle parfaitement aligné de 5 rocs ainsi qu’une autre construction bien plus énigmatique encore, que pour des raisons évidentes nous appellons ‘mini-Stonehenge’. Il est constitué de 46 pierres dans le cercle intérieur et de 18 formant ce que nous ressentons être un amas d’étoiles.

Les quatre directions sont signalées par des formes d’arches avec une pierre horizontale soutenue par des piliers en pierre. Les quatre constructions, bien que séparées par des centaines de kilomètres, servent le même objectif : établir une carte du ciel.

Il y a un motif exposé par ces sites qui semble contredire ouvertement la maxime artistique que nous présumons avoir tenu bon à travers toute l’Australie. Il était de notre croyance que l’art aborigène traditionnel était régional. A l’intérieur de cette zone nous avons trouvé plus de 25 styles/techniques, beaucoup d’entre eux considérées comme la création d’un seul domaine tribal.

Nous avons trouvé des éléments prouvant les styles artistiques des Aborigènes suivants : Panaramitee; X-Ray; Figurative; Mimi; Lightning Brothers; Wandjina; Papunya; Pochoirs à mains (deux sortes); Representational; gravures sur roc; Rock Pecking; Dispositions de pierres; Bands across the body; Symboles Egyptiens; Empreintes d’oiseaux; Engraved shield design (trouvé partout en Australie); Profiled spirits; et d’autres que nous sommes incapables d’identifier. – 


Où cela va-t-il nous mener ? se fier seulement aux manuels et aux universitaires « confus et embrouillés…» Ou il existe une route alternative. Nous avons la conviction que les Premiers Australiens étaient séparés des Africains et qu’ils étaient les premiers homo sapien sapiens.

C’est bien de l’Australie et non de l’Afrique que provenait la première migration et c’est de l’Australie, que la religion, l’égalité des genres, l’astronomie, les inhumations, la voile, la musique, l’art, la démocratie et toutes les nobles recherches débutèrent.

Et, c’est en Australie, en particulier la zone autour des 2 heures de Sydney, la preuve de cet héritage mondial peut encore être découvert. 

By Steve Strong, New Dawn Magazine; | Please visit Wayne Herschel's website for his interpretation of the Egyptian hieroglyphs of Australia;

Traduction Genève, le 10 mai 2014 Nicole V. Joseph

notes: 
1. “The Kariong Glyphs and the Prohibited Egyptians: Research Proves the Kariong Glyphs to Be Genuine and Exposes the Critics as Hoaxters” by Hans-Dieter von Senff, 2011, 99. 
2. Voices of the First Day: Awakening in the Aboriginal Dreamtime by Robert Lawlor, Inner Traditions International, Ltd., 1991, 75. 
3. “Ancient Odyssey” by Jacqui Hayes, Cosmos, 2010, Front Cover. 
4. “First Australians Were Indian: Research,” Sydney Morning Herald, 23 July 2009, 16. 
5. Ibid. 
6. “Wurdi Youang Rocks Could Prove Aborigines Were First Astronomers,” 5 February 2011, www.news.com.au/technology/sci-tech/ancient-aboriginal-eyes-were-on-the-skies/story-fn5fsgyc-1226000523978 
7. Ibid. 
8. Ibid. 

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mercredi 11 février 2015

LE JUDAÏSME PROVIENT DE TEXTES SUMERO-BABYLONIENS, COPIÉ ET FALSIFIÉS !


Le Judaïsme provient de textes sumero-babyloniens copiés et falsifiés

Judaïsme et falsification : Les néo-chercheurs et les néo-scientifiques qui se sont dotés aujourd’hui d’une technologie plus adaptée, plus performante et d’un sens critique plus aigu, réécrivent petit à petit l’Histoire. Ce sens critique fait enfin surface, celui qui avait disparu ou qui n’avait jamais existé afin d’empêcher les dogmes d’être remis en question pour éviter de briser les tabous et d’ensevelir les mensonges.
Les religions, les systémes dominateurs, le darwinisme et le créationnisme vivent leur dernières heures. Même l’astronomie doit réinterpréter ses théories et ses conclusions. Le XXI siècle sera une révolution des esprits de par la fin de ces dogmes qui ont anéanti la conscience de l‘humanité en faveur d‘une élite toujours identique ; si la politique et la finance remplacent les religions, ces dernières continent malgré tout d’œuvrer dans l’inconscient, il est donc urgent d’instaurer une vraie démarche spirituelle.


Ainsi les nouveaux exégètes, paléologues, paléographes, paléoanthropologues, mythographes, astrophysiciens, historiens et archéologues nous invitent, dans de nombreux ouvrages, en librairie, à reconsidérer nos connaissances imposées par l’orthodoxie régnante et à balayer d‘un revers de la main ces trop nombreux sophismes qui nous ont fait nous égarer, nous éloigner de la vérité et qui ont permis tant d‘abus et d’injustices à l‘encontre des peuples.

Un travail impossible pour certains, car nous ne pouvons concevoir une autre réalité qu’en fonction de l’élargissement de notre propre conscience.


Depuis plus de 120 ans des découvertes importantes ont été passées sous silence comme celles des Tablettes d’argile retrouvées dans l’ancienne Mésopotamie, Sumer, Ur, Ninive, Uruk, (les + anciennes écritures à ce jour) celles de Nag Hammadi en Egypte, celles du désert de Taklamakan en Chine, au Pérou et au Mexique, l’histoire incroyable des Dogons du Mali qui connaissaient déjà comme les Sumériens (3800ans) toutes les planétes et leur composition, celle des Hopis d’Arizona et, bien d’autres, sur tous les continents.


Un silence coupable s’est abattu sur nos écrans et dans nos livres de peur que tous les enseignements acquis ne s’écroulent dans la conscience collective et qu’un séisme ravageur ne vienne détruire la vie de ceux qui ont mentis, qui continuent de nous mentir et de ceux qui se sont tout bêtement trompés.

Nous apprenons que l’histoire du Livre des Hébreux, le Tanakh, n’est que la copie falsifiée de textes retrouvés en Mésopotamie, en Akkad, en Babylonie et en Egypte. Un scribe, enfin des scribes sans scrupule (ils seraient quatre ou cinq sur plusieurs siècles) ont pioché dans l’Enuma Elish, l’épopée de Gilgamesh, celle d’Atrahasis, dans le Code d’Hammurabi, dans les croyances et les codex de l’ancienne Egypte pour se construire une identité et pour modifier à leur convenance les récits dits, mythographiques par certains, et évhéméristes par d’autres.

Ces scribes misogynes ont en premier lieu éradiqué le culte féminin pour l’ériger en un culte monothéiste, masculin, profondément phallocrate et dominateur ; puis ils ont viré les nombreux dieux de Sumer, d’Akkad, de Babylonie et d‘Egypte ; même si la Genèse reste sans équivoque quand elle parle d’Elohim, désignant un pluriel et des Néphilims.

Il faut bien reconnaître que depuis les premières versions en araméen, en hébreu, les traductions de la Septante, celle de la Vulgate, celle de l’Historiale et les divers conciles qui ont fait de très nombreuses manipulations à l’avantage du clergé, et non pour celui des croyants, avec des retraits et des ajouts successifs, il faut avouer que la Bible nous en fait perdre notre latin.

Le Christianisme reprendra à son compte plus tardivement les mêmes récits ; avec tout autant d‘irrespect envers les femmes dans l’écriture d’évangiles, de lettres et d’épitres comme ceux de saint Augustin, saint Paul et par d’autres écrits comme ceux de Tertullien par exemple, pour ne citer qu‘eux. Mais le livre apocryphe d’Enoch, aussi très violent, retiré du canon biblique car jugé dangereux par la théocratie, est clair. Les princes, les rois et les puissants (Clergé compris) doivent se faire du mouron pour s’être rendus coupables d’abus sur les faibles, en déshonorant et en ensanglant la Terre et en bafouant le vrai Dieu. La Justice sera rendue.

St Thomas : Le royaume de Dieu est en toi et tout autour de toi. Pas dans les édifices de bois et de pierre. Fend le morceau de bois et je suis là. Soulève la pierre et tu me trouveras.
Evangile apocryphe de la paix du disciple Jean qui honore la Mère au même titre que le Père ici


Le texte de la Création, celui du Déluge, ceux sur la Cosmogonie (Tiamat, Nibiru pour Sumer), l’Astronomie et la présence du ou des serpents évoquant une race reptilienne, de dieux venant du ciel se retrouvent dans des récits i-den-tiques sur tous les continents(dans 244 cultures). Ils le sont sur le fond uniquement, car, sur la forme les noms sont diffèrents en fonction des civilisations et des pays.


Ces découvertes montrent également que des sociétés antédiluviennes ont permis de transmettre leurs savoirs aux homo-sapiens et que les dieux et les déesses n’étaient en fin de compte que des hommes et des femmes très évolués technologiquement et ayant des pouvoirs psychiques et cosmo-telluriques, perdus depuis.

Mais revenons à notre génie juif. Comme la sauce n’était pas encore assez épaisse et indigeste pour le commun des mortel pour que celle-ci l’empoisonne, le clergé devait imposer une théocratie sans faille, une monarchie religieuse qui dominerait le peuple par une foi aveugle pour conquérir et s’installer dans un pays. Le fondamentalisme, dans l’interprétation des textes, ne devait surtout pas être remis en question et, pour cela, la culpabilité et la peur devaient être les deux éléments fondamentaux, les deux piliers, les deux leviers par lesquels la domination allait s’exercer dans les esprits et par laquelle un obscurantisme allait s’abattre implacablement sur les peuples, pour y régner encore de nos jours.

Afin que le peuple ne puisse se rebeller, s’émanciper et s‘interroger sur ses origines, il devait avoir peur et obéir aveuglément à un Dieu puissant, cruel à la main destructrice. La Genèse est révélatrice sur ce sujet, elle est un texte plus qu’intéressant à étudier en tentant une lecture herméneutique des faits pour se rendre compte de la violence et de la cruauté de ce dieu, de certains de ses anges et de certains de ses fils.


Un dieu de l’Ancien Testament qui a usurpé les créations inscrites sur des tablettes d’argile antérieures de 2000ans à Moïse, celle d’une grande déesse sumérienne en y ajoutant sa propre vision délétère de la relation au Divin qui, en fait, nous en éloigne dans les trois religions monothéistes de la réelle Source divine et de la Création. Puis les dieux tels qu’An, Enki, Enlil et les déesses telles que la très grande Nammu (mère primordiale de la Terre et du ciel ), Innana (Isis) et Ninhursag disparaitront pour donner naissance à ce dieu unique. Et Atrahasis sera tout simplement remplacé par Noé, le Dilmun par l’Eden. Enki lui mange les plantes défendues par la déesse Ninhursag et sera remplacé par Eve et Adam pour la faute originelle. Le décalogue de Moïse et le Mosaïsme, puis le Judaïsme seront inspirés, non pas par Dieu, mais par le code Hammurabi babylonien.

Difficile à admettre car nos esprits se heurtent et s’enferment dans des croyances millénaires et comment abolir une vérité, plutôt un sophisme, répété durant deux millénaires sans que sa propre dignité ne soit atteinte ?.

Pour que Galilée fasse admettre la sphéricité, l’héliocentrisme et non le géocentrisme de la Terre , beaucoup de sang a coulé , c’est vrai ; mais aujourd’hui personne ne risque de procès pour croire à un autre début, à une autre origine.

En y introduisant un péché originel, incombant en premier à la femme, puis, à Adam, ensuite un enfer pour ceux qui ne respectaient pas la Loi, et une culpabilité de tous les instants avec une épée de Damoclès en permanence au dessus de nos têtes, pour ceux qui s‘éloignaient de ce dieu, ces hébreux refoulés, ayant quand même quelques troubles de la personnalité, pour n’employer qu’un euphémisme, et leurs descendants, sont parvenus depuis presque 3000 ans pour les Juifs, 2000 ans pour les Chrétiens et 1400 ans pour les Musulmans à entretenir le mensonge pour conserver leur pouvoir sur les peuples. Cet obscurantisme a privé les êtres humains de leur source Originelle divine et non simiesque, de leur libre-arbitre, de la quête du véritable Dieu ou Tout unifié et du chemin spirituel qui y mène.

Ces mensonges ataviques et millénaires sont encore aujourd’hui le sceau, la marque innée avec laquelle nous naissons. La faute originelle, qui n’a jamais existée, a conduit des centaines de générations à avoir peur, à vivre dans la peur des géhennes, à expier des péchés qui n’en étaient pas, et à faire mourir de trop nombreux croyants qui pensaient avoir offensé Dieu.


Cet artéfact divin a conduit la plus grande partie de l’Humanité dans l’obscurité, à la perte de la Connaissance ou de la Lumière originelle, à la haine des autres, aux guerres sanglantes et destructrices, à la confiscation de la Vérité par quelques-uns, aux pillages et aux injustices les plus dures.

Il serait temps de rendre à César ce qui est à César. Le génie du Judaïsme ne se résume donc qu’à un simple pillage et en une simple falsification d’anciens textes venant de Mésopotamie, et ce, pour s‘approprier le pouvoir et exiger par le sang une terre qui ne leur a jamais été promise par Dieu.

Pas très glorieux ni pour eux, ni pour les Chrétiens d‘ailleurs. La Terre de Palestine appartient bien en premier aux descendants des indigènes, les vrais Sémites qu’ils soient aujourd’hui musulmans, hébreux ou chrétiens, mais en aucun cas aux juifs venant pour l’ensemble de l’Europe ou des USA qui composent leur majorité. Ces croyants ou ces athées nommés injustement, le Peuple élu de Dieu pour la Terre promise, est une des plus grandes hérésies qui perdure. D’ailleurs le concept de Terre promise est bien antérieur au judaïsme puisqu’il émane de l’Inde et plus précisément de l’Himalaya et des prêtres Naacal. Ce qui n’a rien à voir avec les Sémites.

La Terre promise appartient à tous et est partout, et aucun dieu ne peut décider de choisir une poignée de croyants, sauf si il est totalement humain et profondément injuste et calculateur, pour lui offrir le bien d’autrui. La paix est donc possible. Que la Vérité se fasse.

Certaines erreurs ou mensonges source : http://sites.google.com/site/

LEXIQUE ;

11:6 « Vous ne mangerez pas le lièvre, qui rumine, mais qui n’a pas la corne fendue » V’la que le lièvre est un ruminant !

Deutéronome :

20:16 « Mais dans les villes de ces peuples dont l’Éternel, ton Dieu, te donne le pays pour héritage, tu ne laisseras la vie à rien de ce qui respire. » Étrange Dieu qui commande d’exterminer les hommes, les femmes et les enfants…

34:5 La mise en terre de Moïse. Sachant que c’est lui qui est censé avoir écrit ce récit, ça pose un problème sémantique…

Josué :
6:5 Les murailles de Jéricho, dont les murailles d’enceinte se seraient écroulées au son des trompettes de guerre, A l’époque citée par la Bible, Jéricho n’était pas encore fortifiée!

1 Samuel :
28 Inspiré du poème sumérien où l’on voit l’ombre d’Enkidu sortir du Kur et se jeter dans les bras de Gilgamesh.

Cantique des cantiques :
Une suite empruntée au chant sumérien du mariage sacré: même style, même thèmes, détails, vocabulaire, mêmes personnages, monologues, dialogues, même langage fleuri et redondant. Voir par exemple le chant d’amour de Shu-Sin au chapitre XXI. Shu-Sin qui ressemble fort au roi Salomon dont l’existence n’est pas certaine et, s’il a existé, son règne n’a rien à voir avec celui décrit dans la Bible.

1Rois :
1:34 Les remparts de Jérusalem sous le roi Salomon: à cette époque là, Jérusalem, un modeste village, n’était pas fortifié

2Rois :
3:19 « vous frapperez toutes les villes fortes et toutes les villes d’élite, vous abattrez tous les bons arbres, vous boucherez toutes les sources d’eau, et vous ruinerez avec des pierres tous les meilleurs champs. » Quel est ce Dieu qui ordonne de semer la désolation?

Esther :
L’Esther du livre d’Esther vient de la déesse babylonienne Ishtar. Mardochée est le dieu assyrien Mardukéa.

Le livre de Job :
Le thème de Job découle directement des tablettes sumérienne de Nipur. Il utilise les termes même du « poème de la Création » qui décrit le combat de Mardouk contre Kingou: Yahvé brise le crâne de Léviathan comme Mardouk celui de Tiamat.

Isaïe :
2:4 « Il sera le juge des nations, L’arbitre d’un grand nombre de peuples. De leurs glaives ils forgeront des hoyaux, Et de leurs lances des serpes: Une nation ne tirera plus l’épée contre une autre, Et l’on n’apprendra plus la guerre. » Des milliers d’années plus tard, toujours des guerres (dont beaucoup sont des guerre de religions): encore une prédiction ratée…

7:14 Une des nombreuses falsifications de la Bible de Jérusalem: pour augmenter le nombre de prophéties réalisées: »la jeune femme » a été remplacée par « la vierge ». Ce qui montre au passage que l’évangile de Matthieu a été rédigé très tardivement, par un non-juif qui n’avait pas accès aux textes hébreux.

9:11: largement inspiré du texte sumérien qui décrit la descente aux enfers du monarque Ur-Nammu qui arrive dans le Kur.

11:6-9 « Le loup habitera avec l’agneau, Et la panthère se couchera avec le chevreau; Le veau, le lionceau, et le bétail qu’on engraisse, seront ensemble, Et un petit enfant les conduira. La vache et l’ourse auront un même pâturage, Leurs petits un même gîte; Et le lion, comme le bœuf, mangera de la paille. Le nourrisson s’ébattra sur l’antre de la vipère, Et l’enfant sevré mettra sa main dans la caverne du basilic. Il ne se fera ni tort ni dommage Sur toute ma montagne sainte; car la terre sera remplie de la connaissance de l’Éternel, comme le fond de la mer par les eaux qui le couvrent. ». A peu près 3000 ans plus tard, toujours rien…

24:1 « La face de la Terre » ici, la Bible nous dit clairement que la Terre est plate….

Jérémie :
31:34 « Celui-ci n’enseignera plus son prochain, Ni celui-là son frère, en disant : Connaissez l’Éternel ! Car tous me connaîtront, Depuis le plus petit jusqu’au plus grand, dit l’Éternel; Car je pardonnerai leur iniquité, Et je ne me souviendrai plus de leur péché. » Toujours rien.

48:10: L’Éternel tend un piège à David. Forcément, David tombe dedans et il est puni : L’Éternel est content: il a couillonné un mortel !

49:36 « Les quatre coins de l’horizon » ici aussi, la Bible nous dit clairement que la Terre est plate….

Lamentations de Jérémie :
Ces lamentations sont reprises de « La lamentation sur la destruction de Nippur », récit sumérien.

4:20 « Le souffle de nos narines, l’oint du seigneur a été pris dans leurs fosses, lui dont nous disions: A son ombre, nous vivons parmi les nations » directement inspiré du pharaon Ramsés II : « Toi qui est le souffle de nos narines »… »faucon qui protège ses sujets de ses ailes et répand l’ombre sur eux »

Ézéchiel :
Inspiré de la déesse babylonienne Ishtar. Les sumériens l’adoraient sous le nom d’Innana, épouse de Dumuzi, le Tammouz de la Bible.

SOURCE : http://reseauinternational.net/

EN COMPLÉMENT : "IS-RA-EL ; TERRE DES PHARAONS"


samedi 10 janvier 2015

L'HÉCATOMBE DE BOKO HARAM

Des centaines de corps, trop nombreux pour être comptés, demeurent éparpillés dans la brousse du Nigeria dans la foulée de ce qui pourrait être le « pire massacre » jamais perpétré par le groupe extrémiste Boko Haram, a déclaré vendredi Amnesty International.

Boko Haram aurait tué 2000 personnes au cours des derniers jours

Des centaines de corps, trop nombreux pour être comptés, demeurent éparpillés dans la brousse du Nigeria dans la foulée de ce qui pourrait être le « pire massacre » jamais perpétré par le groupe extrémiste Boko Haram, a déclaré vendredi Amnesty International.

Un représentant du gouvernement nigérian a ajouté que les combats font toujours rage pour le contrôle de Baga, une ville située le long de la frontière avec le Tchad où les insurgés ont capturé une base militaire le 3 janvier.

Les victimes surtout des femmes, enfants et personnes âgées

Un dirigeant local affirme que les victimes sont principalement des femmes, des enfants et des personnes âgées qui n'ont pas réussi à s'enfuir quand les islamistes ont attaqué Baga avec des armes automatiques et des grenades propulsées par fusées.

Un communiqué publié par Amnesty International affirme que la ville a possiblement été rasée au sol et que quelque 2000 personnes ont été tuées.

Précédemment, le massacre le plus sanglant attribué à Boko Haram s'était produit le 14 mars 2014, quand une attaque contre la caserne militaire de Giwa, dans la ville de Maiduguri, avait fait environ 600 morts.


Des membres du groupe Boko Haram combattaient vendredi des soldats des forces nigérianes à Damaturu, ville du nord-est du pays, dans ce qui semblait être des représailles après un raid de l'armée contre un bastion du groupe islamiste, ont indiqué des habitants à l'AFP.

Des douzaines de combattants islamistes ont envahi la capitale de l'État de Yobe au coucher du soleil, en tirant à l'aveugle, mais sont tombés nez à nez avec des soldats nigérians avec lesquels ils ont engagé les combats.

Ces affrontements interviennent moins d'une semaine après la chute de la ville stratégique de Baga par Boko Haram dans l'État voisin de Borno (nord). Le groupe islamiste avait alors pris le contrôle de la base occupée par la force multinationale.

Par ailleurs, plus de 150 personnes avaient été tuées le 1er décembre lors d'une précédente attaque sur Damaturu. Parmi les victimes, on dénombrait 38 policiers de la base de Gujba Road, visée par les islamistes.

Boko Haram, qui s'est emparé de plusieurs douzaines de villages dans les États de Borno et d'Adamawa ces six derniers mois, contrôle le territoire situé au sud de Damaturu, autour de la ville de Buni Yadi et dans la ville elle-même.

Les forces nigérianes ont bloqué l'avancée des rebelles lors de la dernière attaque dans la banlieue de Nyanya, près de l'université de l'État de Yobe.

«Les assaillants sont arrivés vers 19 h 30 (13 h 30 heure de l'Est), en tirant et en criant 'Allah Akbar'», a témoigné Mukhtar Sani, étudiant à l'université.

«Les hommes de Boko Haram, selon lui, sont à présent engagés dans des combats armés avec les soldats tout près de nous»

On ne disposait d'aucun bilan dans l'immédiat, ni de confirmation par les autorités. Mais tous les habitants des quartiers environnants sont rentrés se mettre à l'abri et l'on continuait d'entendre des explosions.

Selon Aishatu Bala, qui réside à proximité des combats sur la résidence Obasajo, «toutes les rues sont désertes. Tout le monde est rentré chez soi et tout ce que nous entendons, c'est le bruit des détonations.»

L'attaque de vendredi soir apparaît comme des représailles contre le raid mené mardi par les groupes d'auto-défense et les chasseurs locaux dans l'enclave du groupe Boko Haram à Gujba, à 40 kilomètres au sud de Damaturu.

Plusieurs rebelles avaient été abattus et des armes saisies, selon une source sécuritaire.

Selon des groupes locaux d'auto-défense, plusieurs heures après le raid, Boko Haram avait lancé une offensive sur le village de Kadarko, à 20 kilomètres, assassinant 25 personnes et enlevant des femmes, avant de mettre le feu au village tout entier.

2000 personnes tuées à Baga...

Un communiqué publié vendredi par Amnesty International affirme que la ville de Baga a possiblement été rasée au sol et que quelque 2000 personnes ont été tuées.

Précédemment, le massacre le plus sanglant attribué à Boko Haram s'était produit le 14 mars 2014, quand une attaque contre la caserne militaire de Giwa, dans la ville de Maiduguri, avait fait environ 600 morts.


Source : Associated Press

lundi 5 janvier 2015

ENTRETIEN AVEC MICHEL SERRES :"LA GÉNÉRATION MUTANTE"


Petite Poucette, la génération mutante

Philosophe et historien des sciences, Michel Serres réclame l’indulgence pour les jeunes, obligés de tout réinventer dans une société bouleversée par les nouvelles technologies.

Michel Serres, diplômé de l’Ecole navale et de Normale Sup, a visité le monde avant de l’expliquer à des générations d’étudiants. Historien des sciences et agrégé de philosophie, ancien compagnon de Michel Foucault, avec qui il a créé le Centre universitaire expérimental de Vincennes en 1968, il a suivi René Girard aux Etats-Unis, où il enseigne toujours, à plus de 80 ans. Ce prof baroudeur, académicien pas tout à fait comme les autres, scrute les transformations du monde et des hommes de son œil bleu et bienveillant. Son sujet de prédilection : la jeune génération, qui grandit dans un monde bouleversé, en proie à des changements comparables à ceux de la fin de l’Antiquité. La planète change, ils changent aussi, ont tout à réinventer.«Soyons indulgents avec eux, ce sont des mutants», implore Michel Serres, par ailleurs sévère sur sa génération et la suivante, qui laisseront les sociétés occidentales en friche. Entretien.

Vous annoncez qu’un «nouvel humain» est né. Qui est-il ?

Je le baptise Petite Poucette, pour sa capacité à envoyer des SMS avec son pouce. C’est l’écolier, l’étudiante d’aujourd’hui, qui vivent un tsunami tant le monde change autour d’eux. Nous connaissons actuellement une période d’immense basculement, comparable à la fin de l’Empire romain ou de la Renaissance.

Nos sociétés occidentales ont déjà vécu deux grandes révolutions : le passage de l’oral à l’écrit, puis de l’écrit à l’imprimé. La troisième est le passage de l’imprimé aux nouvelles technologies, tout aussi majeure. Chacune de ces révolutions s’est accompagnée de mutations politiques et sociales : lors du passage de l’oral à l’écrit s’est inventée la pédagogie, par exemple. Ce sont des périodes de crise aussi, comme celle que nous vivons aujourd’hui. La finance, la politique, l’école, l’Eglise… Citez-moi un domaine qui ne soit pas en crise ! Il n’y en a pas. Et tout repose sur la tête de Petite Poucette, car les institutions, complètement dépassées, ne suivent plus. Elle doit s’adapter à toute allure, beaucoup plus vite que ses parents et ses grands-parents. C’est une métamorphose !

Cette mutation, quand a-t-elle commencé ?

Pour moi, le grand tournant se situe dans les années 1965-1975, avec la coupure paysanne, quand la nature, notre mère, est devenue notre fille. En 1900, 70% de la population française travaillait la terre, ils ne sont plus que 1% aujourd’hui. L’espace vital a changé, et avec lui «l’être au monde», que les philosophes allemands comme Heidegger pensaient immuable. La campagne, lieu de dur travail, est devenue un lieu de vacances. Petite Poucette ne connaît que la nature arcadienne, c’est pour elle un terrain de loisirs et de tourisme dont elle doit se préoccuper. L’avenir de la planète, de l’environnement, du réchauffement climatique… tout est bousculé, menacé.

Prenons l’exemple du langage, toujours révélateur de la culture : il n’y a pas si longtemps, un candidat au concours de l’Ecole normale était interrogé sur un texte du XIXe siècle qui parlait de moissons et de labourage. Le malheureux ignorait tout le vocabulaire ! Nous ne pouvions pas le sanctionner, c’était un Petit Poucet qui ne connaissait que la ville. Mais ce n’est pas pour ça qu’il était moins bon que ceux des générations précédentes. Nous avons dû nous questionner sur ce qu’étaient le savoir et la transmission.

C’est la grande question, pour les parents et les enseignants : que transmettre entre générations ?

Déjà, Petit Poucet et Petite Poucette ne parlent plus ma langue. La leur est plus riche, je le constate à l’Académie française où, depuis Richelieu, on publie à peu près tous les quarante ans le dictionnaire de la langue française. Au siècle précédent, la différence entre deux éditions s’établissait à 4 000 ou 5 000 mots. Entre la plus récente et la prochaine, elle sera d’environ 30 000 mots. A ce rythme, nos successeurs seront très vite aussi loin de nous que nous le sommes du vieux français !

Cela vaut pour tous les domaines. À la génération précédente, un professeur de sciences à la Sorbonne transmettait presque 70% de ce qu’il avait appris sur les mêmes bancs vingt ou trente ans plus tôt. Elèves et enseignants vivaient dans le même monde. Aujourd’hui, 80% de ce qu’a appris ce professeur est obsolète. Et même pour les 20% qui restent, le professeur n’est plus indispensable, car on peut tout savoir sans sortir de chez soi ! Pour ma part, je trouve cela miraculeux. Quand j’ai un vers latin dans la tête, je tape quelques mots et tout arrive : le poème, l’Enéide,le livre IV… Imaginez le temps qu’il faudrait pour retrouver tout cela dans les livres ! Je ne mets plus les pieds en bibliothèque. L’université vit une crise terrible, car le savoir, accessible partout et immédiatement, n’a plus le même statut. Et donc les relations entre élèves et enseignants ont changé. Mais personnellement, cela ne m’inquiète pas. Car j’ai compris avec le temps, en quarante ans d’enseignement, qu’on ne transmet pas quelque chose, mais soi. C’est le seul conseil que je suis en mesure de donner à mes successeurs et même aux parents : soyez vous-mêmes ! Mais ce n’est pas facile d’être soi-même.

Vous dites que les institutions sont désuètes ?

Souvenez-vous de Domenech qui a échoué lamentablement à entraîner l’équipe de France pour le Mondial de foot. Il ne faut pas lui en vouloir. Il n’y a plus un prof, plus un chef de parti, plus un pape qui sache faire une équipe ! Domenech est en avance sur son temps ! Il faudrait de profondes réformes dans toutes les institutions, mais le problème, c’est que ceux qui les diligentent traînent encore dans la transition, formés par des modèles depuis longtemps évanouis.

Un exemple : on a construit la Grande Bibliothèque au moment où l’on inventait Internet ! Ces grandes tours sur la Seine me font penser à l’observatoire qu’avaient fait construire les maharajahs à côté de Delhi, alors que Galilée, exactement à la même époque, mettait au point la lunette astronomique. Aujourd’hui, il n’y a que des singes dans l’observatoire indien. Un jour, il n’y aura plus que des singes à la Grande Bibliothèque. Quant à la politique, c’est un grand chantier : il n’y a plus de partis, sinon des machines à faire élire des présidents, et même plus d’idéaux. Au XIXesiècle, on a inventé 1 000 systèmes politiques, des marxistes aux utopistes. Et puis plus rien, c’est bizarre non ? Il est vrai que ces systèmes ont engendré 150 millions de morts, entre le communisme, la Shoah et la bombe atomique, chose que Petite Poucette ne connaîtra pas, et tant mieux pour elle. Je pense profondément que le monde d’aujourd’hui, pour nous, Occidentaux, est meilleur. Mais la politique, on le voit, n’offre plus aucune réponse, elle est fermée pour cause d’inventaire. Ceci dit, moi non plus, je n’ai pas de réponses. Si je les avais, je serais un grand philosophe.

La seule façon d’aborder les conséquences de tous ces changements, c’est de suspendre son jugement. Les idéalistes voient un progrès, les grognons, une catastrophe. Pour moi, ce n’est ni bien ni mal, ni un progrès ni une catastrophe, c’est la réalité et il faut faire avec. Mais nous, adultes, sommes responsables de l’être nouveau dont je parle, et si je devais le faire, le portrait que je tracerais des adultes ne serait pas flatteur. Petite Poucette, il faut lui accorder beaucoup de bienveillance, car elle entre dans l’ère de l’individu, seul au monde. Pour moi, la solitude est la photographie du monde moderne, pourtant surpeuplé.

Les appartenances culturelles n’ont-elles pas pris de l’importance ?

Pendant des siècles, nous avons vécu d’appartenances, et c’est ce qui a provoqué bien des catastrophes. Nous étions gascons ou picards, catholiques ou juifs, riches ou pauvres, hommes ou femmes. Nous appartenions à une paroisse, une patrie, un sexe… En France, tous ces collectifs ont explosé, même si on voit apparaître des appartenances de quartier, des communautés autour du sport. Mais cela ne constitue pas les gens. Je suis fan de rugby et j’adore mon club d’Agen, mais cela reste du folklore, l’occasion de boire de bons coups avec de vrais amis… Quant aux intégrismes, religieux ou nationalistes, je les apparente aux dinosaures. Ma Petite Poucette a des amis musulmans, sud-américains, chinois, elle les fréquente en classe et sur Facebook, chez elle, partout dans le vaste monde. Pendant combien de temps lui fera-t-on encore chanter «qu’un sang impur abreuve nos sillons» ?

Que répondez-vous à ceux qui s’inquiètent de voir évoluer les jeunes dans l’univers virtuel des nouvelles technologies ?

Sur ce plan, Petite Poucette n’a rien à inventer, le virtuel est vieux comme le monde ! Ulysse et Don Quichotte étaient virtuels. Madame Bovary faisait l’amour virtuellement, et beaucoup mieux peut-être que la majorité de ses contemporains. Les nouvelles technologies ont accéléré le virtuel mais ne l’ont en aucun cas créé. La vraie nouveauté, c’est l’accès universel aux personnes avec Facebook, aux lieux avec le GPS et Google Earth, aux savoirs avec Wikipédia. Rendez-vous compte que la planète, l’humanité, la culture sont à la portée de chacun, quel progrès immense ! Nous habitons un nouvel espace… La Nouvelle-Zélande est ici, dans mon iPhone ! J’en suis encore tout ébloui !

Ce que l’on sait avec certitude, c’est que les nouvelles technologies n’activent pas les mêmes régions du cerveau que les livres. Il évolue, de la même façon qu’il avait révélé des capacités nouvelles lorsqu’on est passé de l’oral à l’écrit. Que foutaient nos neurones avant l’invention de l’écriture ? Les facultés cognitives et imaginatives ne sont pas stables chez l’homme, et c’est très intéressant. C’est en tout cas ma réponse aux vieux grognons qui accusent Petite Poucette de ne plus avoir de mémoire, ni d’esprit de synthèse. Ils jugent avec les facultés cognitives qui sont les leurs, sans admettre que le cerveau évolue physiquement.

L’espace, le travail, le savoir, la culture ont changé. Et le corps?

Petite Poucette n’aura pas faim, pas soif, pas froid, sans doute jamais mal, ni même peur de la guerre sous nos latitudes. Et elle vivra cent ans. Comment peut-elle ressembler à ses ancêtres ? Ma génération a été formée pour la souffrance. La morale judéo-chrétienne, qu’on qualifie à tort de doloriste, nous préparait tout simplement à supporter la douleur, qui était inévitable et quotidienne. C’était ainsi depuis Epicure et les Stoïciens.

Savez-vous que Louis XIV, un homme pas ordinaire, a hurlé de douleur tous les jours de sa vie ? Il souffrait d’une fistule anale, qui n’a été opérée qu’au bout de trente ans. Son chirurgien s’est entraîné sur plus de 100 paysans avant… Aujourd’hui, c’est un coup de bistouri et huit jours d’antibiotiques. Je suis le dernier client de mon dentiste qui refuse les anesthésies, il n’en revient pas ! Ne plus souffrir, c’est un changement extraordinaire. Et puis, on est beaucoup plus beau aujourd’hui. Quand j’étais petit, les paysans étaient tous édentés à 50 ans ! Et pourquoi croyez-vous que nos aïeux faisaient l’amour habillés, dans le noir ? La morale, le puritanisme ? Rigolade ! Ils étaient horribles, tout simplement. Les corps couverts de pustules, de cicatrices, de boutons, ça ne pouvait pas faire envie. La fraise, cette collerette que portaient les nobles, servait à cacher les glandes qui éclataient à cause de la petite vérole ! Petite Poucette est jolie, elle peut se mettre toute nue, et son copain aussi. Quand on la prend en photo, elle dit «cheese», alors que ses arrière-grands-mères murmuraient «petite pomme d’api» pour cacher leurs dents gâtées.

Ce sont des anecdotes révélatrices. Car c’était au nom de la pudeur, et donc de la religion et de la morale, qu’on se cachait. Tout cela n’a plus cours. Je crois aussi que le fait d’être «choisi» lorsqu’on naît, à cause de la contraception, de l’avortement, est capital dans ce nouvel état du corps. Nous naissions à l’aveuglette et dans la douleur, eux sont attendus et entourés de mille soins. Cela ne produit pas les mêmes adultes.
L’individu nouveau a une très longue vie devant lui, cela change aussi la façon d’appréhender l’existence…

Une longue vie devant et aussi derrière lui. L’homme le plus cultivé du monde des générations précédentes, l’uomo di cultura, avait 10 000 ans de culture, plus un peu de préhistoire. Petite Poucette a derrière elle 15 milliards d’années, du big bang à l’homo sapiens, le Grand Récit n’est plus le même ! Et on est entrés dans l’ère de l’anthropocène et de l’hominescence, l’homme étant devenu l’acteur majeur du climat, des grands cycles de la nature. Savez-vous que la communauté humaine, aujourd’hui, produit autant de déchets que la Terre émet de sédiments par érosion naturelle. C’est vertigineux, non ? Je suis étonné que les philosophes d’aujourd’hui, surtout préoccupés par l’actualité et la politique, ne s’intéressent pas à ce bilan global. C’est pourtant le grand défi de l’Occident, s’adapter au monde qu’il a créé. Un beau sujet philosophique.

article de : Pascale NIVELLE
Source : Libération.fr
merci à C.C.

vendredi 19 décembre 2014

DOCUMENTAIRE : "LA GUERRE DES GRAINES"


Enquête sur une bataille souterraine et silencieuse. En 100 ans, sous les effets de l’industrialisation de l’agriculture, les 3/4 de la biodiversité cultivée ont disparu. Alors que se renforce la main-mise sur les semences par une poignée de multinationales, un vaste arsenal réglementaire limite le droit des paysans à échanger et reproduire les semences. Enquête sur une bataille souterraine et silencieuse

Le documentaire « La Guerre des Graines », qui sera diffusé le 27 mai sur France 5, décrypte les batailles autour de la privatisation du vivant, avec l’appui de témoignages de paysans, d’élus, de militants, d’experts et d’industriels. Un film percutant et engagé.

Depuis 12.000 ans, les paysans sèment, sélectionnent et échangent librement leurs semences. Mais cette pratique ancestrale au fondement de l’agriculture est en péril. Dix multinationales contrôlent aujourd’hui 75 % du marché mondial de semences [1]. Leurs noms? Monsanto (États-Unis, 26 % du marché mondial), DuPont (États-Unis, 18 %), Syngenta (Suisse, 9 %), Limagrain (France, 5 %), suivis d’une poignée d’autres firmes allemandes, états-uniennes ou japonaises. « Que se passera-t-il si l’industrie semencière réussit à privatiser intégralement les semences agricoles? » interrogent les deux co-réalisateurs.

« L’histoire que nous allons vous raconter est celle d’une guerre inconnue mais qui nous menace tous, la guerre des graines. » C’est par ces mots saisissants que débute le nouveau film de Stenka Quillet et Clément Montfort, produit par John Paul Lepers.

Refuser l’esclavage semencier....

L’enquête de Stenka Quillet et Clément Montfort les a menés en Inde, en France et en Norvège auprès de paysans qui, pour rester libres, cherchent une alternative aux graines de l’industrie. Mais aussi dans les couloirs du Parlement à Bruxelles où se jouent régulièrement des épisodes déterminants de la guerre des graines.

Grand témoin de ce film, la scientifique et militante écologiste indienne Vandana Shiva : « la guerre des graines est dans chacune des fermes. Des fermes dans des pays comme ici, en Inde, où des paysans risquent de perdre leur approvisionnement en graines. Mais aussi les fermes plus grandes et conventionnelles qui n’auront plus d’autres choix que d’acheter des OGM, des herbicides, du Roundup, et seront coincés dans un esclavage semencier. »

Tous les géants de la semence ont décliné les demandes d’entretiens pour ce film, à l’exception d’un seul, Monsanto. La firme américaine, qui n’a semble t-il plus rien à perdre tant son image a été écornée ces dernières années par différents scandales, a ouvert les portes en France de sa plus grosse usine de semences pour l’Europe.

La stratégie de Monsanto se dévoile en partie lors d’un entretien avec l’un des responsables de cette usine située à Peyrehorade en Aquitaine. Consciente des difficultés à développer les plantes génétiquement modifiées en Europe sous la pression citoyenne, la firme mise désormais sur la multiplication des droits de propriété sur les semences.

Avant de quitter le site de Monsanto, la caméra s’attarde sur des semences de couleur rouge. Enrobées d’insecticides ou de fongicides provenant d’autres compagnies comme Bayer ou Syngenta, ces semences rappellent que Monsanto collabore étroitement avec plusieurs géants de l’agrochimie.

La fin de cette enquête conduit à Svalbard, un archipel de la Norvège situé au large du Groenland. C’est là, dans un chambre forte creusée dans la glace, qu’ont été entreposées des graines du monde entier. L’idée, conserver un double de la biodiversité végétale de la planète. Mais la présence d’entreprises privées, comme Syngenta, dans le financement de la gestion quotidienne de ce coffre-fort inquiète.

Surtout, rappellent les organisations paysannes, la seule vraie conservation se fait dans les champs des paysans et des jardiniers. Ce qui suppose d’avoir accès et de pouvoir maintenir vivante cette biodiversité. « La guerre des graines est dans chaque assiette, résume Vandana Shiva. Tant que la liberté des graines sera confisquée, alors notre nourriture le sera aussi. C’est pour cette raison que tout le monde doit être engagé pour réclamer la libération des graines. »

Documentaire : « La Guerre des Graines » 
Réalisé par Stenka Quillet et Clément Montfort (2014)

- Plus d’informations sur le blog dédié au film "La Guerre des Graines"..

Notes:

mercredi 17 décembre 2014

LA PRIVATISATION DES SEMENCES...


La privatisation des semences : Un enjeu mondial 

Ce billet du blogue Un seul monde a été écrit par Julie Lapalme, chargée de recherche et de plaidoyer à Développement et Paix.

Au Canada, l'adoption récente du projet de loi C-18 par la Chambre des communes, en troisième lecture, met en lumière un phénomène de plus en plus préoccupant, celui de la privatisation des semences et de leur contrôle par des compagnies multinationales. Cet enjeu, qui est présent dans les pays du Sud comme dans les pays du Nord, reste parfois méconnu. Pourtant, il représente une menace pour la souveraineté et la sécurité alimentaire des populations locales, pour la biodiversité de la planète et pour l'avenir de notre alimentation.


Un contrôle grandissant...

Les semences constituent la base de notre système alimentaire. Depuis des millénaires, les petit-e-s agricultrices et agriculteurs ont développé un savoir-faire permettant aux semences de grandir dans leur environnement naturel et de résister aux aléas du climat et à d'autres fléaux. C'est grâce à ce savoir-faire que l'on retrouve aujourd'hui une grande variété de fruits et de légumes, contribuant ainsi à préserver la biodiversité agricole mondiale.

Depuis quelques décennies, le secteur privé exerce un contrôle grandissant sur les semences. Selon le groupe ETC, une ONG qui travaille sur les impacts socio-économiques des nouvelles technologies, plus de 50 % du marché mondial des semences est aujourd'hui contrôlé par trois compagnies. C'est grâce à des brevets ou à des certificats que ces compagnies obtiennent la « propriété intellectuelle » de certaines semences. Ce faisant, elles tentent d'éliminer les droits séculaires des agriculteurs de conserver, d'utiliser et d'échanger les semences.

Or, les semences industrielles standardisées n'ont pas la flexibilité et l'adaptabilité des autres semences. Elles requièrent toujours le même ensemble technologique (pesticides chimiques, engrais, grosse machinerie et travaux d'aménagement), sans lequel elles ne peuvent croître. Il va sans dire que cet ensemble technologique est hautement dépendant du pétrole.

En plus des semences industrielles standardisées, certaines entreprises ont développé des semences génétiquement modifiées. Conçues pour résister aux herbicides et aux parasites, ces semences ont besoin, pour pousser, d'engrais chimiques et de pesticides, fabriqués par ces mêmes compagnies. Comme elles sont brevetées par des firmes multinationales, les agricultrices et agriculteurs ne peuvent plus conserver leurs semences pour la prochaine récolte et doivent en acheter de nouvelles auprès de ces entreprises, créant ainsi un cycle de dépendance économique.

Les multinationales bénéficient d'un avantage considérable. Elles peuvent promouvoir leurs semences grâce à des traités de libre-échange et à d'autres conventions internationales. Ces accords encouragent les gouvernements à adopter des lois qui interdisent aux agricultrices et agriculteurs de conserver ou d'utiliser leurs propres semences parce qu'elles ne sont pas brevetées ou certifiées.


Des pays du Sud se mobilisent...

Ces mesures créent une résistance dans les pays du Sud, où les petit(e)s agricultrices et agriculteurs constituent souvent la majeure partie de la population. Même si le travail de ces personnes fournit une grande partie de la nourriture disponible sur les marchés locaux, elles sont souvent les premières touchées par l'insécurité alimentaire. L'interdiction de conserver et d'utiliser leurs semences vient accroître leur vulnérabilité de même que celle des communautés locales qui en dépendent.

Par exemple, en Colombie, une grève nationale des agricultrices et agriculteurs a éclaté en 2012, lorsque la loi 970 a rendu illégale la conservation des semences par les femmes et les hommes paysans. L'adoption de cette loi était une condition requise par les États-Unis afin qu'ils signent un accord de libre-échange avec la Colombie. La loi 970 ouvrait la voie au monopole des multinationales sur certaines semences, en plus d'accorder à l'Institut colombien de l'agriculture le droit de saisir et de détruire les semences paysannes. Après des mois de manifestations, la loi a été suspendue.

En Zambie, la population a longtemps résisté à l'introduction des semences génétiquement modifiées. En 2002, des organisations locales ont réussi à persuader le gouvernement zambien d'interdire l'entrée de maïs génétiquement modifié. L'interdiction persiste jusqu'à maintenant, malgré la pression croissante de certains pays pour la lever.


Le Canada aussi est touché...

Comme le montre l'adoption récente par la Chambre des communes, en troisième lecture, du projet de loi C-18, appelé Loi sur la croissance dans le secteur agricole, le Canada est lui aussi menacé par la privatisation des semences. Le projet de loi C-18 implique entre autres, l'adhésion du Canada à l'UPOV 1991, une convention internationale gouvernant les droits de propriété intellectuelle sur les nouvelles variétés végétales. En vertu de cette convention, les « obtenteurs » de nouvelles variétés végétales, soit principalement de grandes multinationales semencières, acquièrent plus de pouvoir et de contrôle sur le système agricole canadien, au détriment des agricultrices et agriculteurs. Ceux-ci voient d'ailleurs leur droit de choisir, conserver et utiliser leurs semences devenir un privilège révocable.


Des alternatives possibles?

Quelles sont les alternatives à la privatisation croissante des semences? Dans son rapport final au Conseil des droits de l'homme des Nations Unies, au terme d'un mandat de six ans en qualité de Rapporteur spécial sur le droit à l'alimentation, Olivier De Schutter a recommandé de réformer de manière radicale et démocratique les systèmes alimentaires mondiaux.

Afin de parvenir à ce changement systémique, plusieurs efforts sont requis. Entre autres, il faut favoriser la diversité génétique des cultures, essentielle à la subsistance des petit-e-s agricultrices et agriculteurs et de leurs communautés et à la préservation de la biodiversité. Mais plus encore, les citoyen(ne)s doivent réclamer leur droit au chapitre quant à la provenance et au mode de production des aliments qu'ils consomment. En d'autres mots, ils doivent se réapproprier un pouvoir décisionnel sur leur alimentation et plus largement, sur leurs systèmes alimentaire et agricole.

Les résultats des mobilisations sociales qui ont eu lieu en Zambie, en Colombie et dans d'autres pays, permettent de croire qu'une plus grande participation des populations locales dans la définition de leur système alimentaire est non seulement nécessaire, mais aussi possible.


> Lire d'autres articles du blogue Un seul monde
Source : huffingtonpost

LES PRÉDATEURS DE L'INDUSTRIE AGROALIMENTAIRE...

Des réfugiés dans un camp en Somalie, où la famine guette toujours.
Photo : Getty/AFP/MOHAMED ABDIWAHAB

Comment l'industrie agroalimentaire empêche l'éradication de la faim

Le directeur général de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), José Graziano da Silva, déclarait récemment qu'il y a assez de nourriture sur Terre pour éradiquer la faim et la malnutrition. Est-ce vrai? Catherine Perrin en discute avec Rodolphe De Koninck, professeur au Département de géographie de l'Université de Montréal et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en études asiatiques. 

Des Prédateurs...

M. De Koninck qualifie les modèles d'agriculture actuels de prédateurs, et juge qu'on a usé d'arguments fallacieux pour convaincre les pays du tiers-monde de renoncer à des modèles d'agriculture pourtant efficaces. Les modes de production commerciale contribuent à la destruction de la biosphère, et l'accroissement continuel de la production est sans fondement puisque la redistribution des richesses n'a jamais lieu. 

Rodolphe De Koninck, professeur au Département de géographie de l'Université de Montréal et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en études asiatiques, 
 Photo : Radio-Canada/Olivier Lalande 

Une production suffisante :

« On produit actuellement assez pour nourrir 9 milliards et demi de personnes sur la planète. Nous sommes, aux dernières nouvelles 7,2 milliards [d'humains]. L'idée selon laquelle il faut se dépêcher parce qu'en 2050 nous serons 9 ou 10 milliards, ce n'est pas vrai. On produit déjà assez », affirme le spécialiste. 

Selon M. De Koninck, le seul espoir de renverser la tendance est dans l'éducation des citoyens et dans une réglementation courageuse de la part des États. « Ce qui, bien sûr, n'est pas à l'ordre du jour. Nous sommes dirigés par deux gouvernements antiréglementation. »

Audio Fil : Réflexion sur la production agricole mondiale avec Rodolphe de Koninck : ICI

Source : Ici Radio-Canada

jeudi 4 décembre 2014

UN TRIANGLE JAUNE QUI FAIT POLÉMIQUE !


Destinés à faciliter la prise en charge sanitaire des personnes vivant dans la rue, la ville de Marseille a mis au point le dispositif dit du "triangle jaune".

L'idée est de distribuer à tous les SDF un de ces triangle jaunes, pour qu'il le porte sur lui en tout moment, afin d'aider les intervenants sur le terrain...

Mais le dit symbole du "triangle jaune" est vivement critiqué. D'ailleurs, ce mercredi, la ministre de la Santé a jugé le dispositif "contraire à l'éthique".

La "bonne intention" a viré au tollé. Faire porter aux SDF une carte d'identité sanitaire sous la forme d'un triangle jaune... C'est ce qu'on peut appeler une fausse bonne idée.

 

Lancée à la rentrée par le SAMU social de la ville de Marseille, la "carte secours", a déjà été distribuée à 300 SDF. Les autres iront au pilon. Il est pour l'instant question de changer le visuel... 

Effectivement, plusieurs personnes se sont plaint de ce "triangle jaune" et lui donne une symbolique malsaine qui semble d'inspiration "illuminati".


De plus; ce triangle jaune peut aussi évoquer l'étoile jaune imposée aux juifs par les Nazis durant la Seconde Guerre mondiale.


Un "triangle jaune" qui passe mal. Et dernièrement, une tribune libre sur le site Agora Vox dénonçait "une initiative plus que douteuse qui rappelle des heures sombres de notre histoire". En cause : le triangle jaune au dos de la carte qui peut évoquer, en effet, à la fois l'étoile jaune imposée par les Nazis aux Juifs et le triangle rose utilisé dans les camps pour désigner les homosexuels.

Second aspect de la polémique. Sur la carte figurent notamment les pathologies et les allergies du porteur. (Sur ce badge qui doit être attaché à l'extérieur et être visible sera écrit le nom, le prénom de la personne et le numéro de sécurité sociale. Il y aura aussi les maladies chroniques que la personne a, comme le diabète, l'insuffisance cardiaque, mais aussi le VIH et la schizophrénie,)


Quelle est la logique de ce dispositif?! Qui donc pilote cette expérience? Quel est le texte de loi qui l'encadre?", s'interroge plusieurs personnes concernées. qui dénonce une "discrimination" et "un dispositif qui nous rappelle les heures les plus sombres de notre histoire".

La municipalité était déjà revenue en arrière en début de semaine en limitant les informations de cette carte à l'identité de son porteur, une personne à prévenir en cas d'urgence ainsi que le rhésus sanguin.

Cette carte "permet avant tout aux pompiers et au personnel soignant de recueillir des données essentielles afin d'identifier, d'aider efficacement et souvent de sauver la vie" des SDF, avait affirmé le 2 décembre Xavier Mery, adjoint au Maire de Marseille délégué à l'intégration et à la lutte contre l'exclusion dans un communiqué visant à défendre "une action respectable" contre "les mauvais esprits".


Questionnée par l'AFP lors de sa visite à Marseille, ce même jour, Marisol Touraine a clairement désapprouvé la carte de secours lancée par la Ville : "Au-delà du caractère désagréable de voir un triangle jaune apposé sur les vêtements de certains de nos concitoyens, je veux dire qu’il n’est pas acceptable que l’état de santé, les pathologies des citoyens soient inscrites noir sur blanc sur leur poitrine".

La ministre de la santé a ensuite conclu : "Cette démarche me paraît absolument contraire à toute l’éthique qui doit présider à la prise en charge sanitaire de nos concitoyens et je souhaite que les initiateurs de cette démarche y mettent fin le plus rapidement possible".

"Accrochez-là à l'extérieur d'un sac à main, d'une sacoche...", précise le mode d'emploi. "Un triangle jaune avec des maladies dessus... C'est tellement gros que j'ai cru à une blague !", raconte Arnaud, un sans-abri régulièrement hébergé à l'UHU de la Madrague, à La Provence.

Un débat au-delà du seul "triangle jaune". Contactée par Europe1, l'équipe mobile de la Croix-Rouge de Marseille qui va régulièrement à la rencontre des SDF lors de maraudes est dubitative sur le dispositif. " En maraude, les personnes dans la rue nous disent rarement leur nom même quand on les connait depuis longtemps, elles préfèrent donner un surnom", souligne-t-on en pointant la question des "libertés individuelles" : "c'est délicat de demander à quelqu'un son numéro de sécurité sociale comme cela et puis porter cette carte autour du cou cela ressemble à une étiquette que l'on vous colle".

Même son de cloche du côté du Secours Populaire de Marseille qui ne voit pas vraiment "l'utilité" de cette carte pour des informations qui peuvent être facilement obtenues "en parlant, en dialoguant et en étant à l'écoute de la personne à la rue".