vendredi 4 mars 2011

PROPOS D’UN COSMISTE

SVP lisez le texte en entier et même en plusieurs fois. Hugo de Garis, son auteur, est entre autres titres docteur en intelligence artificielle. Il enseigne aux États-Unis.

1. Introduction

Je suis un fabriquant de cerveaux. Mon rêve et mon ambition dans la vie, c'est de construire (c'est-à-dire faire évoluer/développer) des cerveaux artificiels comprenant des milliards (et au delà) de cellules cérébrales artificielles, et avant ma retraite (d'ici à peu près 20 ans), de voir la fabrication de cerveaux devenir une des plus importantes industries au monde, comparable à la construction, l'électronique, l'automobile et le pétrole.

Je pense avoir trouvé une méthodologie rendant le développement d'une telle industrie possible. Si cela se produit, je serai très heureux, mais ce n'est pas le sujet de ce chapitre. La création de cerveaux artificiels, je pense, pourra être atteinte dans les quelques prochaines années (au moins avec des centaines de milliers de neurones artificiels organisés en des circuits fonctionnant à des vitesses électroniques, dans des machines spéciales que j'appelle Machines de Darwin).

Voilà pour le court terme et pour le moyen terme. Ce qui m'intéresse, c'est le long terme, c'est-à-dire plus loin dans le XXIème siècle, au cas où moi et d'autres constructeurs de cerveaux réussissions. Qu'adviendra-t-il alors ?

Je pense réellement qu’au siècle prochain, la question qui dominera la politique à l’échelle mondiale sera la suivante : qui ou que doit être l'espèce dominante sur la planète ? Au cas où cela vous semble idiot, considérez ce qui suit. Imaginez un ordinateur ayant mille milliards de milliards de milliards de composants.

Ce nombre rend ridicule celui des neurones que nous avons dans notre cerveau par un facteur 1018, c'est-à-dire qu'un milliard de milliard de cerveaux humains auraient autant de neurones que cet ordinateur a de composants. Je crois que nous (l'humanité) aurons de telles machines d'ici à quelques décennies. C'est écrit.

Aujourd'hui, nous disposons déjà de transistors à un seul électron et de la nano-électronique, c’est-à-dire de l'électronique à l'échelle moléculaire, ce qui va créer une capacité de stockage de 1 bit d'information par atome. Avec les circuits réversibles modernes, il est théoriquement possible de réaliser des calculs sur ordinateur sans dissipation thermique.

Il devient donc possible de construire des circuits 3D sans qu'ils ne fondent, comme le feraient les circuits traditionnels irréversibles s'ils étaient tridimensionnels. Avec les circuits adiabatiques (sans dissipation thermique), il sera possible de construire des tonnes de matériaux capables de calculer, et si on peut en fabriquer des tonnes, on peut fabriquer d'énormes ordinateurs ayant la taille d'un astéroïde, comprenant 1040 composants ou plus, en prenant les atomes de la ceinture d'astéroïdes (entre Mars et Jupiter, NDT).

À l'aide de la technologie quantique ponctuelle, il sera possible de construire des "atomes artificiels" ayant les propriétés électroniques que l'on désire. Les circuits pourraient être construits par des nano-robots assemblant des blocs de construction que les futures Machines de Darwin pourront utiliser pour développer des circuits ultra-complexes (trop complexes pour que les ingénieurs humains puissent les comprendre).

Comme ces circuits opéreraient à la vitesse électronique, c’est-à-dire un million de fois plus vite que la transmission neuronale dans le cerveau humain, et étant donné l'énorme supériorité dans la capacité de mémoire, dans la complexité et le nombre des palpeurs qui pourraient être attachés à de tels dispositifs, il est clair pour n'importe quelle personne informée que la possibilité pour cet ordinateur de générer de l'intelligence est très, très largement supérieure à celle d'un cerveau humain avec ses ridicules 1000 milliards de neurones.

C'est pourquoi je pense que ce n'est qu'une question de temps pour que l'accroissement continuel des aptitudes des ordinateurs ne commence à générer ce que j'appelle le " débat sur l'espèce dominante ". Pour le moment, ce que je dis semble de la science fiction pour la plupart des gens, et par conséquent, ils ne le prennent pas au sérieux ou ne se sentent pas concernés.

Mais je suis un fabriquant de cerveaux. Je suis une de ces personnes qui sont en train de créer ce problème. Je suis aussi un ex-physicien théoricien, et j'ai conscience que mes ex-collègues de la génération précédente ont fabriqué un appareil de destruction massive qui aurait pu anéantir la vie sur la planète à la suite de la crise des missiles cubains de 1962.

Je vis au Japon, et je me suis délibérément rendu à Hiroshima pour voir par moi-même quelles horreurs les scientifiques sont capables d'infliger indirectement à l'humanité. J'ai été profondément bouleversé, et chaque fois que je donne une conférence à propos de la fabrication de cerveaux et du futur, ma gorge se serre à l'évocation de ce que j'ai vu au musée de Hiroshima (des femmes et des enfants avec leur peau tombant par bandes de 20 cm, des bouteilles de vin fondues, etc.).

Cette expérience m'a rendu très conscient de la nécessité pour les scientifiques de réfléchir aux conséquences sociales et politiques de leurs travaux. Dans mon cas, d'un côté je suis passionnément impliqué dans mon rêve de construire des cerveaux artificiels, et de l'autre j'écris des articles tels que celui-ci, essayant de faire prendre conscience à l'humanité des conséquences à long terme de la fabrication de cerveaux, si elle se voyait couronnée de succès.

À moyen terme, des cerveaux artificiels ayant l'intelligence d'un chimpanzé seraient très utiles (tant qu'ils seraient totalement obéissants). Ils pourraient être utilisés pour nettoyer la maison. Chaque lieu d'affluence en aurait un, et ça créerait le marché d'une des plus grosses industries du monde. Les cerveaux comme les ordinateurs pourraient devenir des compagnons personnalisés.

On peut imaginer que de telles machines sauraient parler, entendre et faire rire. Il serait possible d'avoir une sorte de "relation" avec de telles machines. Mais ce qui me préoccupe, c'est la comparaison numériquement inconcevable entre le nombre de neurones dans un cerveau humain et la possibilité d'obtenir des machines à 1030 composants.

Je peux imaginer que le domaine de la construction de cerveaux va s'étendre, à mesure que de plus en plus de circuits neuronaux pourront être développés, ainsi que leur interconnexion et les systèmes de contrôle, etc. Année après année, des appareils offrant toujours plus de possibilités seront introduits sur le marché, de sorte que les gens ordinaires pourront s'impliquer dans des questions telles que "Où est-ce que tout cela nous mène ?", "Jusqu'à quel degré d'intelligence devons-nous permettre que ces machines soient développées ?" "Les scientifiques nous disent que les machines ont le potentiel de dépasser largement les êtres humains, et il est clair qu'elles deviennent chaque année plus intelligentes", alors où et quand allons-nous dire "stop !" ? "Faut-il vraiment dire stop à un moment donné ?"

De telles questions seront d'actualité et deviendront très communes dès que les machines commenceront vraiment à reposer sur la technologie des cerveaux artificiels que moi et d'autres gens sommes en train de développer. Je continue à penser que si je représente une partie du problème, j'aimerais aussi être une partie de la solution (s'il y en a une).

Une des choses que je voudrais faire, à part construire des cerveaux, c'est rendre les gens conscients que le "débat sur l'espèce dominante" arrive, de façon à ce qu'ils aient le temps d'y réfléchir avant que les machines ne deviennent trop intelligentes. Je nomme ces machines ultra-intelligentes des "artilects" (pour "artificial intellect"). Je parle ainsi parfois du "débat sur les artilects" ou de la "question des artilects".

Comme je l'ai dit plus haut, je pense que ce débat déterminera les grandes lignes de la politique générale du XXIème siècle. Pour faire bref, je soupçonne fortement que les controverses sur la question des artilects seront si âpres qu'une guerre, disons une guerre à la mode du XXIème siècle, sera inévitable. Je suis très pessimiste sur cette question, et elle me tient éveillé la nuit trop fréquemment pour le bien de ma santé.

Bien sûr j'aimerais être plus optimiste quant à l'issue, sur le long terme, de la fabrication de cerveaux, mais sous quelque angle que je retourne le problème et quel que soit le scénario, parmi les nombreux possibles, auquel j'essaie de penser, je finis toujours avec quelque chose de vraiment terrible.

Bien sûr, il n'est pas difficile d'échafauder un scénario positif, dans lequel les machines et les êtres humains vivent en harmonie (scénario favori des femmes avec lesquelles je parle de cela), mais je trouve ces scénarios irréalistes. J'espère que les événements prouveront que j'ai tort, mais mon instinct me dit que le monde est bon pour un XXIème siècle des plus perturbés sur le plan de la politique générale.

Si tel est le cas, c'est vraiment dommage, parce que notre planète entre en ce moment dans une période de grande paix, dans laquelle les télécommunications rétrécissent à ce point la planète que l'idée d'un langage global et d'un gouvernement global semble assez réaliste pour les quelques décennies à venir.

Pour chaque citoyen global ayant sa montre émetteur/récepteur (sans distorsion), grâce aux intersatellites de communication, les programmes télé tombant du ciel par centaines depuis les satellites à orbite stationnaire, à 90% en anglais, vont provoquer un effet boule de neige sur tous ceux qui pourront parler et comprendre le langage mondial. Les idées vont alors se répandre rapidement, provoquant une homogénéisation culturelle et, partant, une compréhension bien supérieure entre les gens, jusqu’à ce qu’ils deviennent essentiellement un seul immense peuple planétaire.
Tel est l'avenir que je vois pour l'humanité dans les prochaines décennies, et je m'en réjouis.

Une fois que les superpuissances se seront entendues, c'est-à-dire une fois que la Chine aura eu sa révolution démocratique et que la Russie sera bien engagé dans la voie vers la démocratie prospère, elles pourront imposer un gouvernement mondial sur les pays mineurs, les obligeant à obéir aux décisions du gouvernement mondial et à la cours de justice mondiale lorsque des conflits de politique internationale éclateront. Les milliers de milliards de dollars gaspillés en armes aujourd'hui pourront alors être utilisés pour augmenter le niveau de vie de chacun, même des africains.

La question ayant le plus divisé l'humanité aux XIXe et XXe siècles a été : "Qui doit posséder les usines, c’est-à-dire les machines ?"

Certains pensaient que les machines devaient être entre des mains privées, et d'autres pensaient qu'elles devaient appartenir à tout le monde, c'est-à-dire à l'État. Au début de la révolution industrielle, l'exploitation économique faisait rage, et les propriétaires d'usines sont devenus riches en payant aux ouvriers des salaires de subsistance.

Lorsque ces ouvriers sont devenus conscients que les propriétaires s'enrichissaient par leur travail à eux, ils sont devenus amers et en colère. Lorsque quelqu'un sent qu'il est exploité et qu'une injustice est commise envers lui, il devient enragé jusqu'à tuer...

Comme on le sait bien, les courants intellectuels en Europe au XIXe siècle ont commencé à se concentrer sur les solutions aux effets pervers du capitalisme du début du XIXe siècle.

Les socialistes voulurent collectiviser les usines et en partager les biens : les bénéfices réalisés à partir de la vente des produits fabriqués par les machines reviendraient à l'état, qui en retour paierait à chacun un salaire en rapport avec sa valeur pour la société. Pour beaucoup de gens, l'idée marxiste était très séduisante, et au XXe siècle, de nombreux gouvernements se sont constitués à partir de ces idéaux.

Entre temps, les travailleurs des premiers pays industrialisés ont imposé des réformes politiques telles que le suffrage universel (pour les hommes), le droit de former des syndicats, des partis politiques défendant les travailleurs, un système de taxation progressive, etc., qui vinrent largement à bout du côté inhumain du capitalisme.

Après bientôt un siècle d'expérience communiste, il est maintenant clair que ça ne marche pas. Les régimes communistes ont disparu de la surface du globe. Il est clair que les possibilités offertes à des individualistes entreprenants et financièrement intéressés génèrent plus de richesses et donc plus de bien-être pour les gens (pour peu que les réformes indiquées aient été mises en place) que les économies abrutissantes planifiées par un comité central et contrôlées par la bureaucratie.
Mais il s'en est vraiment fallu de peu.

Il n'était pas si évident de savoir laquelle des deux alternatives majeures quant à l'organisation économique et sociale allaient l'emporter. Les deux régimes, les deux idéologies se haïssaient tellement qu'à la limite elles étaient prêtes à s'anéantir mutuellement dans un holocauste nucléaire.

Heureusement, les armes atomiques sont si destructrices que les politiciens et les généraux ne se sentaient plus en sécurité "à l'intérieur de leurs frontières", comme pour les guerres traditionnelles, car soit ils se seraient tués eux-mêmes dans l'échange nucléaire, soit ils auraient été massacrés par leurs compatriotes survivants, dans une sorte de " châsse aux sorcières " anti-politiques et anti-généraux.

Dieu merci, il semble que tout cela soit terminé. Nous pouvons dormir plus profondément la nuit, sachant que la "guerre froide" est finie. Mais l’est-elle vraiment ? Je ne fais pas allusion à une reprise du vieux conflit idéologique entre capitalisme et communisme, mais à un nouveau conflit, plus amer encore parce que les enjeux en sont bien supérieurs.

La question "Qui doit posséder le capital ?" est triviale à côté de "Qui ou que doit être l'espèce dominante ?", parce que cette dernière question peut faire intervenir l'idée que l'essor des artilects sera peut-être le signal de l'anéantissement de l'espèce humaine. Qu'y a-t-il de plus important pour les êtres humains que la survie de leur propre espèce ? L'enjeu est potentiellement énorme.

Je crois que l'ère de paix dans laquelle nous vivons aujourd'hui ne durera que quelques décennies, car l'implacable controverse du récent passé, entre capitalistes et communistes, va être remplacée par une nouvelle dichotomie entre les "terrans" et les "cosmistes".

2. Le cosmisme

Je vois l'humanité du XXIe siècle se séparer en deux groupes politiques majeurs, ceux (probablement la majorité) qui auront le sentiment que les êtres humains doivent rester l'espèce dominante (les "terrans"), et ceux qui penseront qu'il faut donner la chance aux machines de devenir la prochaine forme d'espèce dominante, transcendant les limitations des êtres humains (les "cosmistes").

La première motivation des terrans, je pense que ce sera la peur - la peur d'être exterminés par une espèce largement supérieure, et la peur de l'inconnu et de l'inconnaissable. La motivation première des cosmistes, il me semble que ce sera l'émerveillement.

Personnellement, je partage les vues de chacun des deux groupes, mais au bout du compte, serais-je terrans ou cosmiste ? Pas facile à dire ! Essayons d'approfondir ces deux points de vue principaux. Je commence par les cosmistes car ce sont eux qui introduiront quelque chose de nouveau dans la politique générale, à savoir l'idée qu'on devrait permettre aux machines de devenir des artilects.

Le terrestrisme sera une réaction au cosmisme. Pour l'heure il n'y a pas de débat, car l'état de la technologie ne permet pas de produire des artilects; mais la nano-technologie, et plus spécialement la nano-électronique, va rendre une telle chose possible.

C'est pourquoi ce chapitre est approprié dans ce livre sur la nano-tech (Drexler 1992). Le cosmisme est une idéologie du XXIe siècle parce qu'elle nécessite la technologie du XXIe siècle. L'initiative reposera dans les mains des cosmistes. Mais à quoi les cosmistes croient-ils donc ? (En d'autres termes, que va proposer, selon moi, le groupe à venir de gens favorables à la production d'artilects, d'un point de vue politique ?)

Pour répondre à cette question, je vais essayer de faire appel à votre intuition, à vos instincts émotionnels. À quand remonte la dernière fois où vous êtes allés à l'étranger, loin des lumières des villes, par une nuit sans Lune, dormant à la belle étoile ? Peut-être à jamais, mais si cela vous est déjà arrivé, fixant la Voie Lactée, n'avez-vous pas été submergé par l'insignifiance de l'existence humaine ?

Vous avez peut-être été tourmenté par les points majeurs de votre vie, "Sue se mariera-t-elle avec moi ?", "Obtiendrai-je celle promotion ?", "Ma tumeur est-elle cancéreuse ?", etc., etc. Réponse ? "Peu importe !" Il y a un million de milliards de milliards d'étoiles, la plupart d'entre elles (au moins les étoiles de seconde génération) ont probablement des systèmes planétaires, et certaines sont des milliards d'années plus anciennes que notre système solaire. Il y a donc probablement là-bas des millions et des millions de civilisations.

Qui s'inquiète que vous puissiez mourir l'année prochaine ou que vous deviez vendre votre maison parce que vous ne pouvez plus payer votre hypothèque après votre licenciement, et que votre femme vous ait quitté en prenant les enfants, et que vous ayez perdu tous vos amis parce que vous picolez, et que vous ayez un problème de cœur à force de trop manger et d’avoir beaucoup trop fumé toutes ces dernières années.
Qui s'en inquiète ? Votre petite vie est insignifiante comparée à ce que vous voyez en regardant les étoiles. Il y a de plus grandes choses, plus hautes, des questions d'intérêt cosmique. Des grandes questions du type : "Pourquoi y a-t-il de la matière ?", "Quel est le but de l'existence, si toutefois il y en a un ?" Les cosmistes s'intéressent à ces questions cosmiques.

Le cosmisme est une "religion de scientifiques", c’est-à-dire une religion dans le sens où les religions traditionnelles stimulent et dirigent les vies de groupes de gens. Dans le cas du cosmisme, des milliards de gens seront impliqués, parce qu'il y va de la destinée de l'espèce humaine. Les religions traditionnelles et les sectes modernes ne sont pas scientifiques.

Certaines prétendent l'être, mais la plupart ne sont que des dogmes superstitieux, basés sur des idées que la connaissance scientifique regarde avec mépris. Peu de peuples ayant l'esprit critique et une éducation scientifique sont religieux. Mais le cosmisme est essentiellement une vision ou une entreprise scientifique.

Mais sa nature est très "high-tech". Ses croyances sont pratiquement compatibles avec les dernières connaissances scientifiques, et pour cette raison, elles ne sont pas facilement réfutées par les scientifiques cyniques qui traitent avec dérision (dans les cultures occidentales) des superstitions vieilles de deux mille ans telles l'idée de la vie après la mort, la résurrection, l'enfantement par des vierges ou autres.
L'impulsion religieuse est probablement présente en chacun de nous. C'est une des quelques constantes culturelles universelles, comme le tabou de l'inceste.

Pratiquement toutes les cultures (quelques 5000 à 10000 sur la planète) ont inventé leurs propres Dieux.

Pour ma part, j'aimerais bien croire en quelque chose qui me donne une direction, ou même un certain sens de l'émerveillement ou de l'exaltation, mais qui soit également compatible avec ma connaissance scientifique et mon cynique esprit critique. Le cosmisme serait un sérieux candidat pour une telle " religion " ou idéologie.

Peut-être que le mot "religion" est mieux adapté que le mot idéologie, parce que si on se demande quelle différence il y a entre les deux (elles ont en effet de nombreuses caractéristiques communes), la réponse qui vient évidemment tout de suite à l’esprit est qu'une religion implique généralement la croyance en une sorte de super être ayant des pouvoirs supérieurs à ceux des êtres humains, qui peuvent souvent l'influencer pour leurs propres avantages.

Les cosmistes pourraient penser que les artilects seraient les nouveaux dieux, sans doute plus capable que les êtres humains de répondre aux grandes questions, et d'explorer et comprendre le cosmos éminemment mystérieux. D'où le mot "cosmisme". Les horizons des cosmistes sont cosmiques. Les horizons des terrans sont largement terrestres et centrés sur l'humain.

A moyen terme, c’est-à-dire d'ici à plusieurs décennies, le développement des cerveaux artificiels sera probablement très profitable, et c'est pourquoi il se poursuivra avec vigueur. Je peux donc me sentir non coupable pour un moment.
J'ai une amie japonaise à qui je dis pour plaisanter, "Si je réussis à fabriquer des cerveaux et si plus tard une guerre Cosmistes-Terrans éclate, des gens te diront que tu aurais dû me tuer quand j'étais plus jeune". "Tu veux dire maintenant ?", plaisante-t-elle en retour. Je ne pense pas que le débat sur les artilects débutera avant que les machines ne commencent vraiment à montrer des signes d'aptitudes comparables à un cerveau et un vaste répertoire de comportements.

Un de mes buts personnels, par exemple, est de voir un projet de recherche et de développement du type "objectif Lune pour la NASA" pris en charge par le gouvernement japonais et destiné à la construction de cerveaux artificiels, utilisant les qualifications de milliers de gens. Je n'ai certainement pas l'intention de diriger une pareille entreprise, mais j'aimerais vraiment voir un tel projet émerger. Je crois que ça vient.

Construire un cerveau artificiel vraiment compétent sera une entreprise énorme. Les répercussions aussi seront colossales. L'industrie pourra en prendre les résultats et les incorporer à de nombreux produits "intelligents".

Des chercheurs tels que moi auront exposé le pour et le contre du cosmisme pendant des années et auront probablement été largement ignorés, en raison de son apparence de science fiction.

Mais une fois que des millions de gens, année après année, auront vu de leurs propres yeux l'augmentation de l'intelligence de leurs machines, ils commenceront à réfléchir et, à terme, un grand débat s'installera. Entre temps, les machines continueront à devenir de plus en plus intelligentes. Tôt ou tard, une sorte d'incident tirera l'humanité de son sommeil.
Par exemple les robots ménagers pourraient commencer à répondre à leurs propriétaires, ou les effrayer avec leurs processus de pensée des millions de fois plus rapides. Lorsqu'ils seront confrontés "chair contre métal" à un corps étranger émergeant d'une compagnie industrielle qui ne cesse d'améliorer ces produits chaque année, il faut s'attendre à ce que des millions de gens soient forcés de considérer la "question des artilects".

Ce n'est qu'une question de temps. Sans doute les premières versions d'artilects, c’est-à-dire ayant une intelligence quasi humaine, vont-ils commencer à prendre des décisions avec lesquelles les êtres humains ne seront pas d'accords ou qu'ils ne comprendront pas.

Les artilects pourraient tenter d'expliquer mais ne pas être compris. S'ils sont vraiment intelligents, ils parviendront à éviter les objections des hommes. Le problème de maintenir à tout moment les artilects comme des esclaves dociles et obéissants est un problème clé.

Les "trois lois de la robotique" d’Asimov sont ici pertinentes en tant que tentatives de formuler des règles concernant les caractéristiques des futurs artilects.

Cependant, je doute qu'une intelligence artilectuelle et une obéissance totale soient compatibles, auquel cas les idées d'Asimov sont sans valeur pour les artilects avancés.

Dans l'appendice, je présenterai mon travail sur la fabrication de cerveaux, montrant comment il est possible de construire des cerveaux artificiels (sous une forme élémentaire pour l'instant, avec à peu près 100 000 neurones) sans comprendre comment ils fonctionnent. Ils sont trop complexes, mais il est néanmoins possible de les construire sur un mode darwinien, en utilisant une méthodologie que j'appelle "ingénierie évolutionnaire". Construire un cerveau artificiel avec un milliard de neurones (mon rêve pour le XXIe siècle) ne sera pas possible avec les techniques d'ingénierie traditionnelle.

D'ordinaire les ingénieurs dessinent un plan pour construire quelque chose, impliquant qu'ils comprennent comment cette chose fonctionne, et ensuite ils la fabriquent. Cependant, avec l'ingénierie évolutionnaire — un concept que j'ai aidé à introduire — il est possible de construire avec succès quelque chose dont on ne comprend pas complètement le fonctionnement. On utilise simplement une forme de jeu d'instructions linéaires pour spécifier (à un bas niveau) comment il faut construire un système ou comment il devrait fonctionner.

On emploie une série de telles instructions linéaires, chacune un peu différente des autres. Celles qui par hasard produisent un système qui fonctionne bien selon un certain critère humain, survivent et ont plus de descendants dans la génération suivante.

En faisant des changement aveugles et aléatoires dans les instructions, il est possible de générer des systèmes supérieurs par le hasard. Ces chaînes d'instructions supérieures commencent alors à dominer la population, jusqu'à la prochaine mutation favorable, etc...

La nature a employé cette technique de mutation et sélection pendant des milliards d'années et nous a produit, nous, comme résultat, et probablement des millions et des millions d'autres intelligences extra-terrestres à travers le cosmos.

L'ingénierie évolutionnaire est probablement le seul moyen efficace dont disposeront les scientifiques et les ingénieurs pour construire des cerveaux artificiels. Leur complexité, avec leur nombre énorme de neurones et de circuits, sera monstrueuse, et s’étendra au delà de la compréhension humaine. Cependant, je développe couramment des modules de circuits neuronaux avec leurs interconnexions, qui réalisent ce que je veux. Je ne comprend pas comment elles fonctionnent, mais elles le font.

Je peux imaginer, dans quelques décennies, une armée d'ingénieurs "développeurs de cerveaux", avec une armée de Machines de Darwin, qui construiront des cerveaux artificiels avec des milliers, sinon des millions de modules neuronaux, sans rien comprendre de leur fonctionnement.

C'est cette ignorance fondamentale de la structure et du fonctionnement des artilects issus de l'ingénierie évolutionnaire qui constituera la base des objections intellectuelles des terrans.

Les terrans diront que les artilects sont fondamentalement non compréhensibles, et que donc leur comportement est imprévisible. Ils sont tout simplement trop complexes. À mesure que leur intelligence augmentera, leurs actions deviendront de plus en plus menaçantes, parce que leurs plus gros intellects leur permettront de faire aux êtres humains plus de choses menaçantes.

Les êtres humains ne pourront jamais être sûrs de l'attitude que les artilects adopteront envers eux. En tant qu'humains, nous tuons couramment des animaux pour la nourriture, le sport, ou juste comme ça. Nous ne pourrons jamais être certains que les artilects ne traiteront pas les êtres humains de la même manière.

Ainsi, pour que nous soyons en sécurité, il est bien possible qu'une législation générale soit vraiment adoptée, interdisant le développement des artilects au delà d'un certain niveau d'intelligence.

Cette législation résultera probablement de la montée des protestations du public à propos de la menace grandissante provoquée par la nature toujours plus artilectuelle des machines et la puissance croissante que celles-ci exerceront sur les êtres humains.

La création elle-même de cette législation sera le résultat d'un énorme débat. La minorité cosmiste ne sera probablement pas d'accord et il se peut qu'elle devienne clandestine. Pour les cosmistes, il sera extrêmement frustrant d'arrêter le développement des artilects.

La curiosité naturelle du scientifique sera stoppée par un tel interdit, et ce sera l'anathème pour ceux des scientifiques qui seront des cosmistes.

L'interdiction du développement artilectuel séparera vraiment la chèvre et le chou, c'est-à-dire les terrans et les cosmistes. Les cosmistes les plus fervents seront les plus frustrés et commenceront probablement à organiser leurs propres institutions politiques.

Dans une organisation globale (à l’échelle planétaire, NDT), il n'y aura probablement plus de corrélation entre la géographie et l'idéologie. Dans une culture globale, les points de vue idéologiques seront sans doute plus basés sur des différences de personnalité que sur des différences culturelles.

Dans une culture globale et homogénéisée, de telles différences seront minimales.
Alors comment les cosmistes vont-ils réagir à une interdiction générale de leurs activités futures ? Une idée est de former leur propre État, un peu comme les juifs en Israël et les Mormons en Utah.

Les cosmistes pourraient acheter de grandes zones de terrains dans des endroits peu chers de la planète, et sélectionner comme citoyens ceux qui veulent construire des artilects. Ceux des cosmistes qui auraient de sérieux remords et qui ne s'en cacheraient pas pourraient être exclus de la colonie, et pourraient retourner vers la majorité terrans.

Mais les terrans permettront-ils seulement à une telle colonie cosmiste de s'établir sur Terre ? On peut imaginer leurs arguments : "Qu'adviendra-t-il si les cosmistes réussissent dans leurs expériences artilectuelles ?"

Les artilects seraient alors sur Terre, constituant une menace non seulement pour les cosmistes, mais plus encore pour les terrans. Ceci serait trop dangereux pour les terréens pour être toléré, et les colonies cosmistes seraient alors interdites pour menace d'anéantissement total.

À la limite, si l'existence de micro-colonies cosmistes secrètes était découverte, elles seraient exterminées par voies militaires (i.e. "atomisées"). Les cosmistes ne seraient pas même arrêtés ou jugés. On peut assez bien imaginer que la peur des terrans devant un éventuel succès des cosmistes serait si grande, et la menace pour l'humanité si importante, qu'une justification de la vaporisation des colonies cosmistes secrètes serait facilement trouvée.

Devant une telle opposition terrans, les cosmistes, poussés par une ferveur religieuse pour promouvoir le "grand dessein" - les "questions cosmiques", dédaigneront les terrans et feront tout ce qu'ils peuvent pour obtenir la liberté de développer leurs artilects. Une autre possibilité est qu'à l'aide de la technologie du XXIe siècle, il soit possible de lancer de nombreux cosmistes hors de la Terre, pour qu'ils puissent fabriquer leurs artilects ailleurs.

Mais il se peut que la Terre soit considérée par les artilects comme un endroit très précieux, et qu'ils souhaitent y revenir. L'hostilité des terrans pour les artilects ferait des êtres humains une menace pour ces derniers. Qui sait ce que les artilects pourraient faire à une race aussi inférieure que celle des terrans.

L'éventualité d'un tel retour des artilects motiverait à l'avance l'interdiction par les terrans de tout exode extra-planétaire cosmiste. C'est encore trop dangereux. Ainsi le rêve des cosmistes de s'évader dans les profondeurs de l'espace, de voyager vers d'autres étoiles pour bâtir leurs colonies cosmistes serait stoppé. La frustration des cosmistes ne peut que croître.

A terme, il est probable qu'ils réalisent que le seul moyen qu'ils aient pour faire ce qu'il désirent, c'est d'employer la force des armes militaires.

Je peux imaginer les stratèges cosmistes préparer la création de lointaines colonies cosmistes, si loin de la Terre que la plupart des terriens ne seraient pas tellement inquiétés par la menace d'un succès artilectuel des cosmistes.

Les cosmistes pourraient suivre une sorte de stratégie d'évasion, d'abord à petite échelle, allant de plus en plus loin de la Terre, à chaque fois qu'il y aurait une menace de la part des terrans. À terme, les cosmistes peuvent être en mesure de s'établir avec suffisamment de force pour être capables de se défendre par eux-mêmes contre une attaque terrans.

Le scénario que je dépeins est celui d'une vigilance continuelle de la part des terrans, et d'un désir similaire de la part des cosmistes de développer des artilects. Je vois une guerre continue entre ces deux groupes, à présent séparés géographiquement, mais cette fois non pas sur une échelle planétaire, mais sur l'échelle interstellaire du XXIe siècle.

Le cosmos est immense, de sorte qu'il devrait y avoir suffisamment d'espace pour que terrans et cosmistes existent presque indépendamment les uns des autres. Le gros problème est d'atteindre un tel état. Les terrans pourraient toujours prétendre que si les artilects existent, leur intelligence supérieure leur permettrait de rejoindre la Terre s'ils le souhaitaient, quelle que soit la distance à laquelle ils se trouvent. S'ils avaient pu aller si loin, ils pourraient revenir sur Terre, ce remarquable bien foncier.

Mais revenons à la question de savoir si je suis un cosmiste ou un terréen. Et bien, je pense que je suis un cosmiste, avec suffisamment de terrans en moi pour ne pas vouloir être écrasé comme un moustique par un artilect, mais néanmoins je veux voir construits des artilects, de préférence loin de la Terre.

Je pense qu'il serait tragique à l'échelle cosmique si l'évolution de la nature, qui est allée des particules élémentaires jusqu'à des créatures intelligentes comme nous-mêmes, devait s'arrêter au niveau humain, étant donnée la supériorité tellement énorme du potentiel de l'ordinateur.

Cette opinion qui est la mienne, je peux imaginer qu'elle soit partagée par de nombreuses personnes, de sorte qu'il n'y aura pas pénurie de sympathisants cosmistes. Cependant les politiciens et les stratèges terrans durs ne permettront pas à de pareilles sympathies de prendre forme concrètement. C'est trop dangereux.

C'est pourquoi je ne vois pas de voies pacifiques pour sortir de ce terrible dilemme. C'est ainsi que la guerre du XXIe siècle se déclenchera, selon moi. Elle sera nucléaire par sa forme, et totale, au sens où les terrans voudront éliminer complètement les cosmistes.

D'un autre côté, il se peut que les cosmistes aient quelque sympathie pour l'opinion des terrans, car ils sont humains eux aussi, mais la différence est qu'ils sont prêts à courir le risque de la menace des artilects, parce qu'ils voient la "montée des artilects" comme leur première raison d'être (en français dans le texte, NDT).

3. Discussion

Bien sûr je ne peux pas prédire le futur, et mon avis est inévitablement très personnel. Dans ce paragraphe, je tenterai d'anticiper les objections aux opinions présentées ci-dessus.

Tout d'abord, pourquoi devrait-il vraiment y avoir une menace de la part des artilects ? Ne serait-il pas possible de fabriquer des artilects qui seraient merveilleusement utiles pour les êtres humains, mais qui seraient sûrs et s'assiéraient tranquillement dans un coin, totalement inoffensifs ? Bien sûr qu'il serait possible de construire de telles machines, et peut-être seraient-elles hautement intelligentes.

Mais on se demande si l'intelligence artificiel peut-être placée dans une boîte stationnaire. Le mouvement n'est-il pas nécessaire pour interagir avec le monde ? Sinon, comment est-il possible d'apprendre des choses sur l'environnement.
On peut imaginer un ordinateur restant dans un coin et ayant des yeux, mais comment pourrait-il vérifier ses hypothèses visuelles sur le monde s'il ne peut pas toucher ce qu'il voit ?

Je soupçonne fortement que la notion de mouvement soit essentielle pour générer l'intelligence. Selon cette opinion, des robots mobiles seront le véhicule de l'intelligence artificielle. Mais des robots mobiles sont potentiellement dangereux.

Grâce à leur mobilité, ils pourraient tuer des gens s'ils le décidaient. Un ordinateur stationnaire, sans membres pour manipuler son monde, est inoffensif. À moins qu'il ne puisse se mouvoir indirectement, en persuadant des êtres humains de faire des choses pour lui. Le développement de l'intelligence pré-humaine dans les artilects se fera presque certainement dans des robots mobiles.

Une coexistence pacifique entre les artilects et les humains n'est-elle pas possible ? Regardez les humains et les arbres. Chacun a son propre créneau, et ça fait des millions d'années qu'ils vivent ensemble. Les artilects et les humains ne pourraient-ils pas vivre ensemble pacifiquement, simplement en s'ignorant les uns les autres ? Les humains ne comprendront pas comment les artilects occupent leur temps.
Les artilects trouveront probablement les humains totalement inintéressants, étant donné qu'ils sont si lents à penser, à savoir un million de fois plus lents, et qu’ils ont une capacité de mémoire lourdement inférieure.

Ce scénario est possible, je pense, mais sa grande faiblesse est son incertitude. Les êtres humains n'auraient aucun moyen de savoir ce que les artilects pensent d'eux. Les artilects ne sont pas humains. Du point de vue des êtres humains, les artilects sont absolument étrangers, et dès lors capables de générer toutes les réactions de peur que l'évolution a fabriquées et introduites en nous pendant des millions d'années.

L'inconnu a souvent été une menace de mort, et était évité ou tué, comme les tigres ou les serpents, etc. Puisque nous ne savons pas comment les artilects seront, nous devons être prudents. Les politiciens ont un dicton, "espérons le meilleur, préparons-nous au pire".

Le pire dans les scénarios avec artilects, c'est l'anéantissement de l'espèce humaine par une espèce supérieure d'artilects. En anticipant sur cette éventualité, et étant donné l'ultime importance des enjeux, l'option consistant à autoriser la construction d'artilects (du point de vue des terrans) ne doit pas être tolérée.

Est-il possible que la production d'artilects soit inévitable, et qu'on ne puisse pas l'arrêter du tout ?

Comme je l'ai dit plus haut, je pense que la fabrication d'artilects finira par être une des toutes premières industries mondiales...

D'énormes investissements de capitaux seront consacrés à la création des premiers artilects, avant qu'ils ne deviennent une menace potentielle. Les problèmes arriveront une fois que les artilects commenceront à approcher des niveaux d'intelligence humains.

Quand les vies de millions de personnes seront économiquement tributaires de la création et de l'utilisation des artilects de bas niveau, comment sera-t-il possible d'arrêter la machine ? On peut imaginer : "Oh, juste cette petite nouveauté supplémentaire sur les artilects de la compagnie !" Ce sera difficile de vaincre ce genre d'incrémentalisme.

En pratique, il y a des chances que la fabrication de cerveaux procède rapidement, jusqu'à ce que les niveaux d'intelligence humains soient atteints ou approchés. Si aucun événement vraiment négatif ne se produit jusqu'à ce point, alors le développement des artilects sera probablement ininterrompu.

Que se passera-t-il lorsque les artilects atteindront le niveau humain ? On peut imaginer certains responsables réclamer l'intelligence artilectuelle super humaine, pour différentes raisons, par exemple : " Oh nous avons besoin d'un ordinateur superintelligent pour contrôler la politique économique à notre place.

L'économie est si complexe qu'aucun économiste humain ne peut la suivre, mais un ordinateur superintelligent en serait capable. Voilà pourquoi nous devrions en avoir un. Les physiciens pourraient argumenter que leurs théories sont trop complexes pour être facilement comprises. Peut-être qu'un artilect pourrait se représenter comment le monde fonctionne et l'expliquer aux physiciens humains.

Peut-être l'argument le plus fort en faveur de la construction d'artilects sera-t-il la pure fascination de ce que nous soyons capables d'une telle chose. Il y a donc une réelle possibilité que des artilects d'intelligence supérieur à celle des humains soient construits, jusqu'à ce que quelque expérience négative se produise, ou qu'une sorte de menace soit ressentie.

Il est également possible, à ce niveau, que la dépendance des humains envers ces artilects soit si grande qu'il leur soit pratiquement impossible d'arrêter de s'en servir. C'est pour cela que je soupçonne qu'une certaine crise impliquant les artilects se produira à l’occasion de leur rejet massif par une majorité des êtres humains.

Les deux scénarios ci-dessus, que j'appelle respectivement le scénario de "coexistence" et le scénario "progressif", peuvent être accompagnés d'un scénario "explosif". J'ignore complètement si nous aurons de vrais artilects de mon vivant (sans doute encore 40 ans). Nous avons donc encore tout le temps de nous laisser imprégner par le "débat sur les artilects".

Mais le danger arrivera au dernier moment, lorsqu'une certaine percée scientifique sera réalisée, et que soudainement les artilects seront là. Il est possible que le monde soit pris de cours par quelque développement quelque part dans un laboratoire de recherche, dépassant soudainement un certain seuil, et qu'à partir de ce moment-là, les êtres humains doivent partager la planète avec une espèce supérieure.

4. Conclusion

Bien évidemment je n'ai pas toutes les réponses, ni même toutes les questions concernant le "débat sur les artilects", ou le débat sur "l'espèce dominante", etc...

J'espère que ce chapitre vous aura fait réfléchir sur les conséquences d'un authentique succès artilectuel. Le potentiel d'un ordinateur pour générer de l'intelligence est massivement supérieur à celui de notre propre et piteux système nerveux. C'est pourquoi ce n'est qu'une question de temps avant que le débat sur les artilects ne s'ouvre.

Espérons que les idées présentes dans cet essai vous auront donné matière à pensée. Espérons qu'il servira de catalyseur à un bien plus ample débat. Les positions à la fois terréennes et cosmistes sont puissantes et seront défendues avec passion. Malheureusement c'est un jeu à somme nulle.

J'espère que je me trompe à propos de tout ceci, mais mon instinct me dit : "non, il y aura un vrai conflit". La question des artilects comporte toutes les conditions nécessaires pour alimenter une guerre idéologique générale, et même une guerre interstellaire.

PROPOS D’UN "TERRANS"

article de Jean Daigle
J’ai des amis bohèmes, ils ont été empêcher de vivre selon leurs traditions. J’ai d’autres amis qui sont poètes, artistes, musiciens, et dorénavant ils sont bien conscient qu’ils sont des indésirables, des bons à riens… J’ai aussi des amis qui vivent dans la pauvreté, la misère, la disette et j’ai vu de jour en jour leur situation s’aggraver.. On les considèrent comme un fardeau, et le fardeau s'alourdit de jour en jour!

J’ai été témoins de l’avènement de l’homme nouveau… L’homme qui a subit le nivellement par le bas, et qui a été gardé dans l’ignorance… J’ai vu le déclin de l’empire Américain comme j’ai vu venir les crises, les désordres, les désastres, et la chute du monde.

J’ai été témoins, impuissant, de l’aliénation de plus en plus profonde de l’humanité. Je l’ai vu accepter des conditions inacceptables, et se soumettre à des idées qui l’aliènent toujours d’avantage…

Aujourd’hui, alors qu’un nouveau monde technologique, alors qu’un nouvel ordre mondial va s’imposer et prendre place; l’humanité ignare, désarmée, impuissante, n’est pas prête à faire face à la situation. Un « nouvel ordre » qui dominera le monde par la force et l’intelligence… Un nouveau monde militarisé, robotisé, informatisé, dirigé par une élite transhumaniste!

D’ici peu, les technologies ne seront plus à notre service… Ce sera l’humanité qui sera sous la surveillance et le contrôle des technologies!

L’homme qui sera défenseur de la nature, et inquiet du sort de l’humanité joindra sans doute le camps des « terrans ». Mais à quoi se résume une guerre future entre terrans et cosmistes, sinon à une guerre perdue d’avance pour les terrans? Comment un pauvre quidam désarmé peut-il s’en prendre à un cyborg munie des dernières technologies militaires et d’une intelligence artificielle qui surpasse les plus puissants ordinateurs que nous connaissions au tournant du 3ème millénaire!
Ceux qui posséderont ces technologies, pour ne pas dire « ces armes » posséderons aussi nécessairement les ressources, les terres arables, l’eau, les sources d’énergies, l’industrie alimentaire, etc… Ni plus ni moins il posséderons la planète Terre et considéreront les humains « terrans » comme du bétail, voire des parasites!

Évidemment, il est à prévoir que le « terrans » sera importun pour le « cosmiste ». Mais la destinée des « terrans » est fatalement d’êtres indésirables. Parce que, l'établissement d’un nouvel ordre mondial totalitaire ne peut pas se faire sans protestations, ni sans opposition…

Par contre, cher amis terrans, n’oubliez jamais que nous sommes déjà perdus d’avance. Notre sort a déjà été décidé. Nous avons été mis échec et mat! Les moyens que possèdent les cosmistes pour nous soumettre à leur régime sont inéluctables. Le futur technologique est inévitable.

Propos de Jean Daigle, naturaliste, naturiste, naturopathe, naturellement...

LE NOUVEAU CLIP DE LADY GAGA "MOTHER MONSTER" : PROPAGANDE DU CULTE TRANSHUMANISTE

Voici, voilà la nouvelle vidéo de l’excentrique Lady Gaga : "Mother Monster". Le symbolisme occulte est imposant et mérite de longues minutes d’analyse...

Ce clip rituel de Lady Gaga fait la propagande du culte transhumaniste et est, ni plus ni mois : un hommage à la semence du diable!



Au début de la vidéo, après une introduction à la "Star Wars", Lady Gaga fait le récit d’un monde "alien", sous le gouvernement du Grand Bouc (Goat = Baphomet)où vit le fantastique, le merveilleux et le magique, Dans un univers insolite, où elle semble reprendre des scènes du film "Metropolis", et où elle donne vie à une double cellule (Mitosis), d’où la naissance de deux semences : la bonne et la mauvaise… (ténèbres et illumination).

Cette vidéo est indéniablement, encore une fois, une promotion occultée du mouvement transhumaniste. Ici, il est bien évident que Lady Gaga fait la propagande du posthumanisme, de l’osmose "homme/machine". Ses implants en témoignent ainsi que le thème de la génétique qui est exploité dans l’introduction.

Lady Gaga est apparemment utilisée pour promouvoir l’idéologie transhumaniste, elle initie le publique à une nouvelle éthique cosmiste, d’inspiration ésotérique, en réalisant des sortes de rituels symboliques de manière à marquer notre époque du sceaux du Nouvel Ordre à venir, ce nouvel ordre transhumaniste, prévu à l’agenda des éventuels maîtres du monde!

Il n’y a pas de hasard que la date de sortie de son nouvel album a été publiée à minuit le 1-1-2011 et que la date de son single a été annoncée pour le 11 février 2011…

Ses vidéos "Who is Alejandro" et "Bad Romance" sont aussi très explicites sur le fait que Lady Gaga est une ambassadrice des hautes loges du pouvoir.

Lady Gaga a été invitée personnellement par la Reine Élizabeth en 2009, une petite cérémonie pour authentifier son allégeance?



Source : "Conscience du Peuple"
Merci aussi à "L’Éveil 2011" qui s’est inspiré de notre blog sans en faire mention, mais qui nous a permit d’ajouter cette page qui tombe à point!

jeudi 3 mars 2011

PROCHAINEMENT : LA GUERRE ENTRE "TERRANS" ET "COSMISTES"

Dans un proche futur, il y aura deux humanités distinctes, une humanité formée de deux clans, adeptes chacun d’une idéologie parvenue au statut de « religions ». Il s’agira alors de choisir dans quel camps on se battera… Car il y aura nécessairement opposition entre ces deux camps. L’humanité sera alors divisée entre « Terrans » et « Cosmiste »

LA THÉORIE CYBER-FUTURISTE D’HUGO DE GARIS
« Terrans contre Cosmistes »


La guerre de l’intelligence artificielle aura-t-elle lieu?

Pour Hugo de Garis, chercheur à l’A.T.R. de Kyoto au Japon, le cerveau artificiel sera bien plus intelligent que le nôtre. Et d’ici cinquante, à cent ans, la planète se divisera alors en deux camps : les « cosmistes », qui se réjouiront de la création de cerveaux artificiels capable de rivaliser puis de surpasser ceux des hommes; et les « terrans », qui, eux, craindront que l’on considère un jour les ordinateurs comme des êtres supérieurs…

L’opposition ne sera donc pas entre les ordinateurs et les hommes mais bien entre les hommes eux-même...

Hugo de Garis a lui-même construit un cerveau doté de 75 millions de neurones artificiels. La machine du professeur britannique a la particularité d’évoluer elle-même! Au sens darwinien du terme, bien sûr… Icic, les connexions se font toutes seules entre les neurones, comme les branches d’un arbre qui poussent.

Dernièrement, il quittait le Japon un temps, pour aller travailler au Starlab de Bruxelles où il créa un autre machine prodigieuse celle-ci pourvue de 100 millions de neurones artificiels. Son but est d’arriver à un cerveau doté de 1 milliard de neurones artificiels.

« Avec les nouveaux progrès qui ont été faits dans le domaine des nanotechnologies, nous seront bientôt capable d’imiter le cerveau biologique », explique-t-il.

« Puis ce sera ensuite l’ère de l’embryologie artificielle ! Comme un bébé qui, lorsqu’il commence sa vie avec une seule cellule, en possède 100 000 milliards neuf mois plus tard, nous saurons bientôt appliquer ce principe d’auto-assemblage d’embryogénétique aux ordinateurs… », continu de préciser le professeur de Garis…

Il faut aussi se rappeler de la déclaration choc de Kevin Warwick, célèbre chercheur dans le domaine de l’intelligence artificielle, qui avait dit ceci : « Les machines seront bientôt beaucoup plus intelligente que nous. C’est pour cela que nous devons devenir des cyborg, des hommes-ordinateurs, pour profiter de leur puissance. C’est notre seule chance, car je ne crois pas que stopper la recherche en ce sens soit réaliste. »


LE “POSTHUMANISME”

Introduction
Lors de nos dernières publications nous avons tenté de parcourir en vrac les perspectives positives et plus sombres de la transhumanisation. À travers des faits d'actualité et de veille technologique, nous avons rapidement soulevé un grief dans le concept de posthumanité…

Alors que l'on peut présenter ce phénomène comme étant un évènement auquel l'humanité doit se préparer de pied ferme en mettant en garde la population des nombreuses et éventuelles dérives, on peut aussi, comme certains, s'accaparer cette philosophie pour la fondre dans un esprit sectaire, mélange de fausses promesses mystiques et de positivisme.

Pour rappel, on considère que la posthumanité commencera réellement lorsque qu’aura lieu « l’inexorable émergence », ou la « convergence ultime » (abordée par Kurzweil) entre robotique, nanotechnologie et biotechnologie.

À ce moment, l’évolution artificielle prendra la place de l’évolution biologique, la vie "nano-électronique" aura supplanté "la vie chimique".

Certaines prédictions basées essentiellement sur la loi de Moore et ses dérivés, placent généralement les premières réussites dans ce domaine pour l’an 2020. Des gens comme le mathématicien Théodore Kaczynski (Unabomber) ont tenté de freiner les progrès en publiant le déjà-célèbre « manifeste contre la société industrielle » et en assassinant des scientifiques, particulièrement des informaticiens.

Le phénomène est non-négligeable, Bill Joy, directeur scientifique chez Sun, dont un de ses amis a perdu un œil et une partie de la main droite à cause d’un colis piégé de Kaczinsky, a été choqué en lisant le manifeste de ce dernier, il ne faisait pas, jusque là, particulièrement attention aux problèmes éthiques entourant sa discipline. Depuis il conseille de fortement limiter la recherche en ingénierie génétique et nanotechnologie, deux disciplines qui pousseront la production d'objets, de plus en plus intelligents, par autoréplication.

Petites Précisions...
Maintenant, nous allons nous concentrer sur certaines questions clés… Nous allons d’abord introduire l’inutilité des questions post humaines….

En fait, les perspectives sont trop gigantesques pour que l'on commence à se perdre dans les prédictions. Nous vous introduirons donc d’abord aux penseurs, initiateurs, promoteurs et philosophies (certains parlent déjà de nouvelles religions) du Point Omega et de la Singularité, ainsi que des prédictions amusantes de Hugo de Garis en guise d'exemple.

Pour nous humains, l’important est de savoir comment se passera la transition, la transhumanisation, trouver les idées permettant qu’elle se déroule le plus délicatement possible d’ici les 30 prochaines années. La question de savoir ce qu’il se passera après ne sera déjà plus de notre ressort, ces problèmes seront ceux des intelligences de seconde génération.

Après la singularité ?
L'intelligence et les techniques humaines arrivent à doubler les capacités de calcul des machines tous les 18 mois. Si cette maîtrise des techniques est accordée aux machines, à un "chercheur artificiel", on entre alors dans un phénomène d'emballement qui nous conduit vers une singularité de l'histoire, on arrive dans une sorte de monde où chaque génération est remplacée par une nouvelle espèce beaucoup plus intelligente, qui nous conduirait jusqu'au plus profond des limites de la physique, dans une spirale (post) exp(n)-humaine, chaque génération se trouverait confrontée à la question de son remplacement par une espèce plus intelligente, jusqu'aux limites du stockage de l'information dans notre Univers, jusqu'à la picotechnologie s'il le faut, jusqu'à la corde, il est difficilement concevable de déterminer ce qu'il pourrait se passer ensuite.

Les nanotechnologies permettraient de construire n'importe quelle molécule à partir de n'importe quel déchet, plus besoin de matières premières, plus rien n'est précieux, le capitalisme a disparu, et a laissé place à un collectivisme global, mondial et évident, contrôlé peut-être par une intelligence collective.

Donc, apparemment, le capitalisme n'était qu'un vecteur de développement rapide en vue de franchir la singularité, il était le meilleur système possible pour provoquer rapidement les progrès de la technique….

Mais on peut aussi imaginer un capitalisme, une économie liquide, basée uniquement sur l'information, qui deviendrait la nouvelle monnaie, une économie de l'esprit, dans une société de l'esprit, dans une époque que Moravec appelle le "Mind Age"?!

Une fois la victoire contre la mort assurée, il ne resterait plus qu'à s'attaquer à l'Univers, se lancer dans des macros-techniques, forger l'espace et le temps, les étoiles et les planètes et faire de l'Univers, un cerveau géant, le dieu. Dieu non pas à l'origine, mais à la fin des temps, voilà ce qu'on apelle la théorie du Point Omega, introduite par Frank Tipler. Rien ne sert vraiment de s'y attarder, elle ressemble juste à une religion inversée, si dieu n'était pas là au départ pour nous lancer, il sera au moins là pour nous accueillir, nous allons le créer, avec son intelligence suprême du futur lointain, sa mémoire et sa capacité de calcul infinie, chacun sera enfermé dans sa simulation parfaite, le bonheur total et éternel, un paradis permanent. Mais même dieu n'est pas immortel, puisque l'Univers aura aussi sa propre mort, à moins que notre pouvoir soit suffisant même pour compresser et stabiliser l'Univers entier, d'enrayer l'énergie sombre et l'extension. Éviter le froid, éviter la mort, éviter la fin des temps.

Voilà...
Dès que l'on raisonne trop loin, voilà à quoi on arrive, des suppositions plus que farfelues, nous nous contenterons donc dorénavant de ne plus entrevoir ce qui peut se passer au delà de la Singularité.

Les problèmes de l'après "transcendance", de l'après "singularité" nous sont totalement étrangers, c'est une nouvelle phase, une nouvelle ère, nous ne sommes pas du tout concernés, ce sera le travail des super-intelligences. Une chose est certaine, la Singularité aura lieu au cours du 21eme siècle, et peut nous pousser que dans 2 attracteurs : l'auto-destruction ou la transcendance.

La vie existe sans aucun doute sur plusieurs planètes dans l'Univers, les planètes qui n'ont pas subi trop de chocs climatiques, d'astéroïdes géantes, ont sans doute vu l'émergence d'une civilisation intelligente, qui a développé des techniques, la probabilité est déjà plus faible. La grande question est de savoir si une telle société a plus de chance de s'auto-détruire que d'atteindre la transcendance.

À notre humble avis, nous pensons que la probabilité d'atteindre la transcendance doit être du même ordre que celle qu'un spermatozoïde lambda arrive à s'introduire dans un ovule.

La nature est très cruelle, pour que la vie apparaisse, il faut un Univers aux lois physiques stables, se trouver dans un système solaire plus moins stable, sur une planète qui doit déjà avoir une très bonne configuration par rapport à une étoile, de là, il faut pas mal de chance pour en arriver à une civilisation, et il faut encore plus de chance pour que cette civilisation ne se désintègre pas elle-même.

Notre seul soucis en tant qu'humain est donc d'y arriver, de gagner la partie, de parvenir à passer le cap de la transcendence, histoire que nos pauvres ancêtres ne soient pas trop morts pour rien, si vous cherchez un but à votre vie, le voilà, quel que soit votre orientation professionnelle, voici la première oeuvre collective globale. Hugo de Garis vous encouragerait à choisir votre camp, dans son vocabulaire un peu particulier.

Les partisans "cosmistes" veulent voir apparaître les "artilects", individus améliorés et supérieures en tout point à leurs parents biologiques. Les "terrans" conservateurs veulent empêcher à tout prix l'apparition de ces créatures. Malheureusement, avec le système capitalisme, on ne peut pas vraiment arrêter le progrès, les "terrans" ont déjà perdu avant même qu'on leur ai vraiment donné un nom standardisé.



BOSTROM vs FUKUYAMA

Dernièrement on a pu voir une petite guerre entre Francis Fukuyama et Nick Bostrom….
Fukuyama (le même qui a décrété la fin de l'histoire après la chute de l’empire soviétique, que le dernier homme sera celui de la vision idéologique américaine, le même qui fait parti des conseillers de Bush) a parlé dans un article récent du transhumanisme comme étant les pires idées du 21eme siècle.

Bostrom, philosophe d'Oxford et fondateur de la « World Transhumanism Association » (réseau mondial d'échanges entre chercheurs, étudiants et professeurs d'université, prônant l'utilisation éthique de la technologie pour accroître les capacités humaines) dans un article de septembre 2004 (TRANSHUMANISM: THE WORLDS MOST DANGEROUS IDEA?) a répondu à ces attaques. Un humain peut-il améliorer sa durée de vie, inhiber ses émotions, se modifier, selon son propre vouloir ? Est-ce que l'on peut empêcher ça ?

Aux États-Unis, en tout cas, les bioconservateurs, généralement républicains convaincus, ont dressé un agenda visant à prendre des mesures pour empêcher tout humain d'améliorer ses capacités biologiques…

Bostrom se demande ce qu'il y a de si gênant à authoriser un individu à s'auto-modifier. Fukuyama n'a pas maché ses mots :“transhumanists are just about the last group that I’d like to see live forever”. Il estime que l'être humain, son essence originel, la couleur de sa peau, son intelligence, ses traits, sont la base même du système libéral. Les lois, la politique et l'économie, ne sont pas compatibles avec les libertés individuelles, avec l'égalité des chances. Fukuyama fait donc un raccourci assez douteux : Les idées transhumanistes mettraient en péril le système capitaliste et l'égalité des hommes. Bostrom a démoli ces arguments assez facilement, le fait d'améliorer sa mémoire, de changer d'apparence, d'augmenter sa durée de vie, de contrôler ses émotions, de se rajouter des fonctions, ne remet pas en cause les principes moraux de l'individu et donc n'empêche pas de continuer à défendre les idéaux d'égalité.

Dans cette petite guerre, personne n'a eu vraiment le soin de poser la bonne question : Est-ce que le système capitalisme est-il le meilleur pour accueillir les progrès de la transhumanisation ?

Il n'est en tout cas pas difficile d'imaginer que ces progrès technologiques ne vont en aucun cas améliorer les fractures sociales (15% de la population dispose des 4/5 du PIB mondial et cette différence s'accentue au fil du temps), en plus d'être riches, les familles aisées vivront plus longtemps et seront même plus intelligentes.

De notre côté, nous croyons que la posthumanité va accentuer les inégalités, mais on ne peut pas empêcher un humain de s'améliorer, si on veut se prétendre être en démocratie, voilà toute la problématique de la situation, le quasi-paradoxe.

Fukuyama, devenu la tête de proue de l’intelligentsia anti-technologique, a écrit aussi un livre où il fustige les progrès et conseille de vite imposer des lois pour empêcher toute dérive vers la posthumanité.

L’erreur de Fukuyama est de se concentrer beaucoup trop sur les biotechnologies, et en oublie l’informatique et la nano-technologie, qui ouvrent des perspectives bien plus grandes (la nano-technologie permettra de reconfigurer un cerveau neurone par neurone, de créer des ordinateurs surpuissants, de créer des nanos-robots anticorps en médecine, de créer des matériaux de types nouveaux...). On peut aussi raisonner comme Eliezer Yudkowsky, et se concentrer pleinement, sans se soucier des conséquences, de la convergence ultime, ou comme il l’appelle : la « Singularité ».

Faudrait-il encore y arriver à cette singularité rétorquera Jacques Blamont ! Les États-Unis, avec leur politique de puissance, ont toutes les cartes en main pour être la première nation a posséder les outils permettant de franchir le cap. L'Europe avec sa lâcheté, son manque de cohérence en matière de défense et de recherche et développement a tout l'air d'être condamnée à devenir un chiot des USA.

Blamont prédit un monde divisé en deux, l'Occident et le reste du monde, un reste du monde s'engouffrant dans la guerilla, la netwar, la fabrication illicite d'armes.

À ça, il rajoute les maladies, l'environnement défaillant. La situation mondiale actuelle est le plus mauvais nid possible pour y voir éclore une quelconque posthumanité!

L'humanité avait le choix entre se modifier et évoluer ou s'auto-détruire. Blamont nous promet l'apocalypse… La Singularité devient trou noir pour Blamont. Voilà quelque chose d'assez troublant.

PLUTÔT VERS UNE INTELLIGENCE GLOBALE?

Comme la découverte de l'anesthétisie, des vaccins, de la greffe d'organe, Bostrom nous dit que le transhumanisme est la conséquence logique et inévitable des progrès des techniques.
Toute société un tant soit peu intelligente et cultivée y est confrontée tôt ou tard. Notre système économique, en période d'instabilité et de guerre, pousse les technologies à émerger. Quand elles sont là, il est assez obligatoire de s'en servir.

Nous en arrivons là à notre dépendance aux technologies, n'avons-nous pas déjà créer un système où les machines nous dominent ?

Nous le disons d'entrée de jeu : la réponse est oui !

La loi de Gabor nous dit clairement : "Tout ce qui est possible sera nécessairement réalisé", l'individu influencé par la compétition économique, sociale régnant dans son milieu, se verra obligé de devenir un "usager" ou un "technicien" de l'objet, voir même un scientifique élaborant une théorie "pure", mais qui se verra tôt ou tard déclinée en une technologie.

L'"objet", la création humaine, a en quelque sorte, une vie propre, en dehors de la vie de chacun, on peut interpréter une vie humaine comme étant un vecteur de transmission, de développement de l'objet. L'objet survit à l'individu. L'humain a créé des activités dites artificielles (l'économie selon Herbert Simon est une activité artificielle, un système qui en s'ajustant par rapport à des paramètres internes et externes produit des comportements adaptatifs appropriés), une fois de plus, ces systèmes artificiels, ces systèmes auto-adaptatifs, survivent aux individus.

Une solution serait donc de considérer l'humain non comme un individu, mais comme faisant parti d’un "super-organisme", doté d'une "conscience supérieure"…

Le concept de technologie pourrait être ainsi considéré comme étant au centre de l'activité humaine, même l'économie est au service du progrès technologique. Le confort de chacun, l'éthique entourant l'usage de tel ou tel technique, ne serait qu'illusion, les objets se multiplient, et au final, le "super-organisme" que l'on peut appeler "humanité" continue à réaliser son dessein : peupler l'environnement de réseaux d'objets immortels. De manière générale, l'individualisme est une illusion.

Dernière grande création humaine en date, internet, sujet d'étude quasi infini. De plus en plus de scientifiques prétendent que nous sommes en pleine méta-mutation, qu'internet va devenir un super-organisme virtuel. Chaque individu apportant sa pièce à l'édifice.

Certaines agences ont essayé de maitriser "la bête", avec des projets du type d'espionnage massif "Echelon", les militaires ont compris l'importance de ce réseau qui s'étendra bientôt à tous les objets (la nouvelle norme IP permettra de donner une adresse IP à tous les objets de la Terre, de la voiture au micro-onde), et qui sera, via le téléphone portable, présent constament sur ("dans") chaque être humain. Internet tendra progressivement vers l'état d'une super-intelligence globale, une base primordiale d'un Univers, une espèce d'univers de l'information où les consciences humaines finiraient par s'accorder ; voilà qui résonne bien avec les nouvelles théories cosmologiques qui voient en l'information et la conscience les véritables briques de l'Univers matériel.

REFERENCES :

Dominique Lecourt. "Humain Post Humain". Presses Universitaires de France. 2003.
Jean-Paul Baquiast. "Conscience primaire et conscience supérieure dans les super-organismes". 2004.
Valentin F. Turchin. "The phenomenon of man : a cybernetic approach to human evolution". 1977.
Herbert A. Simon. "Les sciences de l'artificiel" (3eme édition). Folio Essais. 1996.
Jacques Blamont. "Introduction au siècle des menaces". 2004.
Theodore Kaczinsky. "Le manifeste contre la société industrielle". http://www.unabombertrial.com
Francis Fukuyama. "Our Posthuman Future: Consequences of the Biotechnology Revolution". London, Profile Books. (2002)
Eliezer S. Yudkowsky. "Scruter la Singularité". http://yudkowsky.net/singularity.html

mercredi 2 mars 2011

UN ADN "CYBORG" A ÉTÉ CRÉÉ...

DES SCIENTIFIQUES CRÉENT UN ADN "CYBORG"

Un groupe de chercheurs du Danemark travaillent sur la création de quelque chose d'entièrement nouveau sur cette planète, des formes de vie qui contiennent une version améliorée de la double hélice d'ADN. Ils sont en train de créer une triple-hélice d'acide désoxyribonucléique.Depuis que l'acide a été découvert, les experts ont reconnu qu'il comporte deux volets qui dansent autour l'un de l'autre, qui forment un caractère distinctif, la structure en double hélice.

Tous les organismes complexes contiennent de l'ADN et elles disposent toutes de cette même configuration.Le groupe qui est basé à l'Université de Copenhague, veut ajouter un troisième brin d'acide nucléique peptidique sur les deux brins d'ADN qui existent déjà dans tous les organismes. Le but est de bloquer l'activité de certains gènes, comme par exemple ceux qui ont été associés à des risques élevés de développer des formes de cancer, et de renforcer d'autres activités qui sont bénéfiques.

Source : http://news.softpedia.com/news/Scientists-Create-Cyborg-DNA-186819.shtml

Pour approfondir sur le danger des manipulations génétiques, de la robotique, de l'intelligence artificielle, de la biologie synthétique, de la nanotechnologie et du transhumanisme, visitez le lien suivant (anglais): http://defenderpublishing.blogspot.com/2010/09/part-14-forbidden-gates-how-genetics.html

Notez que dans la série V, saison 2, les "visiteurs" travaillent à mettre au point une version "améliorée" d'ADN qui doit permettre de créer une race hybride (reptilien/humain), des créatures mutantes, des chimères aux capacités surhumaines destinées à perpétuer la race et faire la guerre aux humains. L'ADN est modifiée pour pouvoir y insérer des paramètres génétiques qui produiront une armée des ténèbres. Si vous lisez le livre "Forbidden Gates", du chercheur Thomas Horn, vous constaterez que la réalité dépasse maintenant la fiction!

Bien sûr, toutes ces avancées scientifiques sont financées au nom de la recherche afin de guérir et de prévenir des maladies incurables. Cependant, ces découvertes tombent dans les mains de "savants fous" et risquent de devenir le plus grand cauchemar de l'histoire de l'humanité!
Source : Conscience du Peuple

mardi 1 mars 2011

LA RÉALITÉ DES BIO-TECHOLOGIES


LE FUTUR EST À NOS PORTES...

De nombreuses recherches bio-technologiques portent actuellement sur les membres humains déficients. Au Centre de rééducation et d’appareillage de Valanton (région parisienne), des amputés du bras réapprennent ainsi à conduire, à nouer leurs lacets, à manipuler un verre ou encore à écrire en utilisant le membre électrique, certes encore assez inesthétique mais parfaitement fonctionnel, qui leur a été greffé. Cette prothèse, que rien ne distingue au premier abord des versions classiques, est équipée d’électrodes permettant au patient d’exciter, par un effort de concentration, un nerf situé en haut de l’épaule. C'est alors incontestablement un bras bionique qui se met en action. Dans le magazine Scientific American, des spécialistes n’hésitent pas à annoncer que demain de telles prothèses disposeront d’une réelle capacité de mouvement, mais aussi qu’elles "transmettront la douleur et surtout retrouveront le sens du toucher".

Il est vrai qu’au niveau de la tactilité, une technique développée au Danemark permet déjà à des sujets au système nerveux endommagé de palper à nouveau des objets : "Les cellules tactiles situées sur les mains du patient communiquent leurs messages à des électrodes placées tout autour d’un nerf récepteur. [Dès lors], un patient pour qui manger seul nécessitait les pires efforts peut discuter tranquillement avec son voisin de table quand il prend son repas."

En 2001, un neurobiologiste hongrois, Jeno Pali, a quant à lui mis au point une peau artificielle disposant d’un système de connexion au système nerveux. Une fois habillée de cette peau, une prothèse de main devient "capable de détecter avec une grande précision les formes et les dessins des surfaces, ainsi que de saisir des objets avec la pression appropriée sans les laisser glisser. La personne amputée peut dès lors bénéficier d’une dextérité proche de la normale."

Concernant la locomotion, l’initiative la plus spectaculaire est à mettre à l’actif du professeur Pierre Rabischong (Montpellier) qui coordonne le programme européen "Stand Up and Walk" (SUAW).

En 1999, un paraplégique a ainsi reçu un implant électronique lui permettant de "remarcher"... Cet homme, totalement paralysé du bas du corps à la suite d’un accident de voiture, est désormais capable de se lever et de déplacer ses jambes l’une après l’autre. Un boîtier contenant une puce électronique lui a été implanté dans l’abdomen.

Ce stimulateur est relié (par des câbles en acier recouverts de Téflon) à des électrodes fixées sur quatre nerfs et six muscles des jambes. Un boîtier extérieur contenant un programmateur est fixé sur son déambulateur. Des boutons placés sur les poignées lui permettent, par simple pression, d’activer le stimulateur et de lui transmettre des ordres simples tels qu’avancer, accélérer, ralentir, changer de direction. Les impulsions électriques génèrent des contractions musculaires qui lui permettent de se mouvoir. Le micro-ordinateur extérieur substitue ainsi ses programmes locomoteurs aux instructions cérébrales qui habituellement animent nos membres. Marc Merger, qui se considère comme un "modeste prototype", ne se déplace que dans son domicile, et, tient-il à préciser, "comme un jeune petit vieux".

En effet, même si l’expérience est frappante et émouvante, elle ne relève pas du miracle, le patient reste toujours paraplégique. Aussi les chercheurs, sceptiques quant à l’avenir de ces avancées, préfèrent-ils privilégier les recherches sur la régénération et la stimulation de la moelle épinière. Quant aux scientifiques américains engagés dans la voie de l’électrostimulation, ils tentent désormais d’implanter directement des puces électroniques dans le cerveau, afin d’amplifier les signaux nerveux pour ensuite les transmettre à un micro-ordinateur, puis aux muscles par des électrodes.

Les prothèses neurales – explique le Dr William J. Heetderks (directeur au National Institutes of Health) – sont des "appareils conçus pour fournir des informations au système nerveux ou, au contraire, lui en faire produire et transmettre".

Directement connectées au cerveau, ces prothèses sensorielles devraient permettre de remplacer "des systèmes organiques bien plus complexes qu’un simple membre" (tels que la vue, l’ouïe, l’odorat, l’équilibre, la mémoire...), ou encore de développer des hypersens (comme voir des longueurs d’onde dans l’infrarouge).

Ainsi, les biotechnologies donnent-elles lieu à des expérimentations visant soit à pallier certaines déficiences sensorielles (logique de réparation) soit à accroître les capacités perceptives de l’organisme humain (logique d’amplification).

Le point commun à toutes ces tentatives réside dans l’usage des avancées de la technologie informatique, que l’on cherche désormais à coupler à l’organisme.


LES MIRACLE DE LA SCIENCE…

La plus connue des tentatives d’intégration humain/machine, ou de projets d’interface humain/ machine, reste l’expérience pionnière du cybernéticien Kevin Warwick, de l’université de Reading (Grande-Bretagne), qui, le 25 août 1998, s’était « fait poser sous la peau une capsule de verre contenant une bobine électromagnétique et quelques microprocesseurs ». Ce dispositif, qu’il a porté une dizaine de jours, permettait de le localiser avec précision dans le bâtiment où se trouvait son laboratoire. Il pouvait également commander diverses machines de son environnement (ouvrir une porte, éclairer, etc.). Lorsqu’il arrivait le matin à son bureau, une voix synthétique émise par le micro contenu dans son bras lui souhaitait "bonjour", lui signalait de nouveaux e-mail et les lui lisait à voix haute. Dans une interview au Spiegel, Warwick donnait deux exemples d’application de ce "genre d’implant", l’une anodine : l’implant pourrait servir de carte de crédit (pas besoin de retenir un numéro de code...)

De plus, Kevin Warwick, professeur de cybernétique, n’envisageait-il pas d’alimenter son cerveau avec des signaux provenant de capteurs d’ultrasons pour étudier ses réactions: "Pour moi, ce serait déjà bien si les ultrasons déclenchaient par exemple un picotement au bout de mon nez quand je risque de me cogner dans quelque chose".

Selon lui, des bébés dotés, dès leur naissance, d’un tel sens supplémentaire seraient parfaitement "capables d’interpréter cette stimulation comme une impression sensorielle".

Warwick a, par ailleurs, projeté d’échanger des signaux et des émotions avec son épouse par puces interposées ! En théorie, la puce implantée dans son bras devrait reconnaître les messages nerveux transitant dans son corps sous forme de signaux électriques. Elle communiquerait alors ce message par Internet à une seconde puce implantée dans le bras de sa dulcinée (Irena). Qu’adviendrat- il alors ? Mystère et boule de gomme : si le prof se met en colère, où s’il se coupe malencontreusement, sa femme ressentira-t-elle une sensation bizarre dans l’avant-bras ?

S’ils réussissent, les époux Warwick pourront revendiquer l’invention de la "télépathie par internet" !

Daniela Cerqui a suivi le premier homme qui s'est implanté une puce dans le bras, Kevin Warwick...




MODIFICATIONS CORPORELLES TECHNOLOGIQUES

La Vue

Dans un futur proche, les scientifiques pensent être en mesure d’aider les malvoyants à recouvrer la vue. Certains ont d’ailleurs déjà réussi à redonner "un embryon de vision", ou "un semblant de vue" à des aveugles.

Au terme de trente années de recherches, l’Institut Dobelle de Zurich a développé un système de vision artificielle.

Une microcaméra, logée dans les verres d’une paire de lunettes de soleil, capte les images qui sont ensuite traitéespar un ordinateur porté à la ceinture. De là, des impulsions électriques sont envoyées, par l’intermédiaire d’un câble, vers un boîtier fixé sur le crâne où s’établit une connexion avec 68 électrodes (constituées de fil de platine de 1 millimètre de diamètre). Ces électrodes, fichées sur une plaque métallique, posée à la surface du cortex visuel, stimulent directement le cerveau.

Le dispositif permet au non-voyant de percevoir des points lumineux et de reconnaître certaines formes simples. Un Américain de soixante-deux ans, devenu aveugle à l’âge de trente-six ans, peut ainsi lire des caractères d’imprimerie de 15 centimètres à une distance de 1, 5 mètres (ce qui toutefois correspond à "une acuité visuelle très faible"). L’équipe américaine qui travaille sur ce projet pensait, à terme, perfectionner cette technique en implantant jusqu’à 512 électrodes, tout en intégrant les progrès de l’informatique (notamment en utilisant au mieux la technique d’analyse d’image connue sous le nom d’"extraction de contour").

En juin 2002, à l’occasion du 48ème congrès de la Société américaine sur les organes internes artificiels (New York), le Dr William Dobelle a assuré que l’un de ses patients avait été capable de conduire une voiture "lentement et dans une propriété privée". Sûr de lui, il a ajouté : "Lorsque notre technologie aura été améliorée et sera moins onéreuse, le braille deviendra obsolète, la canne blanche deviendra obsolète et les chiens-guides deviendront obsolètes aussi sûrement que les avions ont remplacé les bateaux à vapeur."

Avec son équipe, il a annoncé qu’un oeil artificiel fonctionnel était désormais commercialement disponible, et qu’il pouvait être implanté moyennant la somme de 75 000 $ (de nouveaux systèmes, plus performants, devant être bientôt disponibles pour 98 000 $).

D’autres neurologues travaillent sur des prothèses visuelles directement connectées au nerf optique. Et même, s’il semble hors de question de pouvoir implanter, un jour, une caméra directement dans l’œil (étant donné notamment les "énormes problèmes de compatibilité biologique"), ou de remplacer l’œil par un capteur d’image (ce qui détruirait le nerf optique), des travaux d’implantation de microphotodiodes (permettant de capter des images) sont actuellement menés en Allemagne, en Grande-Bretagne et aux États-Unis.

Ces "prothèses" rétiniennes peuvent être placées soit à l’intérieur du cristallin, soit au sein du globe oculaire, soit encore dans la région postérieure de l’œil, au voisinage du nerf optique, et ainsi transmettre instantanément à celui-ci les signaux enregistrés.

Une rétine artificielle a été conçue par deux neuro-ophtalmologistes d’Harvard. L’implant, chirurgicalement installé au fond de l’œil, est composé d’une centaine d’électrodes qui vont stimuler les cellules rétiniennes. Le patient porte une paire de lunettes munie d’une micro-caméra et d’un petit laser (incorporé aux verres) qui reçoit "les images prises par la caméra et [convertit] les informations lumineuses en signaux électriques avant de les acheminer jusqu’à l’implant. Celui-ci, à son tour, [active] les cellules ganglionnaires de la rétine, qui [enregistrent] la sensation de l’image captée et la [transmettent] au cerveau, où elle sera alors perçue comme image
virtuelle."

La "première tentative de connexion électrique sur le nerf optique" a, elle, été réalisée en Belgique... Une femme est désormais équipée d’une ébauche d’œil artificiel : "Une micro-caméra fixée sur une paire de lunettes, un petit sac bardé d’électronique à la taille et, surtout, un groupe d’électrodes fixées sur son nerf optique".

À terme, une antenne devait être placée sur son crâne pour remplacer les fils inélégants qui sortent de sa peau. La patiente s’entraîne "à distinguer des formes géométriques simples", tandis que les chercheurs tentent, en dialoguant avec elle, d’interpréter les sensations liées à chaque type d’impulsion électrique. Ainsi apprennent- ils "à faire correspondre les points de l’image fournie par la caméra vidéo avec chaque zone du champ visuel reconstruit dans le cerveau".

Toutefois, ces technologies ne peuvent être proposées qu’à des personnes qui, bien qu’atteintes de cécité totale, "ont pu voir au cours de leur existence. Ceci est indispensable pour que leur système nerveux puisse apprendre à analyser les images."

L’Ouïe

Des travaux similaires sont entrepris dans le domaine de l’audition. Outre les implants cochléaires et autres prothèses auditives électroniques, certains espèrent développer chez l’humain des potentialités perceptives jusque-là seulement utilisées par les animaux. Il est ainsi possible d’imaginer "greffer une puce permettant de repérer les ultrasons", à l’instar des chauve-souris.

L'Odorat

Au niveau de la perception des odeurs, des chercheurs pensent pouvoir bientôt remédier à l’anosmie (absence ou diminution de l’odorat) en implantant des puces nasales. De telles "puces" sont d’ailleurs actuellement utilisées pour contrôler l’état de fraîcheur de certains aliments.

En 2000, un laboratoire avait d’ailleurs annoncé la mise au point d’un nez électronique permettant la détection du poisson frais 15 ! Si ces "nez" artificiels n’imitent encore l’odorat humain que de façon grossière, certains scientifiques estiment que cette technologie pourrait être rapidement intégrée à l’humain. Une fois miniaturisés et greffés dans le nez (mais cela pourrait être tout aussi bien dans une autre partie du corps), ces capteurs d’odeurs pourraient permettre de déceler des arômes inconnus, mais aussi de détecter des émanations toxiques… "Ces appareils sont conçus pour sentir des odeurs que nous ne pouvons ou ne voulons pas percevoir, comme celles des mines antipersonnelles ou de la nourriture avariée."

Le Goût
Le goût fait, lui aussi, l’objet d’investigations poussées. Si les scientifiques n’en sont pas encore à fabriquer une langue artificielle qui puisse être greffée, ils travaillent à la conception d’une langue électronique, une "e-langue", qui pourrait être utilisée pour goûter la qualité d’un vin ou analyser des virus.

"Comme le nez artificiel, cette langue recourt à des capteurs chimiques qui fonctionnent comme autant de bourgeons du goût artificiel pour analyser des fluides répugnants ou dangereux." Une langue qui pourrait faire apprécier de nouvelles saveurs, mais aussi (et surtout) alerter en cas d’absorptions de bactéries éminemment dangereuses.

Ainsi, à Pittsburgh, des chercheurs de la société Cellomics s’ingénient à mettre au point une biopuce permettant d’"identifier des agents de guerre biologique. Le dispositif, surnommé “canary on a chip”, est une puce de silicium recouverte de cellules nerveuses vivantes prélevées sur des insectes. La plupart des bactéries pouvant être utilisées par des "bioterroristes" secrètent des neurotoxines. En cas d’attaque les cellules nerveuses sont les premières touchées. Si elles sont disposées sur une puce de silicium, la nouvelle de l’attaque peut être relayée très rapidement."

Cette logique d’implantation de nanopuces ou de greffes informatisées qui permettent ou bien d’amplifier les perceptions ou bien de restaurer une fonction sensorielle défaillante constitue un des aspects de la recherche parmi les plus novateurs. La miniaturisation, la maîtrise de l’informatique, l’utilisation des connexions neurologiques permettent d’envisager un organisme cybernétiquement assisté ou restauré. Cependant, d’autres pistes de recherche se développent qui s’inscrivent dans la production artificielle d’organes naturels.

Culture d’Organes et Corps en kit
Car au niveau de la bio-ingénieurie, les recherches vont encore plus loin en réalisant une sorte de somatoculture.

Cultivées avec soin, nos cellules sont, en effet, capables de recréer de nouveaux tissus. Aussi est-il désormais concevable de faire pousser des organes entiers (comme le foie, le coeur ou le rein) dans des éprouvettes. Selon plusieurs chercheurs, "à terme tous les organes remplaçables seront conçus en laboratoire". De la peau, du cartilage, quelques nerfs, des doigts et des vésicules biliaires ont déjà été fabriqués.

Dans son article, « Mon petit doigt a poussé en labo », Josie Glausiusz explique comment des bio-ingénieurs obtiennent de tels organes : tout d’abord, ils commencent à en dessiner une ébauche par informatique, puis, à partir de là, construisent une structure de soutien tridimensionnelle en polymères artificiels.

Cette armature en plastique poreux est destinée à accueillir les cellules humaines, physiquement piégées à l’intérieur de minuscules trous. Des enzymes sont utilisées pour « inciter le sang à apporter les nutriments nécessaires. […]À mesure que le tissu se développe, les polymères se dissolvent. Au final, la structure qui reste en place est composée presque entièrement de cellules humaines. Elle est donc mieux à même de tromper la vigilance du système immunitaire. Des artères bioartificielles ont ainsi été obtenues à partir d’une structure tubulaire et pu être réimplantées à l’intérieur de cochons où elles "sont restées fonctionnelles pendant près d’un mois".

L’objectif final est de "mettre au point un organe complet en utilisant les cellules du patient comme matière première".

Ces "organes de rechange" (réalisés à partir de la culture de "doubles embryonnaires" de soi-même) permettraient de réaliser des greffes "à la demande", tout en éliminant les risques de rejet : "Les cellules mères étant celles du receveur, l’organe greffé serait totalement compatible."

Plus futuriste encore, est envisagée la construction d’organes artificiels autonomes permettant l’externalisation de fonctions, comme la gestation...

À Harvard, un chirurgien (Antony Atala) travaille "sur un utérus artificiel qui permettrait d’externaliser la grossesse chez une femme qui ne peut (ou ne veut) pas porter son enfant".

Il a déjà réussi à "fabriquer" une vessie de chien en faisant pousser des cellules sur un échafaudage de polymères qui se dissout quand les cellules ont formé un tissu. Cette vessie a fonctionné pendant un an ! La grossesse extracorporelle ne semble plus être une utopie.

De son côté, l’équipe du professeur Yoshinori Kuwabara de l’université de Jutendo (à Tokyo) perfectionne "le premier utérus artificiel opérationnel au monde – un aquarium de plastique transparent empli d’un liquide amniotique stabilisé à la température du corps". Elle a maintenu en vie, tout en les développant, "pendant une dizaine de jours des foetus de chèvre, en reliant leur cordon ombilical à deux machines servant de placenta, qui les alimentaient en sang, en oxygène et en nutriments tout en éliminant les déchets. Si l’utérus en plastique en est encore au stade de prototype, Kuwabara prévoit qu’un utérus artificiel parfaitement fonctionnel pourrait devenir une réalité d’ici moins de six ans."

Dans un premier temps, cette technique pourrait être utilisée pour sauver de grands prématurés, ou lorsqu’il est nécessaire de retirer du ventre de leur mère des foetus malades, pouvant être ainsi plus aisément surveillés.

Par ailleurs, fin 2001, des chercheurs de l’université Cornwell ont annoncé avoir réussi à créer une enveloppe utérine artificielle. Leur objectif : créer un utérus complet transplantable afin de pallier à des problèmes de stérilité. Toujours en 2001, des chirurgiens du Kentucky ont greffé un prototype de coeur artificiel complet et entièrement autonome sur un patient souffrant d’une insuffisance cardiaque grave.

Le "nouvel" organe est une réplique, en titane et en polyuréthane, d’un "vrai" coeur, avec valves, cavités, ventricules, capables d’éjecter le sang dans la circulation sanguine. La prothèse, dénommée "AbioCor" (du nom de la société la fabriquant), est équipée d’un moteur miniaturisé, relié à une petite batterie interne (disposant d’une autonomie de 20 à 30 minutes durant lesquelles le malade est totalement autonome)

Enfin, pour 2030, des scientifiques pensent être capable de pratiquer l’injection de cellules cérébrales de culture, la transplantation de testicules, de pénis artificiels et même de têtes. Une telle opération a d’ailleurs déjà été réalisée dans les années 60-70 sur des singes Rhésus par Robert White, neurochirurgien à l’université de Cleveland.

Non sans succès, puisque les primates ont survécu quelques mois avec leur nouvelle tête (ce qui n’est pas rien si l’on se rappelle que le premier humain ayant bénéficié d’une transplantation cardiaque, en 1967, décéda, lui, dix-sept jours après l’historique prouesse du docteur Christiann Barnard).

En 1999, le médecin transplanteur de têtes simiennes, âgé alors de 73 ans, annonçait souhaiter en faire de même avec l’humaine. La greffe de tête, ou, ce qui revient au même mais semble mieux perçu par les gens, la "transplantation du corps entier" (moins la tête), permettrait ainsi de remplacer des corps dont l’état de délabrement (dû à la vieillesse, la maladie ou l’immobilité prolongée forcée) entraîne à terme la mort du sujet.

Les malades dont le corps est paralysé meurent souvent d’une défaillance des organes, « un nouveau corps leur permettrait de vivre plus longtemps et d’attendre une (encore hypothétique) réparation de la moelle épinière. »

Pour Robert White, « il est probable que des personnes atteintes d’un cancer mais qui ne sont pas paralysées se portent volontaires, même si, après l’opération, elles sont clouées sur un lit à regarder des talk-shows ou à écouter Mozart. Certaines personnes ont tellement peur de la mort qu’elles accepteraient de n’être qu’une tête sur un oreiller. »

Il est aisé de comprendre ce qui fonde de telles recherches. D’une part, elles sont rendues socialement légitimes par l’angoisse que génèrent la dégénérescence du corps, la maladie et la mort. Ensuite, elles se justifient – d’un point de vue scientifique et médical – par le souci thérapeutique qui explore tous les moyens permettant de restaurer, remplacer ou compenser une fonction défaillante.

Mais il existe d’autres perspectives qui ne se situent pas dans le cadre de
ces projets. Si elles explorent, elles aussi, les possibilités ouvertes par l’évolution des technosciences, elles le font non plus seulement dans le but de réparer les corps "endommagés" mais avec l’ambition d’accroître les fonctionnalités de corps bien portants.

En théorie, il paraît désormais possible qu’un être vivant échange, via son corps, des informations avec un ordinateur par simple contact. Le "PAN" (Personal Area Network) pourrait être utilisé pour toutes les opérations impliquant un transfert de données.


LES PUCES ÉLECTRONIQUES

Cette technologie du “modem humain”, comme la qualifie le site Fluctuat.net, s’appuie sur les excellentes capacités conductrices du corps qui peut, tout comme un câble de cuivre parcouru par un courant électrique de faible intensité, transmettre de l’information à raison de plusieurs centaines de milliers de pulsations par seconde.

Quand une personne portant un émetteur entrera en contact avec une autre personne, ou avec un dispositif équipé d’un récepteur, le circuit se fermera et un courant passera imperceptiblement, en surface, d’un corps à l’autre. L’information pourra alors être déchargée sur un ordinateur ou stockée de façon permanente sur la carte du récepteur. L’humain envisage, en effet, d’incorporer de plus en plus d’éléments robotiques pour amplifier ses facultés, développer des potentialités insoupçonnées, ou plus prosaïquement pour mieux se protéger de peurs contemporaines (attentats, enlèvements, pédophilie, etc.).

Une simple puce greffée sous la peau peut ainsi permettre l’identification de son porteur en renfermant des données bien spécifiques.

Depuis l’an 2000, une famille américaine est ainsi devenue la "famille Cyborg", depuis que ses membres se sont fait introduire une puce électronique (de la taille d’un grain de riz) dans l’avant-bras. La puce fonctionne, ici, comme un émetteur radio.

Lorsqu’elle est activée par un scanner, elle livre un "code d’identification" qui, une fois introduit dans une banque de données informatiques, permet d’accéder au dossier médical de l’intéressé.

La "VeriChip" (nom de ce micro-implant fabriqué par la compagnie Applied Digital Solutions) permettrait, en cas d’urgence, de faciliter le traitement de malades, mais aussi de reconnaître des corps "non-identifiables" (comme après l’attentat du 11 septembre…), ou encore d’améliorer la sécurité en permettant la reconnaissance des personnes ayant accès à des lieux "sensibles" (zones d’accès restreintes des aéroports, cockpits, centrales nucléaires, etc.).

De tels types d’implants sont déjà couramment utilisés en remplacement du tatouage chez les animaux de compagnie. Aux USA des milliers d’animaux en sont porteurs, ils sont munis d’un système GPS permettant la localisation de l’animal égaré (ou dérobé).

En France, depuis juillet 2001, la loi autorise l’injection sous-cutanée (à l’aide d’une seringue appropriée) d’une puce où figure un numéro d’identification (lisible à l’aide d’un lecteur d’ondes radio). La puce est jugée "propre, rapide, esthétique".

Interface humain/machine fiable, alors que le tatouage peut s’effacer (ou les oreilles du chien volé être coupées…). Aujourd’hui plus d’un quart des chiens de métropole sont ainsi pucés.

Ces transpondeurs pourraient surtout servir de balise Argos, et permettre de repérer, puis de retrouver des personnes kidnapppées, ou perdues (marins, explorateurs, etc.). C’est d’ailleurs, semble-t-il, ce qu’escomptait la firme Applied Digital Solutions : "Introduire son produit par le biais des animaux afin de familiariser les gens avec l’idée de cet implant".

Aux USA, la Food and Drug Administration a récemment ouvert la voie à sa commercialisation en décidant tout récemment que le produit n’avait pas besoin d’être réglementé, puisqu’il ne contenait pas d’information médicale. Elle a donc autorisé la compagnie à lancer sa promotion du produit chez les humains dans des buts financiers, de sécurité et d’identification personnelle.

La "chipmobile" part donc en tournée promotionnelle à travers les États-Unis, avec un slogan accrocheur : "Get chipped!". Le coût de l’implant ? 200 $ US, plus des frais mensuels de 10 $ pour la maintenance de la base de données. Mais pour cette campagne promotionnelle, les 100 000 premiers acheteurs recevront un rabais de 50 $ sur les "frais d’installation".

Le 30 octobre 2002 déjà, ADS s’apprêtait à faire la démonstration de l’efficacité d’un mouchard électronique sophistiqué, baptisé "Digital Angel" : La puce est dotée d’un système de positionnement par satellite GPS. Alimenté par une batterie rechargée à partir des contractions musculaires, le composant devrait intégrer des capteurs biologiques pour suivre l’état de santé du patient. L’ensemble est encapsulé dans un matériau inerte et a la taille d’une pièce de 5 centimes. Les signaux seront captés par des stations de réception réparties sur le territoire, à la manière des réseaux de téléphonie mobile.

Par souci d’économies d’énergie, la puce ne fonctionne que de manière intermittente. Elle s’active par un signal sonore émis par le porteur en détresse ou, automatiquement, en cas de mesure d’un paramètre biologique inquiétant. Pour prévenir, par exemple, le médecin qu’une crise cardiaque se prépare. » L’ange numérique peut être activé à distance, « à l’aide de signaux radio au cas où la victime est inconsciente ou trop jeune pour déclencher la balise ».

La "VeriChip" semble promise à un fort bel avenir, notamment au Brésil, où la prise d’otages est devenue une pratique courante, s’étendant désormais aux classes moyennes. La police pourrait ainsi localiser la victime et agir avec efficacité... Pour bénéficier de ce "garde du corps électronique", il en coûtera 1 000 reals (soit 493 euros) et le paiement d’un abonnement mensuel. Le distributeur brésilien de cette sorte de code-barre humain (car pouvant servir à terme de carte d’identité) s’attend d’ailleurs à une importante demande


L’INFORMATION DANS LA PEAU

"Pensez aux pédophiles.! Quant ces gens sont remis en liberté, personne n’en veut comme voisin. Peut-être la société serait-elle plus rassurée si ces personnes avaient un microprocesseur implanté. Elles pourraient mener une vie plus sécuritaire..."

Cette idée a d’ailleurs été reprise récemment par le gouvernement britannique qui projette de doter les pédophiles de ce type d’implant.

Hilary Benn, le haut fonctionnaire britannique chargé de la supervision des pédophiles, révèle ainsi qu´une équipe de chercheurs du ministère de l´Intérieur "étudie activement" la possibilité d´insérer chirurgicalement une puce électronique en silicone sous la peau des pédophiles sortis de prison.

Cette puce électronique permettrait de localiser les pédophiles, via l'utilisation d'un satellite, et d´alerter la police s´ils se trouvent à proximité d'un terrain à risque tel qu'une école. Elle permettrait aussi de surveiller la pression sanguine et les battements du coeur, fournissant un facteur d´indication en cas de passage à l'acte imminent.

En implantant trois fines électrodes dans le cortex d’un rat, et en l’harnachant d’un "centre de contrôle électronique" miniaturisé, il est possible de télécommander l’animal à partir d’un clavier d’ordinateur. Le rat-robot (ou roborat) reçoit au fur et à mesure de son avancée les "instructions" nécessaires lui permettant de se diriger, et peut même être poussé à emprunter des chemins inhabituels, voire dangereux (ou encore à "ignorer une femelle pour poursuivre sa mission" !).
Un signal envoyé donne virtuellement l’impression au rat que quelque chose titille sa moustache droite, ou entre en contact avec son brin gauche (selon l’électrode sollicitée).

Une troisième, fichée dans le "centre des plaisirs", permet de le récompenser par une intense sensation et d’augmenter sa motivation à aller de l’avant. Ainsi pilotées et équipés d’une caméra

Modifications corporelles technologiques

Vers la télépathie électronique miniature, ces petites bêtes pourraient être fort utiles pour rechercher des survivants dans des décombres. Mais elles pourraient tout aussi bien servir d’espions en s’introduisant dans des lieux secrets, voire transporter des charges explosives...

Cette manipulation robotique du vivant n’est qu’un aspect de la connexion entre pensée et machine, celui où les signaux émis partent du hardware (l’ordinateur) vers le wetware (le cerveau). Plus complexes et prometteuses sont les recherches qui suivent le trajet inverse, lorsque la pensée seule devient capable de commander à la machine.

Des ordinateurs transmettant la pensée de personnes privées de toute possibilité de communication (verbale et corporelle) sont, en effet, en cours de conception dans divers centres de recherches. À l’université de Tübingen (en Allemagne) deux hommes, victimes de sclérose latérale amyotrophique, ne pouvant même plus cligner des yeux, ont pu entrer en communication en donnant "des instructions à un ordinateur uniquement par la pensée".

Deux électrodes placées sur leur tête enregistrent l’activité électrique du cerveau, tandis qu’un écran leur permet de voir l’encéphalogramme enregistré. Ainsi ont-ils pu apprendre à rendre un signal électrique positif ou négatif "sous l’effet de leur simple volonté". Dès lors il leur est possible d’utiliser un ordinateur de dictée qui affiche successivement les deux moitiés de l’alphabet. Si la lettre souhaitée apparaît le patient envoie un signal positif, l’ordinateur affiche alors la moitié de la partie de l’alphabet désignée, et ainsi de suite jusqu’à ce que finalement une lettre soit sélectionnée. Au rythme d’une lettre toutes les trente secondes, il a fallu seize heures [à l’un des patients] pour écrire sa première missive.

Johnny Ray est un autre cobaye humain volontaire sur lequel est perfectionné un "dispositif de contrôle du cortex", transformant l’activité cérébrale en mouvements télécommandés. Depuis la crise d’apoplexie qui l’a frappé en janvier 1998, cet ancien terrassier est totalement paralysé. Il voit, entend mais ne peut plus ni parler, ni bouger. Il survit, muré dans la prison d’un corps devenu inutile – victime du locked-in syndrome (ou syndrome de l’enfermement).

Pourtant, lorsqu’il parvient à surmonter sa fatigue et sa souffrance, Ray contrôle un ordinateur par la force de sa pensée, grâce à un appareil électronique implanté dans son cerveau. Le système "capte ses signaux cérébraux et les retransmet à un processeur [qui les] convertit […] en commandes interprétables par un ordinateur".

Johnny Ray participe, depuis mars 1998, à une expérience exceptionnelle conduite par l’équipe du professeur de neurologie Philip Kennedy de l’université Emory d’Atlanta et Melody Moore, professeur d’informatique à l’Université d’État de Géorgie : à cette date, deux "électrodes neurotrophiques" ont été implantées dans le cortex moteur de Ray (là où se trouvent les cellules contrôlant divers groupes musculaires). Chaque électrode est constituée d’un cône de verre évidé d’environ 1,5 mm de longueur et de 0,1 à 0,4 mm de diamètre qui contient deux filaments en or capable d’enregistrer la présence d’un courant de faible impédance.

Les cônes sont recouverts de tissus nerveux extraits du genou du patient. Ce film “neurotrophique” (“qui reconstitue les tissus”) stimule la croissance cellulaire.

Dans les trois mois suivant l’implantation (effectuée dans la zone du cortex associée aux mouvements des mains), les dendrites des neurones qui entourent les électrodes se sont liées aux tissus qui se sont reconstitués dans le cône du verre, y créant "une sorte de mini-cerveau". Ainsi, lorsque Ray pense certains types de gestes, les électrodes captent les signaux émis par les neurones. Ces signaux sont transmis, via un amplificateur-transmetteur miniaturisé logé dans la boîte crânienne, à l’ordinateur qui les traduit en mouvements du curseur.

« Nous avons placé la souris de l’ordinateur dans le cerveau du malade », résume le neurochirurgien (Roy Bakay) qui a réalisé cet implant, sans trop pouvoir expliquer comment le patient parvient à contrôler les signaux émis par son cerveau.

Pour autant, il ne faudrait pas croire que John manipule avec aisance cette "souris", les efforts qu’il doit accomplir sont laborieux et l’épuisent vite. Il a d’abord appris à simplement diriger le curseur pour cliquer sur des icônes (comme l’image d’un glaçon) et ainsi déclencher une voix électronique (dans ce cas : "J’ai soif"). Puis il est parvenu à "aligner trois ou quatre lettres par minute".

Aujourd’hui, et malgré la complexité de l’opération, Johnny Ray est capable, les yeux rivés sur l’écran de son ordinateur, de déplacer un curseur d’icônes en icônes, et de cliquer sur celles-ci.

En pilotant mentalement un clavier virtuel, il forme des mots, des phrases, répond à des questions, tient de courtes conversations avec ses interlocuteurs. Il projette même de surfer sur internet, possède une adresse e-mail (johnny.ray@mindspring.com) et souhaite communiquer avec le monde entier.

Modifications corporelles technologiques Philip Kennedy, pour qui "les applications non médicales sont immenses", a quant à lui été contacté par le Pentagone, mais a
refusé toute collaboration Michel de Pracontal estime que le couplage cerveau/ordinateur ouvre de formidables perspectives. L’implantation dans le cerveau d’un émetteur-récepteur miniature pourrait nous relier directement au web, nous mettre en liaison avec le réseau téléphonique et nous permettre de communiquer des messages par la seule force de la pensée : "Ce serait de la télépathie électronique".

Une variante (plus modeste) est avancée par un chercheur de la compagnie de téléphone d’Helsinki : « Des dispositifs de transmission sans fil, implantés dans la gorge et les oreilles, permettant de communiquer nos pensées sans les formuler à haute voix. »

Au début de l’été 2002, deux inventeurs britanniques ont d’ailleurs présenté au Musée des sciences de Londres un prototype de téléphone mobile s’implantant dans une molaire. Le portable greffé dans la dent permet de recevoir des appels téléphoniques, d’écouter de la musique, ou même de se connecter à des sites audio sur la Toile en toute discrétion. L’engin se compose d’un récepteur sans fil à basse fréquence ainsi que d’un appareil qui transforme des signaux sonores en vibrations passant directement de la dent à l’oreille interne. Seul problème, si l’utilisateur du “touch phone” peut parfaitement entendre son correspondant, il ne peut pas encore lui répondre.

Dans "The Age of Spiritual Machines", l’informaticien américain Ray Kurzweil estime que, dès le milieu du XXIème siècle, "des neuro-implants biocompatibles permettront d’augmenter à volonté les capacités de calcul et de mémoire du cerveau. Des liaisons directes entre le cerveau humain et l’ordinateur permettront en outre de scanner le contenu de chaque cerveau et de transférer les souvenirs et la personnalité de l’individu dans une banque de données."

Dans un article paru dans le Time (New York), il examine les aptitudes nécessaires à un ordinateur pour atteindre un niveau humain d’intelligence (incluant la capacité de réagir à un stimulus émotionnel)

À volume égal, la puissance brute de traitement d’informations devrait s’avérer incommensurablement supérieure à celle du cerveau humain, notamment avec le remplacement de puces de silicium par des nanotubes de carbone. La partie logicielle de l’intelligence, quant à elle, serait obtenue en copiant les plans du cerveau, afin de le rétroconcevoir. Le cerveau serait scanné de l’intérieur par des milliards de nanorobots, envoyés explorer le moindre capillaire cervical et étudier en gros plan tous les détails nerveux. À terme pourraient être établies "des cartes hautement détaillées des traits caractéristiques des neurones, des connections et synapses nerveuses". Il serait alors possible de "recréer ces assemblages dans des ordinateurs neuronaux suffisamment avancés" qui, dès cet instant, dépasseront à une vitesse fulgurante le niveau d’intelligence humain.

De son côté, l’humain, en fusionnant avec ses propres avancées technologiques pourra, lui aussi, étendre le champ de sa réflexion et de son expérience. Des "nanorobots intelligents" implantés dans nos cerveaux permettront d’en gonfler les capacités, augmentant de manière prodigieuse notre mémoire et […] améliorant de façon insoupçonnable l’ensemble de nos capacités sensitives, logiques et cognitives. (ou faire complètement le contraire, selon les gouts du fabriquant). Ils nous donneront surtout la possibilité de nous immerger complètement dans une réalité virtuelle aussi détaillée que la "vrai" réalité, en remplaçant les données communiquées par nos sens réels par des flux artificiels de données sensorielles […], créant ainsi un environnement virtuel total qui réagira au comportement de notre propre corps virtuel (et à celui d’autres personnes) dans cet environnement.

Tout individu pourra vivre n’importe quelle expérience avec n’importe quelle autre personne sans être obligée de se trouver au même endroit qu’elle.

Comme tous ces implants pourront communiquer entre eux, grâce à un réseau local sans fil, s’interconnecter ou se déconnecter à volonté, ils créeront de nouveaux réseaux hybrides (à la fois biologiques et non biologiques).

À partir de 2030, il ne sera même plus besoin d’une intervention chirurgicale pour implanter ces nanorobots qui pourront être injectés dans l’organisme ou même tout simplement ingurgités. […] La distinction deviendra [alors] de plus en plus floue, entre des cerveaux entièrement artificiels qui seront des copies hautement améliorées de cerveaux humains et des cerveaux humains massivement implantés de nanorobots différemment programmés. La question de savoir qui, de l’ordinateur ou de l’être humain, est le plus intelligent n’aura plus de sens, puisque les deux auront fusionnés.

Pour Ray Kurzweil « le terme logique de tout ça, c’est un cerveau maintenu en survie artificielle sous perfusion qui contrôlerait des batteries d’ordinateurs surpuissants. Quel cauchemar ! »

Pour l’instant, et en attendant que la fusion et l’alliance entre neurones et silicium soit réalisée, et que naissent des cybiontes, les progrès dans la miniaturisation et la télécommunication permettent de connecter intimement et inextricablement l’homme à l’ordinateur.

Depuis 1980, Steve Mann (professeur d’informatique à l’université de Toronto) teste des prototypes de wearable computers : ordinateur à porter ou ordinateur habillable, encore appelé par certains cybernétique

La monture de ses lunettes est aujourd’hui équipée d’une minuscule caméra reliée à un ordinateur miniaturisé. L’ensemble est connecté par radio à son laboratoire et les images filmées transmises directement à son site web. Il devient alors possible de lui répondre par un e-mail qui s’affiche sur les verres de ces binocles futuristes. Sa compagne peut voir en même temps que lui les rayonnages du supermarché dans lequel il fait les courses, et le guider dans ses choix… Cette caméra-lunette pourrait être aisément équipée d’un logiciel de reconnaissance de visage qui chuchoterait à l’oreille le nom et la fonction des personnes rencontrées, et toute autre information jugée utile les concernant…

Des lunettes à mémoire intégrant ce type de données ont effectivement déjà été conçues pour aider les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer. La caméra est alors reliée à une banque de données contenant des visages familiers, qui affiche leur nom quand ces personnes entrent dans le champ de vision des patients. Bien évidemment, tous ces gadgets intéressent, encore une fois, fortement l’industrie sécuritaire et l’armée.

TECHNO-ILLUSION

Selon différents auteurs, au siècle prochain, l’humain et l’ordinateur se retrouveront fatalement en compétition. Bien que supposée affectueuse, cette rivalité donnera lieu à une course-poursuite entre les représentants des deux espèces, chacune luttant pour subsister et se développer. L’une empruntant à l’autre les attributs qui font sa force. Robots et machines finiront par fusionner, surtout si les robots se dotent de formes attractives, propres à favoriser les croisements copulatoires ! D’une façon ou d’une autre, nous sommes donc tous appelés à devenir des androïdes.

Dans une interview au journal "Le Monde", Hugo de Garis (chercheur en intelligence artificielle) livrait, en 1999, sa perception des clivages sociaux à venir, le jour où les humains se rangeront soit dans le camp des "Terrans" (refusant le développement des machines et l’évolution de l’humain en cybionte), soit dans celui des "Cosmistes" (qui, ayant fait le choix de la modernité, choisiront de cohabiter avec les robots en devenant eux-mêmes des cyborgs).

« Nous voyons se dessiner ce que j’appelle des "artilects" (artificial intellects) des machines massivement intelligentes, et qui le deviendront beaucoup plus que nous. […] La question dominante de politique planétaire, au XXIème siècle, sera celle-ci : l’humanité doit-elle ou non construire des artilects ?

Nous imaginons que la réponse opposera deux visions idéologiques, passionnées, violentes : ceux pour qui construire les artilects représente le destin de l’espèce humaine, qui auront une vision cosmique ; et un autre groupe – nous les appellons “Terrans” – qui craindront que les artilects ne décident un jour que l’espèce humaine est nuisible et qu’il faut nous détruire. Avec leur intelligence supérieure, ça leur serait très facile. […] Les artilects se développeront car l’industrie informatique et les militaires – notamment américains, effrayés par la montée en puissance de la Chine – y trouveront un intérêt. »


À suivre donc...
article de : Esméralda et Maxence Grugier