jeudi 4 décembre 2014

UN TRIANGLE JAUNE QUI FAIT POLÉMIQUE !


Destinés à faciliter la prise en charge sanitaire des personnes vivant dans la rue, la ville de Marseille a mis au point le dispositif dit du "triangle jaune".

L'idée est de distribuer à tous les SDF un de ces triangle jaunes, pour qu'il le porte sur lui en tout moment, afin d'aider les intervenants sur le terrain...

Mais le dit symbole du "triangle jaune" est vivement critiqué. D'ailleurs, ce mercredi, la ministre de la Santé a jugé le dispositif "contraire à l'éthique".

La "bonne intention" a viré au tollé. Faire porter aux SDF une carte d'identité sanitaire sous la forme d'un triangle jaune... C'est ce qu'on peut appeler une fausse bonne idée.

 

Lancée à la rentrée par le SAMU social de la ville de Marseille, la "carte secours", a déjà été distribuée à 300 SDF. Les autres iront au pilon. Il est pour l'instant question de changer le visuel... 

Effectivement, plusieurs personnes se sont plaint de ce "triangle jaune" et lui donne une symbolique malsaine qui semble d'inspiration "illuminati".


De plus; ce triangle jaune peut aussi évoquer l'étoile jaune imposée aux juifs par les Nazis durant la Seconde Guerre mondiale.


Un "triangle jaune" qui passe mal. Et dernièrement, une tribune libre sur le site Agora Vox dénonçait "une initiative plus que douteuse qui rappelle des heures sombres de notre histoire". En cause : le triangle jaune au dos de la carte qui peut évoquer, en effet, à la fois l'étoile jaune imposée par les Nazis aux Juifs et le triangle rose utilisé dans les camps pour désigner les homosexuels.

Second aspect de la polémique. Sur la carte figurent notamment les pathologies et les allergies du porteur. (Sur ce badge qui doit être attaché à l'extérieur et être visible sera écrit le nom, le prénom de la personne et le numéro de sécurité sociale. Il y aura aussi les maladies chroniques que la personne a, comme le diabète, l'insuffisance cardiaque, mais aussi le VIH et la schizophrénie,)


Quelle est la logique de ce dispositif?! Qui donc pilote cette expérience? Quel est le texte de loi qui l'encadre?", s'interroge plusieurs personnes concernées. qui dénonce une "discrimination" et "un dispositif qui nous rappelle les heures les plus sombres de notre histoire".

La municipalité était déjà revenue en arrière en début de semaine en limitant les informations de cette carte à l'identité de son porteur, une personne à prévenir en cas d'urgence ainsi que le rhésus sanguin.

Cette carte "permet avant tout aux pompiers et au personnel soignant de recueillir des données essentielles afin d'identifier, d'aider efficacement et souvent de sauver la vie" des SDF, avait affirmé le 2 décembre Xavier Mery, adjoint au Maire de Marseille délégué à l'intégration et à la lutte contre l'exclusion dans un communiqué visant à défendre "une action respectable" contre "les mauvais esprits".


Questionnée par l'AFP lors de sa visite à Marseille, ce même jour, Marisol Touraine a clairement désapprouvé la carte de secours lancée par la Ville : "Au-delà du caractère désagréable de voir un triangle jaune apposé sur les vêtements de certains de nos concitoyens, je veux dire qu’il n’est pas acceptable que l’état de santé, les pathologies des citoyens soient inscrites noir sur blanc sur leur poitrine".

La ministre de la santé a ensuite conclu : "Cette démarche me paraît absolument contraire à toute l’éthique qui doit présider à la prise en charge sanitaire de nos concitoyens et je souhaite que les initiateurs de cette démarche y mettent fin le plus rapidement possible".

"Accrochez-là à l'extérieur d'un sac à main, d'une sacoche...", précise le mode d'emploi. "Un triangle jaune avec des maladies dessus... C'est tellement gros que j'ai cru à une blague !", raconte Arnaud, un sans-abri régulièrement hébergé à l'UHU de la Madrague, à La Provence.

Un débat au-delà du seul "triangle jaune". Contactée par Europe1, l'équipe mobile de la Croix-Rouge de Marseille qui va régulièrement à la rencontre des SDF lors de maraudes est dubitative sur le dispositif. " En maraude, les personnes dans la rue nous disent rarement leur nom même quand on les connait depuis longtemps, elles préfèrent donner un surnom", souligne-t-on en pointant la question des "libertés individuelles" : "c'est délicat de demander à quelqu'un son numéro de sécurité sociale comme cela et puis porter cette carte autour du cou cela ressemble à une étiquette que l'on vous colle".

Même son de cloche du côté du Secours Populaire de Marseille qui ne voit pas vraiment "l'utilité" de cette carte pour des informations qui peuvent être facilement obtenues "en parlant, en dialoguant et en étant à l'écoute de la personne à la rue".

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