mardi 27 janvier 2015

BOKO HARAM : LE BRAS ARMÉ DE L'OCCIDENT


Boko Haram : le bras armé de l'Occident pour détruire le Nigéria et chasser la Chine du Golfe de Guinée

Les amis du Nigéria ne sont pas ceux qui, par une communication surfaite, proposent leur « aide » pour lutter contre la secte islamiste. Il s’agit plutôt d’embrasser l’ennemi nigérian pour mieux l’étouffer ! Premier pays producteur de pétrole en Afrique et sixième mondial avec 2,5 millions de barils par jour, le Nigéria a commis le « crime » de céder des puits de pétrole à la Chine. Une concurrence jugée insupportable pour les USA, la France et l’Angleterre qui pompent le pétrole nigérian sans inquiétudes depuis 50 ans. De leur côté, les pétromonarchies arabes s’inquiètent d’un Nigéria trop puissant qui pourra ne plus se soumettre au diktat de l’Arabie Saoudite et du Qatar sur le marché du pétrole et du gaz. 

À l’image de l’Iran (2ème) et du Venezuela (5ème producteur de pétrole mondial) qui gèrent leur pétrole en toute souveraineté. Boko Haram est le cheval de Troie qu’utilisent les puissances impérialistes pour contrer la Chine et détruire la première puissance économique africaine qu’est devenu le Nigéria en le divisant en deux états comme au Soudan.
Quelques questions pour briser le tabou

Première puissance économique africaine depuis le premier trimestre 2014, premier pays producteur de pétrole en Afrique, le Nigeria qui conserve par ailleurs sa confortable position de première puissance démographique (180 millions d’habitants) du continent retient de plus en plus l’attention des médias. Seulement, dans les chaînes de télévision ou les colonnes des journaux, cette triple puissance qu’est le Nigeria est désormais réduite à un nom devenu son synonyme : Boko Haram. Présenté par les« grands »médias « presstitués » comme un groupe de « fous de Dieu », 

Boko Haram n’aurait pas d’autres visées que de créer un Califat dans une partie du Nigeria, à défaut de soumettre tout le pays à la loi islamiste, la Charia. Aucun lien avec les puissances impérialo-capitalistes engagées dans une lutte à mort pour conserver l’hégémonie mondiale face à la Chine. Et grâce à la grande communication faite autour de l’ « enlèvement » le 14 avril 2014 de plus de 200 jeunes filles (le nombre varie en fonction des sources) dans la localité de Chibok, la secte islamiste a acquis une renommée planétaire. Ses actions sont relayées autant que celles des autorités nigérianes sont censurées. Comme pour prouver aux yeux du monde que le président nigérian, Jonathan Goodluck n’a paradoxalement aucune chance !

Mais est-ce une surprise si ces médias « oublient » systématiquement de vous dire à qui profitent en dernier ressort les crimes commis par la secte Boko Haram ? Pourquoi notre grande presse garde-t-elle un silence complice sur les origines des fonds et des armes lourdes qui permettent aux adeptes de Boko Haram de semer la mort au Nigeria, et bientôt au Cameroun ? Pourquoi les médias qui arrosent le monde ne diffusent-ils pas ce câble de Wikileaks qui citait nommément l’ambassadeur des Etats Unis d’Amérique à Abuja, Terence P. MacCulley comme le coordinateur des actions de déstabilisation du Nigeria ? Face à la redéfinition des équilibres géostratégiques imposée par la pénétration de la Chine en Afrique, Boko Haram comme la Séléka en République Centrafricaine est devenue une arme redoutable pour préserver la mainmise des multinationales occidentales sur les matières premières et accélérer la mise en place d’Africom, le Commandement militaire US pour Afrique.


BokoHaram : à qui profitent les crimes de la secte islamiste ?

Pour envahir l’Irak et tuer son président au nom du pétrole, les Etats Unis d’Amérique de Georges Bush ont trompé la planète entière en affirmant que Saddam Hussein, devenu l’ennemi à abattre détenait des armes de destruction massive. Colin Powell est allé plus loin en sortant des tubes à essai qu’il a présentés en mondovision comme les échantillons de ces armes à la disposition de Saddam Hussein. 10 ans après, tout le monde a constaté qu’il s’agissait d’un gros mensonge made in Washington.

En 2011, une vidéo sur le chef de guerre congolais Joseph Kony postée sur You Tube et largement commentée dans les médias a été regardée dit-on par plusieurs millions d’internautes. Stupéfaits par les crimes de Joseph Kony, les internautes du monde entier ont juré la perte de Kony. En retour, les USA ont proposé leur aide pour officiellement traquer les troupes de l’Armée de Résistance du Seigneur que commande l’ « invisible » Kony. Trois ans après, le résultat est le suivant : Joseph Kony est toujours en fuite. Mais au nom de sa traque, les USA ont installé des bases militaires en République Démocratique du Congo, en Ouganda, en République Centrafricaine, etc.

Autrement dit, à travers cette campagne, Washington a solidement installé les bases militaires dans cette partie de l’Afrique particulièrement riche en minerais précieux et très sollicités par la Chine qui en a grand besoin pour son industrialisation. (Voir carte ci-dessous)


Bases militaires étasuniennes en Afrique

Le Nigeria fait son entrée dans la gueule du loup

Membre de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) depuis 1971, le Nigeria garde le record de putschs en Afrique. Le pays a connu plusieurs groupes irrédentistes parmi lesquels le Mouvement pour la Survie du peuple Ogoni (Mosop) que dirigeait l’écrivain Ken Saro-Wiwa (pendu en 1995), le Mouvement pour l’Emancipation du Delta du Niger (Mend). Le Mosop et le Mend avaient des revendications clairement formulées : gestion inclusive des ressources pétrolières. Les membres des deux organisations faisaient recours aux moyens légaux descendant dans la rue pour manifester mais n’hésitaient pas à prendre les armes pour s’attaquer au pouvoir central ou aux compagnies pétrolières, sources de leurs malheurs.
BokoHaram : un fantôme à plusieurs facettes

Crée à Maiduguri par Mohamed Yusuf en 2002, au lendemain des attentats du 11 septembre, Boko Haram évolue au gré des événements politiques nigérians et des orientations géostratégiques dessinées par les grandes puissances occidentales.

De 2002 à 2006, la secte s’inscrit dans la logique de recrutement-endoctrinement. Néanmoins, elle effectue quelques actions de violence comme pour prouver sa capacité d’action et se faire connaître. De 2006 à 2009, au fur et à mesure que le sudiste Olusugun Obasanjo s’obstinait à modifier la constitution (2006) pour briguer un troisième mandant à la tête du Nigeria, Boko Haram franchit un pallier dans la violence.

Les États de Bauchi, Wudil, Potiskum ,Maiduguri, Borno, Yobe, Kano deviennent le théâtre des violences incessantes. Celles-ci ont fait des morts aussi bien dans les rangs des forces de sécurité que dans la population civile et les adeptes de la secte. Son fondateur a d’ailleurs été exécuté en juillet 2009. Mais, comme cette hydre mythologique dont une tête coupée en faisait renaître 1000, Boko Haramn’est pas mort avec Mohamed Yusuf .

Quand Boko Haram s’invite dans la lutte pour le pouvoir entre le Nord et le Sud

Il est un élément qui permet de comprendre le versant nigéro-nigérian du phénomène Boko Haram. Entre 2006 et 2007, le président nigérian d’alors, Olusegun Obasanjo use de tous les stratagèmes pour écarter le candidat favori du Nord à la présidentielle.

Atiku Aboubacar qui a pourtant été son vice-président de 1999 à 2007 est tantôt accusé de corruption, tantôt exclu du parti au pouvoir, le Parti Démocratique Populaire (PDP). Déçu, il quitte le PDP et se présente sans succès à l’élection présidentielle de 2007 sous la bannière du Parti populaire de Tout le Nigeria (ANPP).

Finalement, c’est le malade Umaru Yar’Adoua qui succède à Obassanjo. Yar’Adoua est certes du Nord, mais il n’a pas le poids politique, encore moins le soutien populaire dont jouit le richissime Atiku Aboubakar que l’entourage d’Obassanjo trouve trop proche de Washington. Ce qui est sûr c’est que depuis cette brouille de plus et peut être de trop entre le Nord et le Sud, Boko Haram est devenu plus violent que jamais. S’attaquant aux écoles, églises chrétiennes et autres lieux publics. Avec ce nouveau redéploiement, l’on constate que la secte devenue le cheval de Troie de l’élite du Nord Nigeria dispose désormais d’armes lourdes. Ses troupes aujourd’hui estimées à 30 000 hommes, sont plus disciplinées, semblent plus entraînées. Bref elles sont devenues plus « professionnelles » ! Ceci fait immédiatement penser au daesh en Irak c’est-à-dire une arme de chantage manipulée par des intérêts occultes…

Finalement, le 5 mai 2010, à la mort du président nordiste OumarouYar’Adoua qui n’a pas fini son mandat, le pouvoir revient au Sud avec l’élection de Jonathan Goodluck, originaire de la région pétrolifère du Delta du Niger. Les musulmans du Nord se sentent une fois de plus floués. Ils estiment que la bande à Jonathan Goodluck et Obassanjo a violé l’accord tacite qui veut que non seulement le Nord et le Sud dirigent le pays à tour de rôle, mais aussi qu’il revient à chaque partie de choisir son candidat-président.

Une disposition que le parti au pouvoir aurait violée aussi bien en 2007 qu’en 2011. On comprend par là pourquoi à l’approche de l’élection présidentielle de 2015, Boko Haram multiplie les actes de terreur qui visent sur le plan interne à fragiliser le président sudiste Jonathan Goodluck.

Pour cette mission, les grands médias jouent un rôle déterminant. Ils font une communication sélective qui consiste à communiquer sur les actions de Boko Haram et à passer sous silence les actions des forces de sécurité nigérianes qui ont fait leurs preuves à plusieurs reprises. En 2009 par exemple, l’armée nationale a infligé une cinglante déculottée aux membres de la secte, tuant son fondateur Mohamed Yusuf et un millier de ses combattants. Dans une lettre datant du 9 août 2009, Sanni Umaru qui s’est présenté comme le successeur de Mohamed Yusuf a reconnu la perte de plus de 1 000 hommes par Boko Haram. Certes gangrené par la corruption, le gouvernement fédéral n’est pas (pour l’instant) l’éléphant mort que vous présente votre téléviseur !

Le Nigeria est confronté à la guerre de quatrième génération et dans celle-ci, la guerre de l’information est un pilier central. Les médiamensonges des journaux et télévisions « presstitués » deviennent des obus de mortier qu’on tire du matin au soir. Notre poste de télévision devient un fantassin de l’ennemi installé dans notre propre salon, tirant jour et nuit en direction de notre cerveau!

Avec les financements de l’élite du Nord et ceux des acteurs extérieurs, la secte islamiste s’est suréquipée et dispose désormais d’armes lourdes ainsi que de chars. Outre les soutiens financiers et logistiques, ces islamistes terroristes bénéficient d’importantes complicités dans l’administration et dans les forces de sécurité. Ce sans quoi il n’aurait jamais été possible d’enlever plus de 200 filles dans un établissement scolaire et disparaitre sans être appréhendé.

Parmi les financiers de Boko Haram, le Qatar et l’Arabie Saoudite sont en tête de peloton bien sûr pour le compte de l’empire certes, mais avec l’avantage de déstabiliser un acteur majeur et futur rival sur le marché du pétrole et du gaz. En 2050, le Nigeria seul aura environ 400 millions d’habitants, soit la troisième puissance démographique du monde. Cela n’arrange pas les affaires de beaucoup de gens...

La dimension occidentalo-impérialiste : fragiliser le Nigeria et écarter la Chine

Les puissances sont jalouses de leur position et des privilèges y afférant. Elles s’emploient à freiner toute concurrence, aussi petite soit-elle. En tant que triple puissance (démographique, économique et pétrolière) africaine, le Nigeria s’est involontairement attiré des ennemis hors du continent. Pour ne pas arranger les choses, l’ancien président Olesugun Obasanjo a commis le « crime » de briser le monopole des entreprises occidentales dans l’exploitation des vastes gisements de pétrole du Nigeria en ouvrant les puits aux Chinois.

En effet, pendant plus d’un demi-siècle les compagnies pétrolières françaises, anglaises et étasuniennes ont régné en maîtres imperturbables dans la production pétrolière au Nigeria. Et puis, coup de théâtre ! En avril 2006, le président Obasanjo, qui n’a pas reçu l’appui des Occidentaux dans sa tentative de modifier la constitution pour se maintenir au pouvoir, se fâche et se tourne vers la Chine. 

Au grand dam de Shell, Texaco, Chevron…, les autorités nigérianes annoncent en grandes pompes avoir signé un contrat d’exploitation avec la compagnie pétrolière China National Offshore Oil Corporation (CNOOC) pour plus de deux milliards de dollars avec une prévision de production de 225 000 barils jour. Dans la même logique, le président Obasanjo a négocié un prêt d’un milliard de dollars auprès du gouvernement chinois afin de financer la réhabilitation des voies ferrées du Nigeria et acheter du matériel roulant. La partie chinoise se donne deux ans pour produire son premier baril de pétrole au pays de Ken Sarowiwa et de Wole Soyinka.

Ce rapprochement Abuja-Pékin crée des insomnies dans les capitales occidentales. Perdre le contrôle du Nigeria qui produit 2,5 millions de barils par jour est un coup dur pour Paris, Londres et Washington. D’autant plus que le Nigeria et son voisin le Cameroun constituent une sorte de glacis stratégique incontournable pour le contrôle du Golfe de Guinée.

De leur côté, l’Arabie Saoudite et le Qatar s’inquiètent de voir le premier producteur africain de pétrole s’affranchir de leur tutelle. L’Iran, deuxième producteur de l’or noir au monde se moque des directives éditées par l’Arabie Saoudite et le Qatar. Le Venezuela, cinquième producteur mondial de pétrole s’est affranchi des directives des monarchies arabes et de l’impérialisme occidental depuis plus d’une décennie. Il gère son pétrole en toute souveraineté.

Or, ad vitam aeternam, ces pétromonarchies entendent être le centre de régulation du marché du pétrole mondial. Ce qui est le seul lot de consolation que leur laisse l’impérialisme occidental.

Face aux velléités souverainistes du Nigeria, les réactions ne se font pas attendre. Chez l’Oncle Sam, on le sait, la meilleure défense c’est l’attaque ! L’administration US lance précipitamment son Commandement militaire pour l’Afrique en 2008, année où la China National Offshore Oil Corporation (CNOOC) démarrait ses activités pétrolières dans le premier pays producteur de pétrole en Afrique. Dans la précipitation, les USA n’attendent pas l’obtention d’un accord de siège pour lancer l’Africom. Il faut faire quelque chose. Point besoin d’attendre qu’un pays africain accepte d’abriter Africom pour le lancer. Six ans après son lancement, ce Commandement militaire étasunien pour l’Afrique est toujours basé à… Stuttgart en Allemagne.

Certains peuvent toujours y voir une simple coïncidence. Mais, cela n’enlève rien sur le fait que le Commandement militaire étasunien pour l’Afrique ne vise pas à lutter contre le terrorisme comme l’indique le discours officiel. Africom est le bras militaire de la diplomatie US pour contrer l’émergence d’une puissance endogène et surtout écarter la Chine de Afrique.

Pour éviter que l’Empire du milieu ne s’empare de leur place de première puissance économique mondiale, les USA, incapables de fermer les industries chinoises, empêchent que celles-ci puissent accéder aux matières premières qui leur sont indispensables.

La CIA à l’œuvre

S’appuyant sur les câbles de Wikileaks, l’organisation Greenwhite Coalition affirme que pendant plusieurs années, les USA ont déployé les gros moyens pour déstabiliser le géant d’Afrique. En fouillant dans sa mémoire, le pays de Georges Bush a constaté que les troupes de l’Ecomog (EconomicCommunity of West African States Monitoring Group), la force militaire de la CDEAO (Communauté de développement des Etats de l’Afrique de l’Ouest), majoritairement constituée de militaires nigérians avait joué un rôle important (institution de cessez-le-feu) dans les guerres civiles au Libéria et en Siéra-Léone dans les années passées.

Craignant que le Nigeria utilise l’Ecomog pour supplanter l’influence des grandes puissances dans la sous-région, le président Georges Bush, fonde l’Acri (Africa Crisis Response Initiative ) en 2004. Avec l’aide de la CIA, l’Acri recrute des jeunes islamistes qu’elle forme à la collecte du Renseignement, au maniement des armes, aux techniques de survie. Les jeunes formés sont mis à la disposition de la secte BokoHaram qui s’en sert pour semer la mort !

Greenwhite Coalition constate également que la CIA a installé des camps d’endoctrinement et de formation le long des frontières poreuses du Nigeria, du Cameroun, du Tchad et du Niger. Bien plus, un autre câble diplomatique US révèle que pour conduire la déstabilisation du Nigeria, l’ambassade US au Nigeria est devenue un véritable laboratoire. Pour mieux mener le sinistre projet, Washington n’a pas trouvé mieux que Terence P. MacCulley pour occuper le poste d’ambassadeur dans ce pays. Terence P. MacCulley n’est pas un diplomate comme les autres. En plus d’être le coordinateur de la politique étrangère d’Africom, il est l’un des architectes de l’Africa Crisis Response Initiative. Son expérience est mise à contribution pour fragiliser le pouvoir fédéral afin de justifier l’intervention des pays de l’OTAN.

Il n’aura échappé à personne que les attaques de la secte islamiste se font désormais avec une précision digne d’une armée professionnelle bien entrainée ! Elle dispose d’un effectif que la rançon issue du marchandage des otages ne peut payer. Car pour enrôler, nourrir, équiper et soigner des milliers de combattants comme c’est le cas de Boko Haram, il faut avoir des financements importants et réguliers. Or le business des otages n’obéit pas à cet impératif.

Quand Michelle Obama fait le marketing des drones US au Nigeria

Pour mieux comprendre l’implication des USA dans la déstabilisation du Nigeria, il faut revisiter les derniers évènements qui se rapportent à ce pays. Le dernier en date est incontestablement la campagne « Bring Back our girls », lancée personnellement par la première dame des Etats Unis d’Amérique. Restée en retrait pendant les six premières années de présidence de son mari, Michelle Obama s’est muée en mascotte du complexe militaro-industriel US. En lançant la campagne Bringbackourgirls sur facebook, elle a légitimement attiré l’attention du monde sur le sort des 200 filles enlevées par la secte islamiste.

Mais, ce qu’on ne dit pas c’est que Michelle Obama a trouvé un nouveau ciel pour les drones US et un nouveau terrain d’actions pour les Marines et autres forces spéciales étasuniennes. Au nom de la recherche des 200 lycéennes, le président étasunien a décidé l’envoi de 70 militaires au Tchad.

Obama en a profité pour renforcer les effectifs militaires US au Nigeria. Jusqu’en mai 2014, 50 soldats étasuniens étaient régulièrement affectés à l’ambassade des USA au Nigeria. 20 Marines y assuraient la formation des militaires locaux. La campagne lancée par Michelle Obama a permis d’accroitre ce nombre.

Rappelez-vous la campagne lancée pour, nous avait-on dit, traquer Joseph Kony. Elle a permis aux USA de quadriller le Congo, l’Ouganda, la RCA… Brink back our girls permet de quadriller l’Afrique de l’Ouest. Etablissant l’axe Mogadiscio-Ouagadougou, avec 12 pays sous la botte de Washington. 

À ce jour, 29 pays africains ont accordé le droit aux USA d’utiliser leurs aéroports. Et n’oubliez jamais que les forces spéciales sont toujours précédées des hommes de Renseignements qui collectent certes des données utiles pour les militaires, mais font de l’espionnage économique et industriel au service de l’Empire. On voit à qui profite les crimes de Boko Haram en dernier ressort. La guerre c’est le plan !

Boko Haram : un poker menteur très rentable

En français, BokoHaram veut dire : « l’école interdite ». Boko renvoie au livre Book et Haram veut dire interdit. Son contraire est Halal. Plusieurs « spécialistes » et « experts » de Boko Haram préfèrent la traduction suivante : « L’éducation occidentale est un péché ».

Cependant, il est étonnant de constater que Boko Haram ne s’attaque pas aux intérêts des Occidentaux qui sont pourtant ses ennemis objectifs si l’on en croit la traduction des « experts ». Au Nigeria, les grandes marques occidentales ne manquent pourtant pas. Les plus visibles dictent la loi dans le pétrole qui est la principale source en devises du pays.

Au lieu de s’attaquer à elles pour confirmer le caractère Haram de l’Occident, la secte préfère s’en prendre aux Nigérian(e)s dont le crime inexpiable serait d’être chrétien(e)s ou de fréquenter une école laïque. Aboubakar Shekau n’a-t-il pas revendiqué l’enlèvement des 200 filles dans une vidéo ? Quelle incohérence ! Boko Haram est donc ce que son nom n’indique pas. Autrement dit Boko Haram n’est pas ce que vous en savez.

Contrairement à Boko Haram, le Mouvement pour la Survie du Peuple Ogoni et le Mouvement pour l’Emancipation du Delta du Niger s’opposaient ouvertement aux intérêts de l’Occident. Les deux organisations s’en prenaient directement aux multinationales pétrolières et à leurs relais nigérians. En 1992, trois ans avant sa pendaison à Port Harcourt le 10 novembre 1995 par le régime de Sani Abacha, l’écrivain Saro-Wiwa (assassiné avec 8 autres militants du Mosop) indexait les compagnies pétrolières en ces termes : « L’exploration pétrolière a transformé le pays ogoni en immense terrain vague. Les terres, les rivières et les ruisseaux sont en permanence entièrement pollués ; l’atmosphère est empoisonnée, chargée de vapeurs d’hydrocarbures, de méthane, d’oxydes de carbone et de suies rejetés par les torchères qui, depuis trente-trois ans, brûlent des gaz vingt-quatre heures sur vingt-quatre tout près des zones d’habitation. Le territoire ogoni a été dévasté par des pluies acides et des épanchements ou des jaillissements d’hydrocarbures. Le réseau d’oléoducs à haute pression qui quadrille les terres cultivées et les villages ogoni constitue une dangereuse menace ». Poursuivi par les familles des victimes pour complicité dans l’élimination de Saro-Wiwa et ses compagnons, le pétrolier Shell a accepté de payer 15,5 millions de dollars en juin 2009.

La rançon de la mauvaise gestion

Si BokoHaram recrute avec tant de facilité au Nigeria, c’est aussi parce que les dirigeants successifs de ce pays se sont illustrés par une redistribution inéquitable des ressources pétrolières. Exemple : l’écart entre le taux de scolarisation au Sud et au Nord du pays est abyssal. Pareil pour la couverture sanitaire. Tenez ! Sur 100 000 femmes qui enfantent au Nigeria, 1 800 meurent au Nord contre 80 dans le Sud du même pays. Face à cette misère entretenue par les hommes politiques généralement empêtrés dans les affaires de corruption et de détournement de deniers publics, les populations des zones lésées sont réceptives aux manipulations.

Pour attirer le maximum de personnes qu’il a finalement converties au djihad, Mohamed Yusuf, le fondateur de Boko Haram insistait dans ses prêches sur ces inégalités. Il pointait le pouvoir fédéral comme étant la cause du chômage des jeunes. Et ces derniers étaient nombreux qui attendaient leur premier emploi après plusieurs années d’études universitaires. En usant de tous les subterfuges pour écarter le nordiste Atiku Aboubakar et placer le malade Omaru Yarad’oua, Olesugun Obasanjo a renforcé le clivage Nord-Sud et Boko Haram prospère au Nord parce qu’il a le soutien de l’élite nordiste. Les Nordistes sont prêts à tout pour qu’un Sudiste ne remporte pas l’élection de 2015.

L’issue de cette consultation électorale déterminera probablement le cours de l’histoire du Nigeria. Si un ressortissant du Sud gagne, les actes terroristes de Boko Haram vont vraisemblablement se multiplier.

Un rapport circonstancié du National Intelligence Council des USA évoque d’ailleurs une probable partition du Nigeria en 2015. Par contre si un nordiste l’emporte, les données pourront changer. Les musulmans verront l’arrivée d’un des leurs à la tête de l’Etat fédéral comme la correction d’une injustice. Comme un instrument au service de l’élite nordiste du Nigeria, BokoHaram aura atteint l’une de ses missions historiques. Mais, puisqu’elle est aussi et surtout au service des puissances étrangères, Boko Haram pourra migrer vers un autre pays exactement comme l’ont fait les djihadistes takfiri abandonnant la Lybie conquise pour la Syrie de Bachar Al-Assad. En clair, ses combattants pourront être envoyés sur un nouveau front pour une mission similaire : contrer la Chine et obtenir des contrats léonins pour les multinationales occidentales.

Après le Nigeria, le Cameroun ?

Le Cameroun est la cible idéale pour les puissances impérialistes occidentales. Pourquoi le Cameroun de Paul Biya ? Comme le président centrafricain François Bozizé renversé par une coalition rebelle en mars 2013, le malheur de Paul Biya c’est d’avoir décidé de diversifier les partenaires économiques du Cameroun. Ainsi, ce pays considéré depuis près d’un siècle comme bastion imprenable de la France a largement ouvert ses portes à la Chine. En 10 ans, l’Empire du milieu a supplanté la France dans l’économie camerounaise. Gagnant progressivement tous les grands marchés : construction des barrages de Mekin et M’mvelle, construction de l’autoroute Douala-Yaoundé, construction du Complexe industrialo-portuaire de Kribi, etc.

Le Cameroun c’est aussi le verrou du golfe de Guinée et la gâchette de toute l’Afrique. On l’appelle « l’Afrique en miniature ». Déstabiliser ce pays c’est la garantie de mettre le feu à tout le Golfe de Guinée. Déjà, depuis plus de deux ans, les incursions de la secte nigériane ont presque totalement détruit le commerce de bétail dans le nord du Cameroun alors que la misère sociale est justement la raison essentielle pour laquelle la secte recrute si facilement ses djihadistes. La stratégie du chaos est donc bien en marche. Jusqu’ici, les seuls otages occidentaux attribués ou revendiqués par la secte nigériane Boko Haram ont été enlevés au…Cameroun.

Le 19 février 2013, une famille française constituée de Tanguy Moulin-Fournier et son épouse, leurs quatre fils et Cyril le frère de Tanguy sont enlevés à l’extrême-Nord du Cameroun. En visite en Grèce, François Hollande réagira tout de suite en indiquant que cette famille est entre les mains de Boko Haram. Boko Haram n’avait encore fait aucune revendication de ce rapt. Il a fallu attendre le 21 pour qu’Aboubakar Shekau revendique l’enlèvement. En novembre de la même année 2013, un autre Français, Georges Vandenbeusch, 42 ans est enlevé à Nguetchewé, localité du Nord-Cameroun. Le Conseil épiscopal du Cameroun n’a signé aucun communiqué rendant public cet enlèvement. L’instance est restée tout aussi muette après la libération de Vandenbeush le 31 décembre. Ce qui est inhabituel. Lorsqu’un prêtre catholique est en difficulté, le Conseil épiscopal prend officiellement position en condamnant l’acte. Ce qui n’a jamais été le cas pour Georges Vandenbeusch qui était pourtant présenté comme prêtre catholique. 

Le 5 avril 2014, les prêtres italiens Giampaolo Marta et Gianantonio Allegri, ainsi qu’une religieuse canadienne sont enlevés à Tchère, à environ 20 kilomètres de Maroua, capitale de la Région de l’Extrême-Nord Cameroun. L’enlèvement est attribué à la secte islamiste. On dirait que BokoHaram ne voit les Occidentaux qu’au Cameroun !

En fait, à travers ces enlèvements, la secte islamiste et ses financiers impérialistes veulent faire passer dans l’opinion internationale que le régime de Yaoundé est incapable d’assurer la sécurité de ses citoyens et des étrangers et ainsi préparer les esprits à une future occupation militaire du pays comme en Centrafrique.

Une nouvelle carte de l’Afrique se dessine. Les frontières issues de la colonisation n’arrangent plus ceux qui les ont tracées à l’époque. Des informations sérieuses parlent de la constitution d’un nouvel état regroupant le nord du Nigeria, du Cameroun, de la Centrafrique et le sud du Tchad et qui sera un émirat islamique comme celui qui se prépare en Irak.

Finalement, la guerre contre Mouammar Kadhafi en Libye n’est pas différente de celle qui a plongé le Mali dans le chaos. La différence entre le renversement de Laurent Gbagbo en Côte-D’ivoire et de celui de François Bozizé en Centrafrique c’est l’identité des présidents renversés. Au Nigeria, les actions de Boko Haram servent les mêmes intérêts que ceux de la Séléka en République Centrafrique. Par ces temps de faillite économique en occident, les pays de l’Otan, conduits par le nouveau couple anthropophage USA-France veulent endiguer la pénétration chinoise et reprendre les énormes ressources naturelles disponibles dans cette partie du monde.

Il est également question de déstructurer le continent africain qui sera tout de même la première puissance démographique mondiale en 2050 avec deux milliards d’habitants. Dans cette troisième guerre mondiale qui est la lutte pour l’hégémonie planétaire, tout Etat souverain est un danger pour l’Occident et tout Etat très grand doit être divisé en entités plus facilement manipulables comme au Soudan, et comme prévu pour l’Irak.

La guerre risque d’être longue et large. La campagne d’occultation des vraies causes aussi. Et la grande force de l’impérialisme est de toujours faire porter la responsabilité de ses guerres par d’autres. Ce qui complique évidemment la compréhension des causes profondes et des objectifs finaux des conflits contemporains. Face à cela, le choix devient simple pour les africains : soit combattre pour leur libération définitive et travailler pour devenir la puissance émergente du 21ème siècle, ou alors accepter une recolonisation directe qui cette fois est bien partie pour durer 1000 ans !


Source : "Le Journal de l’Afrique n° 003", 24 octobre 2014, Investig’Action

lundi 26 janvier 2015

LES CHRONIQUES DE JÉRUSALEM


« Les Chroniques de Jérusalem », de Guy Delisle
publié chez Delcourt

Le roman graphique "Chroniques de Jérusalem", du Québécois Guy Delisle, propose un regard à la fois inquiétant, amusé et instructif sur la ville sainte. À la découverte d’un brassage unique et d'un musée à ciel ouvert où tout peut dégénérer...

Graphisme épuré, images bichromiques, Guy Delisle, par son récit autobiographique et son installation dans la partie Est de Jérusalem fait voyager le lecteur au cœur d’Israël et des Territoires Palestiniens. 

Chroniques de Jérusalem est un album de bande dessinée autobiographique de Guy Delisle. Il a reçu le Fauve d'or : prix du meilleur album du Festival d'Angoulême de 2012.

Dans la veine des albums précédents de Guy Delisle se déroulant en Chine (Shenzen), en Birmanie (Chroniques birmanes) et en Corée du Nord (Pyonyang), celui-ci raconte un séjour de l'auteur en Israël et en Palestine.

Synopsis :

Guy Delisle s’installe en famille à Jérusalem pour un an, dans les locaux de Médecins sans frontières, pour qui sa femme travaille. Partageant ses activités entre la préparation de son projet de bande dessinée et celles d'homme au foyer, il parcourt la ville et le pays en le croquant quotidiennement sur son carnet. Dans un pays fortement marqué par le conflit, il en montre la diversité et les contradictions.

Au lieu de se contenter de faire du tourisme avec un guide vert, il dessine ce qu’il voit, rapporte ce qu’il entend, tente de nous plonger dans une ambiance sans donner trop de leçon de géopolitiques et sans jouer l’humanitaire de base. D’ailleurs, l’humanitaire dans son couple, c’est sa femme qui travaille à Médecins sans frontières…

La famille, avec ses deux enfants, s’installe donc à Jérusalem et Guy devient à la fois "mère" au foyer et observateur indépendant de la vie quotidienne.

"Vie quotidienne" et non pas "relations politico-militaires" entre Palestine et Israël.

Certains reprochent à Guy Delisle d’avoir voulu rester relativement neutre dans un conflit complexe où mêmes les plus experts s’y perdent. Au contraire, nous trouvons que c’est un ton juste que d’avoir montré la vie quotidienne, celle où des êtres vivants doivent vivre, survivre, éduquer leurs enfants, développer leurs entreprises, trouver du travail… et, même, vivre leur foi. 

Guy Delisle, avec son carnet et son crayon, nous offre tout cela en cadeau.

Bien sûr, il ne peut pas s’abstenir de montrer quelques scènes originales pas toujours flatteuses pour des extrémistes ou des militaires, pour des religieux ou des touristes inconséquents… Les communautés, le blocus de Gaza, les colonies, et les considérations onusiennes sont relatés avec justesse et humanité. Il y aborde, bien sûr, le mur de séparation, véritable obsession graphique. Et aussi Hébron, avec sa poignée de « colons énervés », l’effervescence de Ramallah, les plages de Tel-Aviv.

Et à chaque fois, il le fait en témoin non en juge. Il livre ses découvertes au fil de la marche, sans jamais poser de jugement définitif sur ce qu’il observe. Les scènes de la vie domestique donnent lieu à beaucoup d’humour et de dérision. 


Avec simplicité et fraîcheur, le dessinateur a croqué la ville entière, son architecture de musée à ciel ouvert, ses communautés, ses mélanges, ses scènes quotidiennes, ses tiraillements… Le tout avec une intention descriptive, lui qui définit son travail comme "du reportage tranquille, en laissant les choses venir".

Mais aussi, Guy Delisle aborde les questions concernant la guerre et les difficultés communautaires : la galère des checks-points où l’armée israélienne filtre les allers et venues entre Territoires et Israël, la dangerosité de certains lieux, notamment près du Mur de séparation en Cisjordanie long de plus de 700 kilomètres ou encore la situation extrêmement complexe d’Hébron, ville située officiellement dans les Territoires Palestiniens , mais qu’une poignée de colons juifs s’obstine à occuper. 

Cette bande-dessinée, est déjà un véritable petit chef-d’œuvre. Pour la qualité graphique de l’œuvre, mais aussi pour la clarté et l’inspiration de son récit. Cette bande-dessinée est beaucoup plus qu’une simple bande-dessinée. C’est du grand journalisme, des chroniques éloquentes, un témoignage hors pair et prenant. Ce livre nous fait faire un véritable voyage à Jérusalem ! Une référence! 

À lire absolument!!!!

dimanche 25 janvier 2015

BEAUCOUP DE JOURNALISTES TUÉS À GAZA...


BEAUCOUP DE JOURNALISTE TUÉS À GAZA
Les attentats de Paris montrent l’hypocrisie de l’indignation occidentale, par Noam Chomsky

NdE : Noam Chomsky est professeur émérite du département de linguistique et de philosophie de l’Institut de Technologie du Massachussetts (MIT). Il a publié récemment « Masters of Mankind » [NdT : « Les maîtres de l'Humanité »]. L’adresse de son site web est www.chomsky.info. Les opinions exprimées dans ce texte n’appartiennent qu’à l’auteur.

(CNN) Après l’attaque terroriste contre Charlie Hebdo qui a fait 12 morts dont le rédacteur en chef et quatre autres dessinateurs, et le meurtre de quatre juifs le lendemain dans un supermarché casher, le premier ministre français Manuel Valls a déclaré « la guerre contre le terrorisme, contre le djihadisme, contre l’Islam radical, contre tout ce qui vise à détruire la fraternité, la liberté, la solidarité. »

C’est sous la bannière « Je suis Charlie » que des millions de personnes ont manifesté pour condamner ces atrocités et dénoncer en chœur ces horreurs. Il y eut d’éloquents discours d’indignation, brillamment résumés par Isaac Herzog, chef du parti travailliste israélien et candidat favori aux prochaines élections, qui a déclaré que « Le terrorisme, c’est le terrorisme. Il n’y a pas d’autre manière de le définir », et que « toutes les nations qui cherchent la paix et la liberté [font face] à l’énorme défi » de la violence brutale.

Ces crimes ont également provoqué un torrent de commentaires, cherchant les racines de ces agressions choquantes dans la culture islamique et explorant des façons de contrer cette vague meurtrière de terrorisme sans sacrifier nos valeurs. Le New York Times a qualifié l’attentat de « choc des civilisations », mais il a été corrigé par l’éditorialiste du Times, Anand Giridharadas, qui a tweetéque cela « n’était pas et ne serait jamais une guerre de civilisations, entre elles. Mais une guerre POUR la civilisation, contre des groupes qui se trouvent de l’autre côté de cette ligne. #CharlieHebdo. »

Le déroulement des événements à Paris a été décrit de manière très détaillée dans le New YorkTimes par Steven Erlanger, correspondant vétéran du journal en Europe : « une journée de sirènes, de survols d’hélicoptères, de bulletins d’informations ; de cordons de police et de foules angoissées ; de jeunes enfants emmenés loin des écoles par mesure de sécurité. C’était un jour comme les deux précédents, de sang et d’horreur, dans Paris et ses alentours. »

Erlanger a également cité un journaliste survivant qui disait que « Tout s’est effondré. Il n’y avait pas d’issue. Il y avait de la fumée partout. C’était terrible. Les gens hurlaient. C’était comme dans un cauchemar. » Un autre a raconté « une énorme détonation, puis tout est devenu noir. » La scène, rapporte Erlanger, « était une scène de plus en plus familière faite de verre brisé, de murs effondrés, de poutres tordues, de peinture brûlée, de dégâts émotionnels. »

Cependant, ces dernières citations – comme nous le rappelle le journaliste indépendant David Peterson – ne datent pas de janvier 2015. En fait, elles proviennent d’un reportage d’Erlanger datant du 24 avril 1999, qui avait reçu moins d’attention. Erlanger y décrivait « l’attaque des missiles de l’OTAN sur le siège de la télévision nationale serbe » qui avait « fait disparaître Radio Television Serbia des ondes », tuant 16 journalistes.

« L’OTAN et les responsables américains ont justifié l’attaque », a écrit Erlanger, « en disant qu’il s’agissait d’un effort pour affaiblir le régime du président Slobodan Milosevic de Yougoslavie. » Kenneth Bacon, le porte-parole du Pentagone a déclaré lors d’une réunion à Washington, que « la télé serbe fait autant partie de la machine meurtrière de Milosevic que son armée », ce qui en faisait par conséquent une cible militaire légitime.

Il n’y eut aucune manifestation ni pleurs d’indignation, ni slogan « Nous sommes RTV », pas d’enquête sur la raison des attaques, dans la culture chrétienne et son histoire. Au contraire, l’attaque contre la presse a été applaudie. Le très respecté diplomate américain Richard Holbrook, alors représentant en Yougoslavie, a décrit le succès de l’attaque de la RTV comme un « développement positif et, je pense, extrêmement important », sentiment partagé par d’autres.

Il y a beaucoup d’autres événements qui n’appellent aucune enquête sur la culture occidentale et son histoire – par exemple la pire atrocité terroriste en Europe de ces dernières années, en juillet 2011, lorsque Anders Breivik, un extrémiste chrétien ultra-sioniste et islamophobe, a massacré 77 personnes, principalement des adolescents.

Dans la « guerre contre le terrorisme », la campagne terroriste la plus extrême des temps modernes est aussi passée sous silence – la campagne mondiale d’assassinats de Barack Obama visant quiconque suspecté de peut-être vouloir nous faire du mal un jour, ainsi que les malheureux se trouvant dans les parages. On ne manque pas d’exemples de ces malchanceux, comme ces 50 civils tués dans un bombardement américain en Syrie, en décembre, dont on a à peine parlé dans les medias.

Une personne a effectivement été punie, en lien avec le bombardement du siège de la RTV (Radio-TV Serbe) par l’OTAN. Ce fut Dragoljub Milanović, le directeur général de la station, qui a été condamné par la Cour européenne des Droits de l’Homme à 10 ans de prison pour n’avoir pas réussi à faire évacuer le bâtiment, selon le Comité de Protection des Journalistes. Le Tribunal Pénal International pour la Yougoslavie a examiné l’attaque de l’OTAN et a conclu que ce n’était pas un crime, et bien que les pertes civiles aient été « malheureusement élevées, elles n’apparaissaient pas comme clairement disproportionnées. »

La comparaison entre ces cas nous aide à comprendre la condamnation du New York Times par l’avocat des droits civiques Floyd Abrams, connu pour son infatigable défense de la liberté d’expression. « Il y a des moments pour la retenue », a écrit Abrams, « mais dans le sillage immédiat de la plus grande attaque contre le journalisme de mémoire d’homme, [les éditeurs du Times] auraient mieux servi la cause de la liberté d’expression en s’engageant pour elle », en publiant les dessins de Charlie Hebdo ridiculisant Mahomet qui ont provoqué cette attaque.

Abrams a raison de décrire l’attaque de Charlie Hebdo comme « étant de mémoire d’homme, le plus grave assaut contre le journalisme. » La raison est liée au concept de « mémoire d’homme », une catégorie minutieusement élaborée pour inclure leurs crimes contre nous, tout en excluant scrupuleusement nos crimes contre eux – ces derniers n’étant pas des crimes, mais une noble défense des plus hautes valeurs, parfois perverties par inadvertance.

Ce n’est pas l’endroit pour analyser ce qui « était à défendre » lorsque la RTV fut attaquée, mais une telle recherche nous en apprend beaucoup (voir mon livre A New Generation Draws The Line [NdT: « Une nouvelle génération fixe ses règles »).

Il y a bien d’autres illustrations de cette intéressante catégorie qu’est la « mémoire des faits ». L’une d’elles est l’attaque des Marines contre Falloujah en novembre 2004, l’un des pires crimes commis lors de l’invasion de l’Irak par l’alliance américano-britannique.

L’attaque a commencé par l’occupation de l’hôpital général de Falloujah, un crime majeur en soi, au-delà de la manière dont elle s’est déroulée. L’attaque a été largement reprise à la Une du New York Times, accompagnée de photos décrivant comment “les patients et le personnel soignant ont été sortis de leur chambre à la hâte par des soldats armés. Ceux-ci leur ont ensuite ordonné de s’asseoir ou de s’allonger sur le sol pendant que des soldats leur attachaient les mains derrière le dos”. L’occupation de l’hôpital était louable et justifiée, a-t-on estimé : elle a « forcé l’arrêt de ce que les agents considéraient comme une arme de propagande pour les militants : l’hôpital général de Falloujah et son flot de blessés civils. »

De toute évidence, il ne s’agissait pas d’une attaque contre la liberté d’expression, et cela n’entre pas dans la catégorie « mémoire des faits. »

D’autres questions viennent à l’esprit. On pourrait naturellement se demander comment la France fait respecter la liberté d’expression et les principes sacrés de « fraternité, liberté, solidarité ». Est-ce par exemple grâce à la Loi Gayssot, appliquée à de nombreuses reprises, qui accorde à l’état le droit de décider de la Vérité Historique et de punir quiconque a une interprétation divergente ? Ou bien en expulsant les malheureux descendants des survivants (Roms) de l’Holocauste vers l’Europe de l’Est où les attend une implacable persécution ? Ou alors en traitant de manière déplorable les immigrants nord-africains des banlieues de Paris dans lesquelles les terroristes de Charlie Hebdo sont devenus des djihadistes ? Est-ce enfin quand le courageux journal Charlie Hebdo a licencié le dessinateur Siné au motif qu’un de ses commentaires aurait eu des connotations antisémites ? Cela soulève tout de suite beaucoup d’autres questions.

Quiconque ayant les yeux ouverts aura immédiatement remarqué d’autres omissions assez frappantes. Ainsi, les palestiniens sont au premier rang de ceux qui affrontent « l’ énorme défi » de la violence brutale.

À l’été 2014, lors d’une nouvelle attaque vicieuse d’Israël sur Gaza, au cours de laquelle de nombreux journalistes ont été assassinés, quelquefois dans des voitures clairement identifiables comme appartenant à la presse, en même temps que des milliers d’autres victimes, alors que cette prison à ciel ouvert gérée par Israël était à nouveau réduite à l’état de gravats, sous des prétextes qui ne résistent pas une seconde à l’analyse.


L’assassinat de trois autres journalistes d’Amérique latine en décembre, portant le total de l’année à 31, a également été ignoré. Il y a eu plus d’une douzaine de journalistes tués rien qu’au Hondurasdepuis le coup d’état militaire de 2009, qui a été reconnu par les États-Unis (mais par peu d’autres pays), ce qui place probablement le Honduras en tête de la compétition du meurtre de journalistes par habitant. Mais là encore, ce n’est pas, de mémoire d’homme, une attaque contre la liberté de la presse.

Ce n’est pas bien compliqué de détailler. Ces quelques exemples illustrent un principe très général qui est observé avec professionnalisme et constance : plus nous pouvons imputer de crimes à nos ennemis, plus ils sont violents ; plus notre responsabilité y est importante – et par conséquent plus nous pouvons les faire cesser – moins nous y porterons intérêt, plus nous aurons une tendance à l’amnésie ou même au déni.

Contrairement à l’éloquente déclaration, ce n’est pas vrai que « Le terrorisme, c’est le terrorisme. Il n’y a en a pas deux sortes ».

Il en existe clairement deux : le leur contre le nôtre. Et pas seulement pour le terrorisme.

Source : CNN, le 19/01/2015 Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

En bonus, un discours d’Howard Zinn, ami de Noam Chomsky, sur la guerre
source : partage-le.com



Source : http://www.les-crises.fr/

samedi 24 janvier 2015

LA FIN DES "AGENTS SANS SECRETS" ?!


Est-ce la "Fin" annoncée des blogs alternatifs?
Le "nouvel ordre" s'installe, dans l'Europe, et s'étend sur le monde

...Là, il y a VRAIMENT de quoi s’inquiéter!!!



Manuel Valls, grand défenseur de la liberté d’expression aux dernières nouvelles malgré le fait qu’il ait fait virer des journalistes dans le passé, pense que les mesures prises pour lutter contre les sites racistes et antisémites ne suffisent pas, il faut également inclure selon lui les sites anti-sionistes qui poussent inévitablement vers l’antisémitisme. Au final, cela va permettre de faire fermer combien de sites et de blog sur internet? Car le plus grand problème, ce n’est pas l’antisémitisme qui est assez marginal, mais l’antisionisme qui prend de l’ampleur au fil du temps.

Les critiques envers Israël risquent donc d’être interdites sur internet, même si l’extrême-droite bien plus raciste et radicale que notre FN national est au pouvoir, malgré les attaques contre d’autres pays dont la Palestine, malgré leurs pressions de toutes parts dont sur des pays finançant la cours pénale internationale, malgré tout le reste…

Et ô comble du déni, il y a ce refus de voir (et surtout d’expliquer aux français) que l’anti-sionisme ne peut être comparé à l’antisémitisme, ce sont deux choses complètement différentes, mais un rappel s’impose en fin d’article.


Pourtant ministre de la justice, Christiane Taubira a proposé que les mesures de blocage ordonnées sans le contrôle d’un juge soient étendues aux sites racistes et antisémites, depuis une liste fixée par le ministère de l’intérieur. Or pour Manuel Valls, les discours antisionistes qui critiquent Israël sont indissociables des discours antisémites. Attention, danger.

Les nouvelles mesures de lutte contre le terrorisme que doit proposer le Gouvernement iront-elles jusqu’à étendre la censure sur simple ordre du ministère de l’intérieur aux sites racistes et antisémites, et par extension fâcheuse aux sites antisionistes ? La question est plus que jamais d’actualité après le communiqué publié vendredi par la ministre de la Justice Christiane Taubira, qui a présenté à l’Ecole Nationale de Magistrature ses propositions de « lutte contre le racisme, l’antisémitisme et les discriminations« .

Selon le communiqué, Mme Taubira a proposé — ce qui est un comble s’agissant d’une garde des Sceaux et ce qui contredit ses positions de l’été dernier — de « confier à l’autorité administrative la possibilité de bloquer les sites et messages de haine raciste ou antisémite« , c’est-à-dire d’étendre à ces délits les mesures de censure policière prévues pour l’apologie du terrorisme et la pédopornographie. Il s’agirait de confier au ministère de l’intérieur le soin d’établir les listes de sites à bloquer sans contrôle de leur illégalité par un magistrat.

Or l’on sait que le Premier ministre Manuel Valls a une vision particulièrement large de ce qu’est l’antisémitisme, puisqu’il y inclut non seulement la haine à l’encontre des Juifs, ce qui ne fait pas débat, mais aussi désormais les discours les plus virulents et systématiques contre la politique interne ou étrangère d’Israël, et contre les personnalités dites « sionistes » qui la soutiennent. La frontière n’est certes pas toujours simple à établir entre l’antisionisme et l’antisémitisme, surtout lorsque le premier sert de faux-nez au second, mais la distinction reste absolument nécessaire en démocratie, et ne peut pas être confiée à l’Etat.

Manuel Valls avait exprimé une première fois la confusion des genres dans undiscours incroyable prononcé au Trocadéro le 19 mars 2014, lors d’un rassemblement organisé par le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF). « Cet antisémitisme, et c’est la nouveauté, se nourrit de la haine d’Israël. Il se nourrit de l’antisionisme », avait-il déclaré. « Parce que l’antisionisme, c’est la porte ouverte à l’antisémitisme. Parce que la mise en cause de l’Etat d’Israël, (…) basée sur l’antisionisme, c’est l’antisémitisme d’aujourd’hui. C’est pour cela qu’il faut être d’une très grande détermination« .

« Nous devons faire corps pour combattre cet antisémitisme nouveau, qui se nourrit de l’antisionisme, qui se déverse sur la toile et sur l’Internet. Il nous faut réfléchir, il nous faut travailler, il faut si c’est nécessaire, légiférer« , avait-il ajouté.

Un an plus tard, Manuel Valls n’a pas obtenu grand chose sur le front du combat contre les sites antisionistes, malgré l’engagement verbal de François Hollande. « Votre gouvernement doit parler d’une voix plus ferme sur ces sujets« , avait intimé le président du CRIF Roger Cuckierman face au président de la République, qui lui avait répondu qu’en effet, « si nous arrivons à lutter contre les images pédophiles, nous devons aussi réussir à lutter contre les messages délibérément racistes et antisémites« .

Article complet+vidéo sur Numérama, merci à Maverick pour l’info

Bref, c'est commencé en France, et notre blog pourrait éventuellement avoir à disparaître... L'étau se resserre... Le Blog des "Mouton Enragés" et d'autres blogs du même acabit sont sérieusement menacés d'être fermés, d'autre ont déjà annoncé qu'ils mettent fin à l'aventure de l'info underground...

Cela dit, puisque le premier ministre Français et Manuel Valls le débile disent vouloir lutter contre "l’antisémitisme", nous nous devons de faire un petit rappel indispensable pour que tous comprennent bien les mensonges qui sont malhonnêtement entretenus!

Le problème récurent donc sur internet comme ailleurs est l’antisémitisme ambiant qui commence à se faire sentir, avec ses amalgames, ses attaques, ses infos et ses intox, le tout contribuant à propager un climat malsain qui nuit à l’union possible entre les citoyens, la plus grosse crainte pour les élites qui ne vivent que grâce à la division, diviser pour mieux régner, un classique très utilisé par les principaux partis de France notamment qui au final, usent de la même politique pour défendre les banques, défendre l’Europe, et nous imposer un traité transatlantique qui n’aurait rien de bon pour les populations en général, entre autres buts communs…

Je signale juste au passage que le sujet des juifs est très vaste et que ce n’est qu’un simple aperçu qui est proposé ici pour aider à la réflexion, pour réduire les erreurs de jugement et pour surtout éviter certains amalgames qui reviennent trop souvent.

Le souci, c’est qu’un antisémitisme (plus ou moins organisé) se généralise, et que les mêmes rengaines sont sans cesse répétées, les mêmes attaques utilisées, les mêmes amalgames ressortis, sans pour autant faire évoluer le débat. Et si nous tentions de le faire évoluer un peu? Car si le principal argument pour les uns est que « se sont les juifs » qui sont responsables, cela se limite aux sionistes pour les autres. Où est la vérité alors?

Une base à ne pas oublier, c’est qu’on peut être juif sans être sioniste, et sioniste sans être juif, les juifs n’ont pas demandé à l’être comme un créole n’a pas choisi sa couleur, certains ont peut-être oublié que la vie est avant tout une question de choix, et qu’on ne choisi pas toujours…

Maintenant, commençons à nous intéresser au judaïsme, certains pensent à tort qu’il ne s’agit que d’une simple religion, il en est pourtant tout autrement… Tel la chrétienté ou l’Islam, il n’y a pas UNE religion mais plusieurs courants de pensée réunis sous un même nom, comme pour la chrétienté qui comprend entre autres courants le catholicisme, l’orthodoxie, les mormons, de protestantisme, les Témoins de jéhovah, etc… Ou comme l’Islam qui se compose de chiites, de salafistes, de sunnites, d’alaouites, etc…

Petit regard donc sur la religion hébraïque :

Le judaïsme le plus classique est celui que l’on nomme aujourd’hui « traditionaliste » ou « orthodoxe moderne », parce qu’il vise à la conciliation d’une observance rigoureuse des lois et coutumes traditionnelles avec certaines exigences de la société contemporaine. Il appelle à une stricte observance des Commandements, tout en favorisant par exemple le sentiment patriotique des Juifs envers les pays dont ils sont ressortissants. Il a adopté l’habit occidental, mène une vie sociale dans l’environnement général, y compris non-juif. Il prône une intégration dans la société environnante tout en maintenant une pratique religieuse relativement stricte.Érigés en 1808 par Napoléon pour organiser le culte israélite – il s’agit par conséquent d’une exception française, le Consistoire central et les consistoires régionaux conservent certes un avantage décisif sur les autres mouvements et courants : ses cinq Beth Din (tribunaux rabbiniques) sont les seuls à délivrer les actes officiels de mariage, de conversion, etc. Mais le judaïsme officiel français évolue également en se modernisant : traduction du rituel et de la Bible, introduction de prières pour la République française (encore en cours aujourd’hui y compris chez les hassidim de Loubavitch).

Le Judaïsme ultra-orthodoxe L’ultra-orthodoxie juive est une réaction à l’assimilation qui semblait menacer le judaïsme européen au XVIIIe siècle. Ce mouvement insiste sur une application très stricte des commandements divins, en évitant dans la mesure du possible tout contact avec la société laïque environnante et les études profanes. Il maintient dès règles vestimentaires spécifiques, chapeau, pantalon, veste ou caftan noir pour les hommes, qui se laissent pousser la barbe et les papillotes (mèches de cheveux dans le prolongement des favoris), manches, jupes ou robe longues pour les femmes, tête couverte si elles sont mariées. Ces règles vestimentaires assurent une modestie (sniout) en rejetant les tenues provocantes ou ostentatoires. Pendant les services, dans des synagogues non consistoriales, dont certaines d’entre elles ont une longue et riche histoire et font partie du patrimoine historique, hommes et femmes sont séparés par une cloison (méhitza). Parce que le monde orthodoxe évolue dans un environnement plus restreint, une forme de méticulosité, des exigences plus rigoureuses que celles demandées par la halakha sont appliquées confie le RavElie Lemmel. La Thora est comme une échelle, c’est-à-dire comme une chance exceptionnelle offerte à l’homme de pouvoir grandir et s’élever.

Le judaïsme libéral encore très minoritaire en France (environ 2 %), proche des mouvements américains « Reform » et « Conservative, s’est toujours refusé à écrire une « doctrine » qui pourrait apparaître comme un dogme figé. Il prône une évolution de la tradition et une adaptation de la vie rituelle au monde moderne. Sans renoncer aux principes théologiques, moraux et spirituels du judaïsme traditionnel, Il s’attache plus à l’esprit des Commandements qu’à la lettre. Ainsi, hommes et femmes ont les mêmes droits et devoirs au sein de la communauté et les synagogues adoptent la mixité. Le rabbin ou le président de la communauté peut être une femme et participer totalement au service religieux, porter le taleth (châle de prières) et les phylactères. A l’époque de l’affaire Dreyfus, un groupe d’étude se constitue et prend le nom d’Union libérale israélite (ULI), Pendant soixante-dix ans, l’ULI restera la seule communauté libérale de France. Le grand-rabbin de France, Zadoc Kahn, soutient les efforts des libéraux, mais au lendemain de la séparation de l’Eglise et de l’Etat (1905), elle inaugure sa propre synagogue (Hanoucca 1907), au 24, rue Copernic. Son premier rabbin est Louis-Germain Lévy (1870-1946). Ce mouvement devenue aujourd’hui l’Ulif, qui compte une grande synagogue avec le rabbinMichaël Williams, deux Talmud Torah et un Mikvé a donné naissance aux autres courants libéraux français.

Le Mouvement Juif Libéral de France est né en 1977 et représente un des courants du judaïsme religieux contemporain en France. Il dispose à Paris de deux synagogues la fois lieu de prières et centre d’études. Le Mjlf, qui réunit aujourd’hui près de 1 300 familles s’enorgueillit de son équipe rabbinique composée de quatre rabbins obéissant à la parité hommes-femmes conduite par le rabbin fondateur Daniel Farhi qui souhaite que le Mouvement juif libéral de France soit reconnu et respecté pour ce qu’il est : une partie importante et dynamique de la communauté juive de France. 

« Nous sommes en rupture avec le judaïsme traditionnaliste. Bien qu’aucune reconnaissance ne soit officialisée, le consistoire est à nos côtés pour célébrer la mémoire (yom hashoah) et pour la campagne de la tsédaka ».

Le judaïsme libéral n’opère pas de restriction en considération du statut de Cohen (Un Cohen peut épouser une femme veuve ou divorcée) ou de celui de mamzer (enfant issu d’une union interdite).estimant qu’il serait injuste de pénaliser l’enfant illégitime.

Issu d’un article du site Tribunejuive.info (qui propose des explications bien plus détaillées à la clé).

Reste le sionisme car est donc la source du problème suivant certains, et pour cela, mieux vaut avoir une définition de ce » qu’est le sionisme :

Voici une définition : un sioniste est un individu qui désire ou soutient la création d’un Etat juif en terre d’Israël qui serait, dans le futur, l’Etat du peuple juif. Selon les propos mêmes de Herzl : «A Bâle, j’ai fondé l’Etat des juifs.» Le mot-clé en l’occurrence est : «État ». Et, de manière naturelle, il s’agit de la terre d’Israël à cause de l’attachement historique du peuple juif à cette terre.

Issu d’un article du journal Libération...

Peut-être commencez-vous à comprendre le fond du problème? Ceux qui soutiennent Israël, l’extension de son territoire, la colonisation de la Palestine, et même qui oublient tout ce que cela implique, peuvent être considérés comme étant des sionistes, mais ils ne sont pas religieux pour autant, tout comme certains religieux sont contre le sionisme ou les agissements d’Israël.

À vous de savoir faire la part des choses, de réfléchir à tout cela, il ne s’agit pas ici de quenelle, il s’agit de prendre conscience de la réalité des faits. Ce n’est pas par ce que des humains sont assez fous pour détruire cette planète avec le nucléaire ou la chimie que tous les humains sont pour la destruction de notre terre-mère avec ces moyens, ce n’est pas par ce que des radicaux islamistes tuent et égorgent que tous les musulmans sont dangereux, ce n’est pas par ce que Hitler était allemand que tous les allemands sont des nazis, etc...

Et ce n’est pas par ce qu’il y a des juifs radicaux que tous les juifs doivent être mis dans le même panier...


...

Dernier point, on parle d’antisémites et donc de personnes étant contre les juifs, mais le sens du mot en lui-même ne correspond à ce qu’on veut bien nous faire croire, à savoir qu’un antisémite est contre les sémites, pas contre les juifs :

En linguistique, les Sémites sont l’ensemble des peuples utilisant ou ayant utilisé les langues sémitiques. Cette notion est reprise par la linguistique contemporaine pour poursuivre l’étude de ces langues. En ethnologie, ce sont les peuples (actuels ou anciens) parlant une langue du groupe sémite, c’est à dire au Moyen-Orient, dans la Corne de l’Afrique (seulement l’Érythrée et l’Éthiopie), la péninsule Arabique, le Croissant fertile et en Afrique du Nord

Article complet sur Wikipedia

Surtout que, même si certains ont tendance à l’oublier, il y a également des juifs noirs, très peu voire trop peu représentés dans la communauté juive…

Et au passage, un petit rappel puisque nos politiques et médias aiment bien mettre dans le même sac anti-sionistes et anti-sémites, toujours PERSONNE n’a officiellement expliqué pourquoi si un anti-sémite est un anti-sioniste (et inversement), il existe des rabbins, juifs, israéliens anti-sionistes!


Faites-vous votre propre idée de la situation, puisez et recherchez l’info, tentez de comprendre et ne prenez rien pour argent comptant, et surtout, ne jouez pas le jeu de ceux qui souhaitent la division pour mieux diriger les foules, pensez plutôt à ce que nous pourrions tous faire unis face à ces élites qui ne se battent ni pour vous, ni pour votre pays, mais pour les intérêts d’autres nations.

Source : Les Moutons Enragés

mercredi 21 janvier 2015

dimanche 18 janvier 2015

NETANYAHOU TRANSFORME LE DEUIL DE CHARLIE EN PROPAGANDE ANTI ISLAMISTE

Découvrez comment Netanyahou a transformé l’hommage aux victimes des attentats en meeting pro-israélien!


La honte : découvrez en images le stupéfiant discours nationaliste tenu par le Premier ministre israélien en présence de François Hollande et Manuel Valls.

Le 12.01.2015 à 17h04...

À l'instar de la plupart de leurs confrères de la presse audiovisuelle, I-Télé et BFM n'ont pas cessé de vous le marteler : la cérémonie organisée -dimanche soir- à la Grande synagogue de Paris (également base de recrutement de l’armée israélienne) était censée rendre hommage aux 17 victimes des opérations terroristes imputées au réseau Kouachi-Coulibaly.

La présence de Netanyahou, l'homme qui a demandé (ordonné?) à la France de combattre "les forces de l'islam" (comme l'a révélé Panamza et relayé, sans citer ses sources, L'Obs), n'était pas souhaitée à la "marche républicaine" si l'on en croit plusieurs médias israéliens. François Hollande y aurait été défavorable avant de s'incliner face à l'insistance du dirigeant nationaliste.

Ce léger accroc n'a cependant pas empêché les deux hommes de se retrouver dimanche soir à la synagogue.


À vous d'apprécier en images la réalité des faits...

Voici l'arrivée houleuse (au regard de la tension visible entre gardes du corps français et israéliens) de Netanyahou et Hollande suivi du discours du Premier ministre, traduit en direct par un homme censé représenter exclusivement la naton française : le député UDI Meyer Habib.


Extraits (10') :

Intégralité (27') :

Quatre détails à souligner :

* Manuel Valls, empli de gravité sur les plateaux télé, n'a pourtant pas hésité à parader et fanfaronner comme l'illustre cette séquence : face à la foule, l'homme lève les poings à l'image d'un sportif victorieux.

* Netanyahou est un récidiviste en matière de détournement politique d'une cérémonie aux victimes. La dernière fois, c'était également en présence du chef de l'Etat français et en période électorale -vu d'Israël, lors de l'hommage dédié aux morts de l'affaire Merah.

* Dans une vidéo officielle digne du Parrain de Coppola, Netanyahou a salué -ce lundi matin, dans une pièce tamisée aux rideaux fermés- les dirigeants de la communauté juive française et encouragé fermement l'Europe à tirer une leçon des derniers évènements en soutenant davantage sa propre lutte dite"antiterroriste" (sous-titres en anglais disponibles sur le carré rayé).

* Dans son discours intégral, le Premier ministre israélien évoque avec gravité (à 17') les "Tours jumelles" du 11-Septembre, ce qui ne manque pas de piquant au regard de l'incident relatif à ces agents secrets israéliens, rattachés à un patron du Mossad nommé en 1998 par Netanyahou (Ephraïm Halevy) et arrêtés par la police américaine pour avoir manifesté une joie étrange dès l'impact du premier avion dans le World Trade Center.

source : INFO PANAMZA. 
http://www.panamza.com/

vendredi 16 janvier 2015

ALEX JONES AVOUE QUE TOUT EST UN CANULAR !


Voici un annonce surprenante autant qu'étrange!
ALEX JONES annonce sont départ !!!! Et il annonce qu'il n'est qu'un personnage !

Alex Jones, animateur polémiste de renommée internationale ; icône du mouvement de la liberté naissante, fait une annonce sans précédent dans cette vidéo exclusive... Il admet finalement qu'il n'était qu'un comédien jouant un rôle ! Et que tout était une duperie!

Il explique qu'il a joué le rôle emblématique de Bill Hicks, et révèle que ce n'était qu'un personnage, et renchérit en nous annonçant du même coup qu'Alex Jones est aussi un personnage créé de toute pièce, un personnage créé par son vrai lui-même : "David Mentalson III".

Il explique que David Mentalson III est sa véritable identité et se déclare "grand maître orateur" et s'autoproclame "acteur de génie". Il révèle les fausses identitées d'Alex Jones et de Bill Hicks, pour mettre en lumière son talent et revendiquer le titre du "plus grand acteur au le monde".

David Mentalson III a annonce donc de manière assez saugrenue et inusité la fin de son émission et la fin d'un canular... Après près de 20 années d’incarnation du personnage « Alex Jones », Mentalson dit qu'il va maintenant s’orienter vers Hollywood pour se lancer dans une carrière dans le cinéma !

À vrai dire, si l'on en juge par la vidéo, Mentelson est meilleur dans son rôle d'Alex Jones ! Quand il joue Mentelsonn III il a l'air un peu "fake"...

à vous d'en juger :

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